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REPORTAGE : 248 chocs en une journée, la ligne de front ukrainienne tient encore
Crédit: Adobe Stock

Cinquante assauts en un seul jour

Dans la direction de Pokrovsk, les défenseurs ukrainiens ont stoppé cinquante actions d’assaut. Le nom des localités défile comme une litanie : Rodynske, Novooleksandrivka, Hryshyne, Serhiivka, Kotlyne, Udachne, Molodetske, en direction de Shevchenko, Bilytske et Novopavlivka. Ce ne sont pas des points sur une carte. Ce sont des terres agricoles, des routes, des écoles désertées, des silos vides, des maisons aux fenêtres condamnées par des planches. La concentration russe dans cette zone n’est plus une stratégie de surprise. C’est une pression de masse, une volonté méthodique de fixer les défenseurs ukrainiens, de les user, de leur imposer un rythme insoutenable. Les commandants russes envoient des vagues d’infanterie, parfois mal équipées, souvent peu formées, dans une logique qui ressemble à une équation cynique : combien de corps faut-il pour faire céder un kilomètre de défense ?

Le verdict tombe sans détour. Pokrovsk est devenu le nœud opérationnel du Donbas occidental. Si la ville cède, c’est tout l’axe logistique ukrainien qui se reconfigure, dans la douleur, vers l’ouest. Si elle tient, et elle tient encore, c’est parce que des soldats que personne ne connaît, dans des positions que personne ne nommera jamais à la télévision, refusent de reculer. Les rapports de l’État-major précisent que l’aviation, les troupes de missiles et l’artillerie ukrainiennes ont frappé douze zones de concentration de personnel ennemi, un point de contrôle de drones, et deux pièces d’artillerie adverses. Le rapport entre les frappes ukrainiennes et la masse russe reste asymétrique. Mais l’asymétrie, ici, n’est pas une faiblesse. C’est une économie de la rareté, une guerre du tireur d’élite menée contre une marée.

Je pense à ce soldat anonyme, quelque part entre Hryshyne et Kotlyne, qui ce matin a vu arriver la dixième vague russe de la nuit. Je ne connais pas son nom. Je ne le connaîtrai jamais. Et c’est lui qui tient le toit de l’Europe.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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