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TRIBUNE : Pourquoi l’Ukraine gagne déjà la guerre contre la Russie
Crédit: Adobe Stock

La carte ne ment pas, même quand le Kremlin essaie

Reprenons les chiffres, parce qu’ils racontent l’histoire vraie. Avant le 24 février 2022, la Russie occupait déjà environ 7 % du territoire ukrainien : la Crimée depuis 2014, ainsi que des portions du Donbass tenues par les séparatistes prorusses de Donetsk et Louhansk. Quatre années de guerre totale plus tard, après des centaines de milliers de morts, après l’engagement de la quasi-totalité de l’armée russe, après la mobilisation partielle, après l’achat de munitions à la Corée du Nord et de drones à l’Iran, après l’invitation de mercenaires africains et de soldats nord-coréens sur le front, Moscou contrôle désormais environ 19 % du territoire ukrainien. La différence est de douze points. Douze points en quatre ans. Pour mettre cela en perspective, l’Allemagne nazie avait conquis la Pologne en trente-cinq jours en 1939. La Wehrmacht avait pris la France en six semaines. La coalition américaine avait renversé Saddam Hussein en vingt-et-un jours. La Russie, elle, met quatre années à grignoter quelques pour cent supplémentaires d’un voisin qu’elle prétendait pouvoir avaler en une semaine.

Et encore. Ces 7 % conquis depuis 2022 ne sont pas tous des gains nets. L’Ukraine a repris Kharkiv à l’automne 2022. Kherson est revenue sous drapeau ukrainien en novembre 2022. Les forces de Kyiv ont mené des incursions dans la région russe de Koursk à partir d’août 2024, occupant pendant des mois une portion du territoire de la fédération de Russie elle-même. Du jamais-vu depuis 1941. Pendant ce temps, l’armée russe se félicite de prendre des villages détruits, vidés de leurs habitants, à coups de dizaines de milliers de morts pour chaque kilomètre carré. À Bakhmout, à Avdiïvka, désormais à Pokrovsk, la stratégie reste la même : envoyer des vagues humaines, brûler des hommes par milliers, gagner quelques rues, célébrer une victoire qui ressemble plus à un cimetière qu’à une conquête. Une armée qui paye chaque kilomètre carré d’un fleuve de sang n’est pas une armée victorieuse. C’est une armée en train de se dissoudre.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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