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ANALYSE : Ukraine, Les forces ukrainiennes repoussent les assauts russes dans le secteur de Bakhmout depuis l’aube.
Crédit: Adobe Stock

La mécanique Choïgou-Guérassimov : broyer l’Ukraine jusqu’à son dernier souffle

La destruction est méthodique. Froide. Comptable.

En vingt-quatre heures : 267 affrontements sur la ligne de contact, 47 assauts repoussés dans le seul secteur de Pokrovsk, 254 bombes aériennes guidées lâchées sur des positions ukrainiennes.

Quatre missiles balistiques ou de croisière tirés. 79 raids aériens. La machine de guerre russe ne ralentit pas. Elle broie, elle remplace, elle recommence — c’est sa seule grammaire.

Pokrovsk tient. Mais tenir, dans cette grammaire-là, c’est accepter de se vider.

Les obus tombent, les drones Shahed s’écrasent, les bombes planantes frappent à distance de sécurité pour le pilote russe — et à distance de mort pour le fantassin ukrainien. Voilà l’équation. Voilà l’outrage.

Chaque impact porte le même message : la résistance a un prix. Un prix que personne, dans les communiqués de l’état-major général ukrainien, ne chiffre en vies perdues ce jour-là. L’effacement est dans le silence du décompte.

J’ai relu trois fois le rapport quotidien. Les chiffres y sont. Les noms n’y sont jamais.

La stratégie portée par Sergueï Choïgou, alors ministre russe de la Défense, et par Valéri Guérassimov, chef d’état-major des forces armées russes, repose sur un calcul glacial : l’Ukraine a moins d’hommes, moins de munitions, moins de profondeur logistique.

Chaque jour de combat rapproche le seuil de rupture. Pas besoin de percer. Il suffit d’appuyer. Longtemps. Fort. Sans relâche.

Pokrovsk résiste. Pokrovsk se vide. Pokrovsk saigne — et le communiqué du lendemain dira qu’elle a tenu. Un mot pour solde de tout compte.

Le silence après les bombes n’est pas un répit. C’est le temps que met la prochaine salve à se charger.

Tenir, c’est survivre une heure de plus. Mais combien d’heures reste-t-il quand l’adversaire peut se permettre de perdre dix hommes pour en tuer trois, puis en envoyer dix autres ? Cette question-là, aucun état-major ne la pose à voix haute.

Elle est pourtant la seule qui compte.

Pourquoi chaque victoire tactique rapproche la défaite stratégique

Voici le piège que les bilans quotidiens ne montrent pas. Le voici nu.

Quarante-sept assauts repoussés, c’est quarante-sept fois où des soldats ukrainiens ont tenu leur tranchée, dépensé leurs munitions antichars, usé leurs tubes d’artillerie, perdu des camarades dont le remplacement prendra des semaines — quand il viendra.

Côté russe, quarante-sept colonnes d’assaut détruites — et quarante-sept autres déjà en formation derrière la ligne de départ. La machine se régénère pendant qu’en face on enterre.

Chaque victoire tactique est une amputation invisible.

Repousser, c’est consommer.

Les 8 684 drones kamikazes lancés sur la période ne sont pas un chiffre abstrait : chaque drone intercepté a coûté un missile sol-air, une rafale de mitrailleuse, un système de guerre électronique poussé jusqu’à la surchauffe.

Chaque drone passé à travers a coûté un véhicule, une position, un corps.

Repousser, c’est s’amincir. Les 2 848 tirs d’artillerie documentés par l’état-major ukrainien dessinent une asymétrie que la bravoure seule ne corrige pas. La Russie produit des obus.

L’Ukraine attend des livraisons.

Repousser, c’est gagner le jour et perdre le mois. Les défenseurs de Pokrovsk ne brandissent pas de trophées.

Ils comptent ce qui reste : les tubes encore fonctionnels, les hommes debout, les stocks suffisants pour demain matin. Pas pour la semaine. Pour demain matin.

Vous lisez ces lignes depuis un endroit où l’électricité fonctionne, où personne ne compte les obus restants. Eux, ils comptent. Chaque matin. Et le total diminue.

Les 267 affrontements de ces vingt-quatre heures ne racontent pas une bataille. Ils racontent une arithmétique. Une honte aussi — celle d’un monde qui regarde le décompte se faire et appelle ça de la patience stratégique.

Celle où chaque assaut repoussé est une cicatrice de plus sur un corps qui ne se régénère pas assez vite — pendant que l’adversaire, lui, inscrit ses morts comme une ligne budgétaire.

Le vertige est là : du côté qui gagne le jour, on saigne ; du côté qui perd le jour, on signe un chèque.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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