Skip to content
GEOPOLITIQUE : Zelensky alerte sur une nouvelle vague de mobilisation russe
Crédit: Adobe Stock

Une guerre d’usure entrée dans sa quatrième année

La guerre dure depuis février 2022. Près de quatre ans. Quatre années pendant lesquelles le front est devenu une plaie ouverte de plus de mille kilomètres, traversant l’est et le sud de l’Ukraine, broyant villes, villages, champs, vies. Pokrovsk, Koupiansk, Tchassiv Iar, Vouhledar : autant de noms qui résonnent désormais comme des cimetières à ciel ouvert. La Russie y avance, lentement, à un coût humain démesuré. L’Ukraine y résiste, à un coût humain également colossal, mais avec une économie de moyens dictée par la rareté.

Selon plusieurs analyses occidentales convergentes, la Russie a perdu environ 1 000 soldats par jour en moyenne au cours de l’année 2024, et ce rythme n’a pas faibli en 2025. Pour maintenir une telle cadence, il faut alimenter. Constamment. Massivement. Les contrats militaires russes offrent désormais des primes pouvant atteindre l’équivalent de plusieurs années de salaire moyen dans certaines régions reculées du pays. Le Kremlin recrute aussi dans les prisons, parmi les migrants, parmi les minorités ethniques des républiques caucasiennes ou sibériennes, là où les morts au front passent presque inaperçues dans le débat public moscovite.

Cette mécanique a une limite. Elle s’appelle la démographie. Elle s’appelle aussi l’économie. Une nouvelle mobilisation, si elle est confirmée, signifierait que les recrutements volontaires ne suffisent plus à compenser les pertes. Le réservoir s’assèche. Et Zelensky, en alertant publiquement, cherche à mettre l’Occident face à une vérité que beaucoup préfèrent ignorer : Moscou n’a pas l’intention d’arrêter.

Le décalage entre les discours de paix et la réalité du terrain

Pendant que les diplomates parlent, les tranchées se creusent. Pendant qu’on évoque un plan de paix américain, dont les contours fluctuent au gré des fuites et des rectifications, la Russie produit des drones Shahed à un rythme industriel, frappe les infrastructures énergétiques ukrainiennes à l’approche de l’hiver, et forme de nouveaux bataillons dans ses centres de Rostov, Volgograd, Voronej. Le décalage est saisissant. D’un côté, on négocie sur le papier. De l’autre, on prépare le prochain assaut.

Cette dissonance n’est pas neutre. Elle sert une stratégie. Le Kremlin sait que les opinions publiques occidentales se fatiguent. Il sait que les budgets de défense, malgré les annonces, peinent à suivre. Il sait surtout que le temps joue contre Kyiv si l’aide militaire vacille. Préparer une mobilisation supplémentaire, c’est envoyer un signal : nous tiendrons plus longtemps que vous. Nous absorberons plus de pertes que vous n’absorberez de fatigue politique. C’est un pari sombre. C’est aussi un pari qu’il faut prendre au sérieux.

Il y a quelque chose de profondément cynique dans ce calcul. Cynique et redoutablement efficace. Parce qu’au fond, l’arithmétique du désespoir russe est aussi l’arithmétique de notre propre lassitude. Et c’est exactement ce que Moscou attend.

Sources

Russia prepares additional mobilization – Zelensky — Ukrinform, 25 novembre 2025

Russian Offensive Campaign Assessment — Institute for the Study of War, novembre 2025

Couverture guerre Ukraine-Russie — Reuters, novembre 2025

Suggestions

1. Mobilisation russe : l’alerte de Zelensky que l’Europe ne peut plus ignorer

2. Quand Moscou prépare une nouvelle vague de chair à canon

3. Le pari sombre du Kremlin : tenir plus longtemps que la fatigue occidentale

4. Zelensky dévoile les préparatifs d’une mobilisation russe additionnelle

5. Guerre d’usure : pourquoi Poutine ne renonce toujours pas

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu