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DECRYPTAGE : 1559 jours de guerre en Ukraine, le décompte glaçant des pertes russes
Crédit: Adobe Stock

Les pertes humaines, cœur d’une guerre d’attrition

Le chiffre de 1 365 470 militaires russes mis hors de combat couvre les morts, les blessés graves, les disparus et les prisonniers depuis le déclenchement de l’invasion à grande échelle. Pour comprendre l’ampleur, il faut comparer. L’Union soviétique a perdu environ 15 000 hommes en dix années d’engagement en Afghanistan, entre 1979 et 1989. La Russie de Vladimir Poutine vient de franchir, en quatre ans à peine, plus de quatre-vingt-dix fois ce seuil. Les analystes militaires occidentaux, notamment ceux du Royal United Services Institute à Londres et de l’Institute for the Study of War à Washington, estiment que le ratio entre morts et blessés graves se situe autour de un pour trois, ce qui laisse imaginer un nombre de tués russes oscillant entre 250 000 et 350 000 hommes selon les méthodologies retenues.

Ces ordres de grandeur, croisés avec les fuites du média indépendant russe Mediazona et de la BBC russe qui identifient nominativement les soldats tombés, convergent vers une réalité indiscutable : la Russie connaît ses pires pertes militaires depuis la Seconde Guerre mondiale. Les régions les plus touchées sont les républiques pauvres et périphériques : Bouriatie, Daghestan, Touva, Bachkirie. Moscou et Saint-Pétersbourg, elles, sont épargnées. Le pouvoir russe a soigneusement organisé une guerre des marges, où l’on meurt loin des caméras et loin des regards des élites urbaines. Cette géographie du sacrifice raconte autant que les chiffres. Elle dit ce que l’État russe est devenu : une mécanique qui broie ses propres périphéries pour préserver le centre. La mobilisation partielle de septembre 2022 n’a jamais été levée. Les recrutements continuent par contrat, par primes monétaires colossales, par recrutement dans les prisons. Et le chiffre monte. Toujours.

L’inventaire matériel : un cimetière de fer et d’acier

Le détail du matériel détruit donne le tournis. 11 966 chars, dont quatre supplémentaires lors de la dernière période rapportée. 24 659 véhicules blindés de combat. 43 037 systèmes d’artillerie, avec cinquante pièces neutralisées en une seule journée, ce qui en dit long sur l’intensité des frappes ukrainiennes ciblant les lignes arrière. 1 820 lance-roquettes multiples, 1 399 systèmes de défense antiaérienne, 436 avions, 353 hélicoptères. À cela s’ajoutent 322 179 drones tactiques, un chiffre qui explose mois après mois et qui illustre la nature totalement transformée du champ de bataille moderne.

Le matériel naval n’est pas épargné : trente-trois navires et embarcations envoyés par le fond, deux sous-marins, dont le célèbre Rostov-sur-le-Don frappé à Sébastopol en 2023. La flotte russe de la mer Noire, autrefois orgueil impérial, a été repoussée loin de ses bases naturelles. 4 693 missiles de croisière ont été interceptés ou neutralisés au sol. Et puis les véhicules logistiques, ces camions et citernes de carburant qu’on oublie souvent dans les analyses spectaculaires : 101 621 unités détruites, soit l’équivalent de toute la flotte logistique d’une armée européenne moyenne. Cette hémorragie matérielle, la Russie tente de la combler en piochant dans ses stocks soviétiques, en achetant des obus à la Corée du Nord, en commandant des drones Shahed à l’Iran. Mais les chaînes industrielles ne suivent plus le rythme des pertes. Les usines tournent à plein régime, sept jours sur sept, et restent en retard.

Je regarde la liste et je pense aux usines de l’Oural qui tournent jour et nuit pour remplacer ce qui brûle. Je pense aux ouvriers russes qui assemblent en série ce qui sera détruit dans la quinzaine. C’est une boucle absurde. Une économie entière convertie en cendres.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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