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GEOPOLITIQUE : Téhéran frappe une base américaine, le cessez-le-feu d’avril vole en éclats
Crédit: Adobe Stock

Centcom revendique, Téhéran justifie

Le commandement central américain, Centcom, a justifié ses frappes du week-end sur X comme une riposte à des « actions iraniennes agressives », notamment l’abattage d’un drone américain MQ-1 au-dessus des eaux internationales. Les avions de chasse américains ont, selon Centcom, éliminé des défenses aériennes iraniennes, une station de contrôle au sol et deux drones suicide qui menaçaient le trafic maritime régional. La formulation est presque chirurgicale, comme si l’on décrivait une opération de maintenance plutôt qu’un acte de guerre contre un État souverain.

Téhéran a riposté avec une logique inverse mais symétrique. Selon le porte-parole iranien, les pays abritant des bases utilisées pour attaquer le territoire iranien « ne peuvent échapper à leur responsabilité ». Cette doctrine, désormais explicite, transforme chaque monarchie du Golfe en cible potentielle. Le Koweït, plate-forme logistique américaine depuis 1991, l’a appris brutalement lundi matin. Le ministère koweïtien des Affaires étrangères s’est réservé le droit de prendre « toutes les mesures nécessaires » pour défendre son territoire, formule diplomatique d’une fermeté inhabituelle pour Koweït City.

Une mécanique d’usure devenue routine

Ce qui frappe dans cet épisode, c’est sa banalité. Un échange quasi identique avait eu lieu jeudi dernier. Un autre, sans doute, surviendra dans les prochains jours. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en avril, les frappes sporadiques sont devenues le bruit de fond d’une diplomatie en panne. Chaque camp teste les lignes rouges de l’autre, frappe juste assez pour faire mal sans déclencher une guerre totale, et retourne à la table des négociations comme si rien ne s’était passé.

Cette routine est piégée. Elle normalise la violence. Elle érode la crédibilité du cessez-le-feu. Elle fabrique, jour après jour, le moment où une frappe ratée, une erreur d’interception ou un missile qui touche une cible imprévue déclenchera une escalade incontrôlable. Les analystes militaires interrogés par les agences internationales soulignent depuis des semaines que la campagne de missiles iranienne a infligé des dommages significatifs aux infrastructures militaires américaines au Moyen-Orient. Le rapport de force évolue, même si Washington refuse de le reconnaître publiquement.

Il y a quelque chose d’insupportable dans cette idée qu’on s’habitue à compter les frappes comme on compte les jours sans pluie. La guerre devient météo. Et c’est peut-être là le signe le plus inquiétant : nous nous sommes acclimatés à l’inacceptable.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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