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BILLET : la marine américaine rétrécit pendant que la Chine construit la plus grande flotte du monde
Crédit: Adobe Stock

Une retraite déguisée en réforme audacieuse

Regardons les chiffres froidement, parce que ce sont eux qui tranchent. Le plan soumis au Congrès propose de commander seulement deux sous-marins Virginia par an, un seul destroyer Arleigh Burke par an pour le reste de la décennie, et de faire passer la flotte de porte-avions de onze à neuf unités à moyen terme. Sur le papier, ces réductions sont compensées par 47 drones de surface et 16 drones sous-marins XL. Sur le papier seulement. Parce que ces drones n’ont pas encore prouvé qu’ils savaient survivre à un combat de haute intensité, ils possèdent une fraction de l’autonomie d’un destroyer habité, ils embarquent une fraction de l’armement, et ils n’ont jamais affronté un adversaire équipé d’une guerre électronique digne de ce nom. La Chine, elle, a la guerre électronique. Elle a les missiles antinavires hypersoniques DF-21 et DF-26. Elle a les chiffres. Elle a la quantité. Elle a les chantiers.

Il faut ajouter une chose que les rapports techniques évoquent rarement de front : la capacité industrielle navale américaine est en lambeaux. Les chantiers manquent de soudeurs qualifiés, manquent d’ingénieurs en architecture navale, manquent de cales sèches modernes. Quand l’administration annonce un nouveau battleship futuriste à grand renfort de communication, elle annonce un concept. Pas un navire. Il n’y a pas de plans finalisés. Il n’y a pas de quille posée. Il n’y a pas de chantier disponible avant le milieu de la décennie suivante. C’est une promesse politique habillée en programme militaire. Pendant ce temps, à Dalian, à Jiangnan, à Huludao, les Chinois empilent les coques comme on empile des briques. Leurs chantiers sortent un destroyer Type 055 en environ deux ans. Les chantiers américains mettent presque le double pour un Arleigh Burke Flight III. Le rythme est perdu. Et le rythme, en stratégie navale, c’est presque tout.

Les fantômes des programmes ratés

Souvenons-nous d’où l’on parle. Le Littoral Combat Ship, vendu comme la révolution des opérations côtières, a fini en plaisanterie coûteuse, désarmé bien avant l’heure prévue, après plus de trente milliards engloutis. Le destroyer Zumwalt, dont la production a été amputée de 32 à 3 exemplaires, transformé en plateforme expérimentale parce qu’on ne savait plus à quoi il servait exactement. Le porte-avions USS Gerald R. Ford, livré avec sept ans de retard et des ascenseurs à munitions qui ont mis des années à fonctionner correctement. Chaque programme raté, c’est une décennie perdue, des dizaines de milliards évaporés, et un message envoyé à Pékin : votre adversaire ne sait plus livrer.

Le contraste avec la Chine est cinglant. Quand Pékin annonce un programme, Pékin le construit. Le Type 055, croiseur lourd de 13 000 tonnes, est passé du dessin à la mise à l’eau en moins de cinq ans. La classe Type 075, porte-hélicoptères d’assaut amphibie, a été lancée en série en quelques années. Le Fujian, porte-avions à catapultes électromagnétiques, a effectué ses essais en mer avec un calendrier que les bureaux d’études américains regardent avec une jalousie mal dissimulée. La différence, c’est qu’en Chine, la marine est une priorité nationale absolue, soutenue par un État-parti qui ne tolère pas le retard. Aux États-Unis, la marine est devenue une variable d’ajustement budgétaire entre deux débats au Congrès.

On ne gagne pas une guerre navale avec des PowerPoint. On la gagne avec des coques, des équipages, des torpilles, des missiles, des marins entraînés. Tout le reste, c’est de la littérature de séminaire.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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