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ANALYSE : 240 affrontements signalés entre les forces de défense ukrainiennes et l’armée russe
Crédit: Adobe Stock

240 fois l’acier a déchiré la nuit

Deux cent quarante affrontements en vingt-quatre heures sur la ligne de front, deux cent quarante fois où le métal a déchiré la chair et où une famille, quelque part, attend un appel qui ne viendra plus. Marioupol n’est déjà qu’un nom rayé de nos cartes mentales, un chiffre froid qu’on lit entre deux gorgées de café. Mais voilà ce qui nous dérange au plus profond : ce n’est pas la guerre elle-même, c’est notre regard qui se détourne. Un peuple qu’on oublie meurt deux fois.

L’inconfort surgit avant même le chiffre.

Il sourd de ce silence qui avale les cris, de cette distance polie qu’on installe entre nous et les morts — un confort obscène.

Il sourd de savoir que chaque impact est une vie volée, et qu’on les empile comme on relève un compteur. Voilà le scandale : nous comptons.

240.

Pas un bilan.

Un aveu : celui d’un monde qui dénombre les obus et oublie les noms de ceux qu’ils emportent. Quelle honte porte un tel décompte ?

Marioupol : un nom devenu fantôme

Combien de fois faut-il rayer une ville d’une carte avant qu’elle s’efface aussi de notre conscience ?

Marioupol, ce trou dans la mémoire, cette absence de mots qui pourtant hurle plus fort que n’importe quelle déclaration officielle. Une cicatrice qu’on a cessé de regarder.

Deux cent quarante affrontements en vingt-quatre heures, et pas une main pour compter les corps qui restent quand on a fini de dénombrer les armes.

Là est notre trahison : nous avons appris à détourner les yeux, et ce regard fuyant nous suivra plus longtemps que la guerre.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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