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CHRONIQUE : Xi Jinping débarque en Corée du Nord et cette visite cache un jeu géopolitique explosif
Crédit: Adobe Stock

Poutine a volé Kim à Xi et la Chine ne le supporte plus

Il faut remonter le fil pour comprendre. Depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, Vladimir Poutine s’est retrouvé isolé. Sanctions économiques massives, embargos militaires, mise au ban des grandes institutions internationales. Le maître du Kremlin avait besoin d’amis. Des amis prêts à tout. Et Kim Jong Un s’est révélé être le partenaire idéal. En septembre 2023, Kim s’est rendu en Russie pour rencontrer Poutine. Visite spectaculaire. Échanges chaleureux. Promesses de coopération. Puis en juin 2024, Poutine est allé à Pyongyang. Premier voyage d’un dirigeant russe depuis 24 ans. Les deux hommes ont signé un traité de partenariat stratégique global incluant une clause d’assistance militaire mutuelle. Une bombe diplomatique. Depuis, les échanges se sont intensifiés. La Corée du Nord fournit massivement des munitions à la Russie. Des millions d’obus d’artillerie. Des missiles balistiques. Et surtout, des soldats. Plus de 10 000 militaires nord-coréens ont été déployés sur le front ukrainien, principalement dans la région de Koursk. Ils combattent, ils meurent, ils acquièrent une expérience militaire précieuse. En échange, Moscou transfère à Pyongyang des technologies sensibles. Aide au programme spatial. Modernisation des systèmes de défense aérienne. Possiblement, assistance au programme nucléaire. Cette coopération transforme la donne. Et Pékin observe avec une angoisse mal dissimulée. Parce que historiquement, c’est la Chine qui contrôlait le robinet économique nord-coréen. 90% du commerce extérieur de Pyongyang passait par la frontière chinoise. Cette dépendance assurait à Xi un levier de pression considérable. Mais Poutine est venu casser ce monopole. Il offre à Kim une alternative. Et Kim, opportuniste légendaire, joue les deux protecteurs l’un contre l’autre.

Cette rivalité Pékin-Moscou pour l’influence sur Pyongyang me fascine et me dégoûte à la fois. Fascine parce qu’elle montre que même entre alliés autoritaires, il y a des compétitions féroces, des jeux de pouvoir, des trahisons larvées. La Russie et la Chine ont signé un partenariat « sans limites » en février 2022, quelques semaines avant l’invasion ukrainienne. Mais on voit bien que les limites existent. Et qu’elles sont nombreuses. Dégoûte parce que pendant que ces grandes puissances jouent leurs petits jeux d’influence, des dizaines de milliers de jeunes Nord-Coréens sont envoyés à la boucherie en Ukraine. Pour quoi? Pour permettre à Kim Jong Un de monnayer son aide auprès de Moscou. Pour obtenir des technologies militaires russes. Pour gonfler son ego de grand stratège. Ces soldats, je les imagine. Des gamins de 19, 20 ans. Sortis d’un pays où la propagande leur a fait croire qu’ils sont l’élite mondiale. Et qui se retrouvent dans les tranchées boueuses du Donbass, face à des drones ukrainiens qui les déchiquettent par centaines. Sans avoir aucune idée de pourquoi ils meurent. Sans avoir choisi. Sans pouvoir refuser. Cette guerre est déjà l’une des plus tragiques du siècle. Mais l’envoi de ces troupes nord-coréennes ajoute une couche de cynisme absolue. Et je suis convaincu d’une chose: l’histoire jugera très durement ceux qui ont permis cela. Poutine, évidemment. Mais aussi tous ceux qui, par leur silence ou leur passivité, ont laissé faire.

Sources

ABC News Australia, « Xi Jinping’s North Korea visit is unusual, and shows his need to court Kim Jong Un », publié le 10 juin 2026. Reuters, dépêches diplomatiques sur les relations sino-nord-coréennes, juin 2026. Associated Press, analyses du partenariat russo-nord-coréen, mai-juin 2026. Yonhap News Agency, couverture des tensions dans la péninsule coréenne, juin 2026. The Diplomat, dossiers spéciaux sur la géopolitique asiatique, premier semestre 2026. CSIS (Center for Strategic and International Studies), rapports sur le programme nucléaire nord-coréen, 2025-2026. Korea Institute for National Unification, analyses des défecteurs nord-coréens, 2025.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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