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REPORTAGE : L’Iran va-t-il vraiment relancer les négociations avec les États-Unis ?
Crédit: Adobe Stock

Cessez-le-feu rompu un mois après — preuve d’une confiance anéantie

On a cru. On a voulu y croire. On a accepté la promesse comme si le papier suffisait à faire barrière aux missiles.

Un mois.

C’est tout ce qu’aura tenu la trêve signée en avril entre l’Iran et les États-Unis avant la rupture du 2 mai — et deux mois après la signature, le 10 juin, le cessez-le-feu n’est déjà plus qu’un ruban déchiré, un sceau brisé que personne ne regarde plus.

Esmail Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, l’a prononcé ce jour-là: Téhéran « réévalue » ses négociations.

Réévaluer. Un mot technique, presque administratif, posé sur des décombres.

Un mois entre la signature et la première entorse, deux mois entre la signature et l’enterrement verbal — et nous, quelque part, on a voulu croire qu’un bout de papier pouvait ralentir des missiles.

On ne sait pas encore si on avait tort.

On sait seulement que le doute s’installe plus vite que la confiance ne s’était construite. Un mot froid pour recouvrir ce qui reste d’espoir sous les gravats des frappes de la semaine dernière.

Le silence de Washington, depuis, n’est pas une absence de réponse. C’est une réponse. L’ONU observe. L’Europe regarde ailleurs.

Et une question commence à se former, que personne n’ose encore poser à voix haute — elle attendra. Pour l’instant, il n’y a que ce papier, cette signature, et ce mot: réévaluer.

La suite dira ce qu’il cachait.

« Baghaei a raison sur la rupture, mais personne n’y croyait »

Personne n’y avait cru. C’est la vérité que Baghaei ne prononce pas, ce 10 juin, quand il égrène la chronologie des entorses depuis la trêve d’avril. Ce n’est pas un oubli diplomatique.

Personne n’y avait cru à Téhéran. Personne n’y avait cru à Washington.

Les deux capitales ont signé un texte que leurs généraux avaient déjà déchiré en privé, un papier qui ne tenait que par la lassitude des diplomates, pas par la volonté des armées. Baghaei le sait.

Son silence sur la crédibilité initiale de l’accord est plus parlant que toutes ses dates.

Et personne n’y avait cru, surtout, dans les rues de Qom ou de Chiraz, où les familles avaient appris une autre langue que la diplomatie.

À chaque annonce de trêve, elles entendaient déjà le moteur des drones. À chaque signature, elles comptaient les heures avant la prochaine frappe. La rupture du 2 mai n’a surpris que les chancelleries.

Baghaei a raison sur la date. Mais taire que personne n’y a jamais cru, c’est mentir sur la nature du traité. Un cessez-le-feu qu’on rompt en y croyant encore, ce serait une trahison.

Celui-ci n’en est même pas une. C’est une récréation entre deux salves — et la cloche vient de sonner.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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