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REPORTAGE : Attaque en Russie, l’Ukraine vise une raffinerie stratégique
Crédit: Adobe Stock

Les représailles? Tu les sens dans ton plein d’essence: le confort occidental a un prix.

Les réservoirs de la raffinerie d’Afipsky ont brûlé dans la nuit, frappés par des drones ukrainiens à des centaines de kilomètres du front, et toi, confortablement assis dans ton char au Québec, tu as applaudi ce coup porté à l’ogre avant de calculer, dès le lendemain matin à la pompe, ce que ta solidarité allait te coûter au litre — la liberté des autres n’a jamais été gratuite, et c’est notre honte de l’avoir cru.

La rage est propre, nette, quand elle frappe loin. Le poignard dans le flanc de l’ogre, tu l’as regardé s’enfoncer avec un frisson d’orgueil.

Et maintenant, tu t’arrêtes à la pompe, et tu sens le silence des chiffres grimper.

Tu as promis de ne pas oublier. Tu as promis de sentir chaque martyr. Puis les réservoirs d’Afipsky ont explosé, et la première question que tu t’es posée, c’est: « Combien pour le plein? »

Mais toi, tu préfères que le sang reste là-bas, à l’écran, à bonne distance de ta carte de crédit.

Tu voulais que l’Ukraine riposte, frappe fort, brise les chaînes énergétiques de l’ennemi. Tu l’as eu.

Et te voilà à serrer les dents devant le cadran de ta voiture, alors qu’Odesa enterre ses morts sans pouvoir se chauffer.

Le confort occidental a un coût. Il se paye en centimes, en litres, en soupirs résignés devant la caisse.

La facture réelle, elle, celle des villes dévastées, des corps sous les décombres, des enfants sans école, celle-là, tu l’as remise à plus tard, comme un colis qu’on diffère sans jamais le réclamer.

Les représailles de l’ogre ne s’arrêtent pas aux lignes de front. Elles viennent frapper ton portefeuille, ton confort, ton oubli.

Quand on t’asphyxie, tu cherches l’air; quand on te brûle, tu piétines le feu sans peur.

Cette rage, tu l’as sentie monter. Depuis deux ans, on t’a gavé d’images, de chiffres, d’impuissance. Et là, une nouvelle tombe: des drones ukrainiens ont frappé une raffinerie, en territoire russe.

Tu as hoché la tête. Une satisfaction grise, presque coupable.

Cette rage, elle s’est tue.

Le communiqué du Commandement ukrainien est froid, presque chirurgical: unités de missiles, installations de stockage, postes de commandement dans les territoires occupés de la Crimée.

Il mentionne la date du 10 juin. Pas un mot sur ce que ça fait, d’être celui qui allume.

Cette rage, elle pèse maintenant en toi comme une question que tu n’oses pas formuler. Qu’est-ce qui a brûlé exactement? À qui appartenait ce pétrole?

Ta main a tremblé une seconde en lisant le mot « Afipsky ». Pas la fierté. Le vertige.

Cette rage, tu voulais qu’elle riposte à ta place. Tu voulais qu’elle frappe là où ça fait mal. Tu l’as eue.

L’Ukraine a confirmé sa frappe sur la raffinerie de la région de Krasnodar. Et maintenant, toi, tu regardes tes mains.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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