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CHRONIQUE : 992 drones en une nuit — la révolution low-cost qui terrasse l’empire pétrolier de Poutine
Crédit: Adobe Stock

Kapotnya, à 15 kilomètres du Kremlin

La raffinerie de Moscou Neftepererobatyvaïushchy Zavod (MNPZ) — propriété de Gazprom Neft, la filiale pétrolière du mastodonte public russe — n’est pas n’importe quelle installation industrielle. Avec une capacité de raffinage de 12 millions de tonnes métriques de brut par an, répartie sur 284 hectares et plus de 30 unités de traitement, elle est au cœur de l’approvisionnement énergétique de la plus grande métropole de Russie. Elle est également, géographiquement, à 15 kilomètres du Kremlin — dans le district de Kapotnya, dans le sud-est de Moscou.

Atteindre cette raffinerie, c’est donc atteindre le cœur économique de la Russie. Mais c’est aussi atteindre le symbole le plus puissant : Moscou n’est plus une zone sûre. Depuis le début de la guerre, Poutine avait maintenu l’illusion que la vie normale continuait dans la capitale, que la guerre était lointaine, que le blocus de l’information préservait la bulle confortable de l’élite russe. Les drones ukrainiens détruisent méthodiquement cette illusion. Les résidents de Kapotnya ont signalé une «pluie de pétrole» — des projections de brut dispersées dans les quartiers voisins. Quatre aéroports suspendus. Des habitants qui se plaignent de l’absence d’alertes officielles et de sirènes.

Le deuxième coup en trois jours : une stratégie de destruction systématique

La frappe du 18 juin n’était pas spontanée. Elle s’inscrivait dans une campagne planifiée. Le 16 juin, une première attaque avait touché l’unité ELOU-AVT-6 — l’unité de traitement primaire du brut — la forçant à l’arrêt temporaire. Le 18 juin, la deuxième frappe a touché l’unité intégrée de traitement de brut, qui comprend la deuxième unité AVT-6. Selon CyberBoroshno, après ces deux frappes successives, 100 % de la capacité de raffinage primaire de la MNPZ était neutralisée. La raffinerie avait déjà été visée en septembre 2024, mars 2025 et mai 2026 — une campagne de dégradation systématique, nuit après nuit, mois après mois.

Cette systématicité est la marque distinctive de la stratégie ukrainienne contre les infrastructures pétrolières russes. Pas une frappe spectaculaire puis abandon. Une dégradation continue, méthodique, économiquement calculée : chaque unité de raffinage détruite réduit la capacité russe à produire du carburant pour ses chars, ses avions, ses systèmes de roquettes. Et selon Reuters, citant des sources du marché énergétique, la Russie était déjà en juin 2026 obligée d’importer de l’essence par voie maritime — un aveu indirect de l’impact cumulatif de ces frappes.

L’image de Moscou sous les drones ukrainiens ne me laisse pas indifférent. Je veux être clair sur ma position : les cibles industrielles militairement significatives — une raffinerie qui alimente les forces armées russes — sont des cibles légitimes dans un conflit entre États. Ce n’est pas la même chose que frapper des civils. Et voir la guerre frapper le sol russe, après tout ce que la Russie a fait aux villes ukrainiennes, produit en moi un mélange de satisfaction stratégique et d’inconfort humain que je ne résous pas facilement.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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