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COMMENTAIRE : Article 5 affaibli — l’Amérique de Trump dégrade sa promesse de défendre l’Europe
Crédit: Adobe Stock

Ce qu’est le NATO Force Model et pourquoi il compte

Pour comprendre concrètement ce que la dégradation de l’engagement américain signifie, il faut comprendre ce qu’est le Modèle de Force de l’OTAN (NATO Force Model, ou NFM). Créé après l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, le NFM est le mécanisme par lequel les alliés s’engagent à fournir des troupes, des équipements et des capacités spécifiques que le commandement suprême des alliés en Europe (SACEUR) peut réclamer à court préavis en cas de crise. C’est, en résumé, le catalogue des forces que l’Alliance peut effectivement déployer — pas des promesses vagues, mais des engagements concrets avec des délais de déploiement définis.

Les États-Unis contribuaient au NFM avec un ensemble de capacités particulièrement critiques et impossibles à remplacer à court terme : un groupe aéronaval complet (porte-avions et navires d’escorte), des avions ravitailleurs longue portée, des chasseurs avancés, et des drones de surveillance. Ces systèmes représentent des décennies de développement technologique et ne peuvent pas être recréés rapidement même avec des budgets de défense en forte hausse. Or, l’administration Trump a annoncé la réduction de ces contributions au NFM — et selon Mark Rutte, cette réduction a déjà commencé à prendre effet. « La question s’est posée hier : est-ce que ce changement est immédiat ? Oui, c’est immédiat », a confirmé le secrétaire général de l’OTAN le 18 juin.

La béance capacitaire qui s’ouvre en Europe

La conséquence directe de ce retrait partiel est l’ouverture d’une béance capacitaire réelle dans la défense européenne. Un haut responsable de l’OTAN a reconnu publiquement — ce qui est en soi extraordinaire — que « pas tout » ce que les États-Unis retirent peut être « entièrement remplacé » par les alliés. Le commandant suprême des alliés en Europe, le général américain Alexus Grynkewich, est d’ores et déjà en train de développer des plans de contingence pour protéger l’Europe en l’absence des actifs américains qui vont disparaître du NFM.

Pour mettre cela en perspective : en 2025, les États-Unis ont consacré environ 845 milliards de dollars à leur défense, contre 559 milliards pour l’ensemble des autres membres de l’Alliance combinés. Même avec la hausse de 90 milliards d’euros de dépenses européennes en 2025, l’écart reste abyssal. Et les capacités les plus critiques — les systèmes de commandement et de contrôle, la logistique de projection de puissance, la supériorité aérienne longue distance — ne s’achètent pas du jour au lendemain, même avec de l’argent.

Ce qui me frappe dans le témoignage de ce haut responsable OTAN qui dit « pas tout peut être entièrement remplacé » — c’est qu’il le dit publiquement. Sous d’autres administrations, ce genre d’aveu aurait été tenu strictement confidentiel, réservé aux canaux diplomatiques. Que quelqu’un ose le dire ouvertement, c’est le signe que la situation est déjà si grave que maintenir les apparences ne sert plus à rien.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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