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Enquête : La Russie fait la guerre en mer — flotte fantôme, tirs sur civils et escalade tous azimuts
Crédit: Adobe Stock

244 mètres de fraude organisée

Le FINA A n’est pas un bateau ordinaire. Long de 244,6 mètres, avec une jauge brute de 62 002 tonnes, c’est un mastodonte pétrolier qui avait transporté en août 2025 près de 100 000 tonnes de pétrole russe depuis le terminal Sheskharis du port de Novorossiysk jusqu’à Dakar, au Sénégal. Le chargeur de ce pétrole : Rosneft, la compagnie pétrolière d’État russe, elle-même sous sanctions. Le FINA A naviguait donc sous pavillon commode, pour le compte d’une entité sanctionnée, transportant une marchandise sanctionnée, vers un marché contournant les restrictions occidentales. Le tout, en toute impunité — jusqu’au 16 juin 2026.

Le tanker était sous sanctions de l’Union européenne depuis le 20 mai 2025 (effectives le 21 mai), de l’Ukraine depuis le 13 décembre 2025, et son capitaine, Vapor Xunardito, sanctionné personnellement par Kyiv dès le 21 février 2026. La Grande-Bretagne, le Canada et la Suisse avaient également imposé leurs propres restrictions. Cinq juridictions. Un seul tanker. Toujours en train de naviguer. Voilà l’échec collectif de la diplomatie des sanctions.

L’opération ukrainienne : les « sanctions cinétiques »

Dans la nuit du 16 au 17 juin, les forces ukrainiennes ont frappé le FINA A dans la zone comprise entre les villes russes d’Anapa et de Novorossiysk, selon les données du service de suivi maritime VesselFinder. L’État-major ukrainien a confirmé que la cible a été atteinte et que l’évaluation des dégâts était en cours. Aucun détail sur les armes utilisées n’a été divulgué, mais la nature de l’opération évoque clairement l’utilisation de drones navals de surface, comme pour les frappes précédentes contre les tankers de la flotte fantôme. L’attaque s’inscrit dans ce que Kyiv appelle désormais les « sanctions cinétiques » : des frappes militaires directement dirigées contre les navires que la Russie utilise pour maintenir ses recettes pétrolières malgré les restrictions occidentales.

Ce n’est pas la première fois. En début mai 2026, des drones ukrainiens avaient endommagé deux tankers similaires à l’entrée du port de Novorossiysk. Le 10 juin, un autre pétrolier de la flotte fantôme, le WEST Horizon, avait été touché — son système de propulsion et de gouvernail mis hors service, selon l’État-major. Selon Euromaidanpress, ces frappes ont triplé les primes d’assurance guerre en mer Noire depuis fin 2025. Les compagnies maritimes qui osent encore naviguer pour Moscou paient le prix fort — littéralement.

Il y a une ironie savoureuse — et cruelle à la fois — dans ce concept de « sanctions cinétiques ». Pendant des années, on a demandé à l’Ukraine de se battre avec un bras dans le dos, de ne pas frapper les infrastructures russes, de respecter les « lignes rouges ». Pendant ce temps, Moscou exportait son pétrole sanctionné en toute quiétude. Kyiv a simplement décidé de rendre les sanctions réelles, avec des explosifs. Je ne vais pas faire semblant que ça ne me semble pas justifié.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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