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ENQUÊTE : Le Reflecting Pool de Trump, 1,7 million de dollars pour un ami donateur
Crédit: Adobe Stock

Une société fondée en 2019, une seule expérience fédérale

Greenwater Services, basée à Brookfield, Ohio, est la société qui a décroché ce contrat de purification d’eau de 1,7 million de dollars. Fondée en 2019, elle n’a qu’un seul autre contrat fédéral à son actif selon les registres publics. Sa mission : installer un système de purification d’eau dans le Reflecting Pool, équipé d’un dispositif à nano-bulles d’ozone censé éradiquer les algues. Notons l’ironie : c’est précisément parce que la première rénovation — le revêtement bleu à 14,7 millions de dollars — a échoué à prévenir les proliférations algales qu’il a fallu commander ce nouveau système.

Ce qui rend l’attribution suspecte, c’est la structure de propriété de Greenwater Services. Le propriétaire ultime de l’entreprise est le J. Caf Investment Trust, géré par John J. Cafaro. Les dossiers d’entreprise en Floride listent le manoir de Cafaro à Palm Beach comme adresse officielle de la société. Les documents de lobbying de l’Ohio incluent les coordonnées du trust d’investissement de Cafaro. Ces détails ne sont pas des coïncidences : ils dessinent un réseau d’intérêts parfaitement traçable.

Le National Park Service et l’exemption d’urgence

Pour justifier l’absence d’appel d’offres, le National Park Service a invoqué une exemption pour circonstances urgentes — la même logique qui avait présidé à l’attribution du premier contrat à Atlantic Industrial Coatings. La porte-parole du ministère de l’Intérieur, Katie Martin, a déclaré : « Cette entreprise a été choisie parce qu’elle possédait l’expertise nécessaire, la main-d’œuvre et les matériaux pour accomplir le travail dans les délais. » Mais le document officiel ne précisait aucune date limite spécifique pour l’installation du système, fragilisant d’emblée l’argument d’urgence.

La Maison-Blanche, pour sa part, affirme n’avoir joué aucun rôle dans la sélection de Greenwater Services. Ce déni est lui-même instructif : l’administration a appris à distance les décisions qui la compromettent. Quand le premier contrat du Reflecting Pool avait été révélé, Trump avait lui-même prétendu ne pas connaître le contractant — avant d’avoir dit, quelques semaines plus tôt, qu’il s’agissait de « son gars des piscines ».

Ce qui me frappe dans cette mécanique, c’est son élégance cynique. Personne ne signe un chèque directement. Il n’y a pas de conversation enregistrée entre Trump et un fonctionnaire disant « donne le contrat à mon ami ». Tout passe par des strates d’administration, des exemptions légales, des procédures techniques. Et pourtant, au bout de la chaîne, c’est toujours le même cercle qui reçoit l’argent.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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