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LETTRE OUVERTE : Europe, tu es seule désormais — le réveil brutal de la défense continentale
Crédit: Adobe Stock

La vérité qui dérange sur le « parasitisme » européen

Il est difficile de défendre Pete Hegseth quand on l’entend traiter ses alliés de « free riders », de profiteurs du système sécuritaire américain. Sa rhétorique est abrasive, ses manières sont celles d’un bélier. Mais sur le fond, il n’a pas entièrement tort. Pendant trente ans après la chute du mur de Berlin, l’Europe a progressivement désarmé, réduisant ses forces armées, fermant des bases, supprimant des régiments, dans une euphorie pacifiste que l’histoire est en train de juger impitoyablement. L’Allemagne dépensait 1,2 % de son PIB pour la défense quand Poutine envahissait l’Ukraine en 2022. C’est un scandale stratégique.

L’annonce faite par Hegseth d’un examen de la posture américaine en Europe est précédée d’une décision concrète : les États-Unis avaient déjà réduit leurs obligations envers le Modèle de Force OTAN (NFM), ce dispositif de forces à haute disponibilité que le commandant suprême allié peut mobiliser en urgence. Un officiel OTAN a dit, sans ambages, que « tout ce que les États-Unis retirent ne peut pas être entièrement remplacé ». C’est la clé de voûte de l’argument : il ne s’agit pas seulement d’argent, il s’agit de capacités opérationnelles réelles.

Le prix de la dépendance

En mai 2026, les États-Unis ont retiré 5 000 soldats d’Allemagne dans le sillage des tensions liées à la crise iranienne. La Pologne a failli perdre 4 000 autres soldats — Trump a finalement fait marche arrière, promettant 5 000 hommes. Ces chiffres ne sont pas anodins : ils révèlent la fragilité d’une architecture de sécurité fondée sur la bonne volonté d’une seule puissance extérieure. L’Espagne, qui a refusé l’accès à ses bases aériennes pour des opérations contre l’Iran, s’est retrouvée menacée de sanctions commerciales par Washington. Le signal est clair : dans l’Amérique de Trump, la coopération militaire se négocie comme un contrat commercial.

Ce qui est en jeu n’est pas une querelle de comptabilité. C’est la question fondamentale de savoir si l’Europe est capable de défendre ses valeurs, ses frontières et son mode de vie sans dépendre d’un protecteur extérieur dont les humeurs électorales peuvent tout remettre en question d’une présidentielle à l’autre.

Je comprends la tentation de répondre à l’arrogance de Hegseth par la fierté blessée. Mais l’orgueil n’est pas une doctrine de défense. L’Europe doit avaler cette pilule amère et se mettre au travail. La colère est un carburant, à condition de la transformer en investissement réel et non en discours.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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