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TÉMOIGNAGE : Détroit d’Ormuz « toll-free » — la grande promesse de Trump à l’épreuve de la réalité
Crédit: Adobe Stock

La gorge de l’économie mondiale

Le détroit d’Ormuz est le chokepoint énergétique le plus critique du monde. À son point le plus étroit, il ne fait que 34 kilomètres de large — deux couloirs de navigation de 3 kilomètres chacun dans un espace que se partagent l’Iran et Oman. Pourtant, par ce goulot d’étranglement transite environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole, soit l’essentiel des exportations du Golfe persique — Arabie saoudite, Irak, Émirats arabes unis, Koweït, Qatar. S’y ajoute le GNL du Qatar, dont dépendent des pans entiers de l’économie européenne et asiatique.

L’Iran, qui partage la rive nord du détroit avec Oman, a toujours utilisé la menace de fermer ou perturber ce passage comme un levier géopolitique ultime. Après le début du conflit avec les États-Unis et Israël, cette menace est devenue réalité sous forme de péages imposés. La Persian Gulf Strait Authority, créée en mai 2026, était le bras institutionnel de cette politique : les navires qui voulaient passer devaient payer, ou ne pas passer. Les exportations iraniennes elles-mêmes avaient « pratiquement cessé », selon les données disponibles — la Chine, leur seul acheteur majeur sous l’ère des sanctions, réduisant ses importations face à l’incertitude.

Le précédent historique qui fait trembler les marchés

La fermeture du détroit d’Ormuz — même partielle, même temporaire — a toujours été considérée par les stratèges militaires et économiques comme l’un des scénarios catastrophes qui pourraient déclencher une récession mondiale. En 2019, lors de l’escalade des tensions entre Washington et Téhéran, les assurances maritimes pour les navires transitant par le détroit avaient explosé. En 2026, ces craintes se sont matérialisées partiellement : le blocus iranien n’a pas été total, mais sa seule existence a suffi à perturber les marchés énergétiques mondiaux et à propulser les prix de l’énergie à des niveaux insupportables pour les consommateurs américains et européens.

Trump a promis lors de sa campagne électorale de 2024 que son retour à la Maison-Blanche signifierait la fin de l’inflation énergétique, le « drill, baby, drill » de l’Amérique, et des prix à la pompe sous contrôle. La crise iranienne a mis cette promesse en péril. La réouverture du détroit est donc autant une nécessité stratégique pour Trump qu’une urgence économique pour les ménages américains.

Il y a quelque chose d’absurde dans le fait qu’une voie d’eau de 34 kilomètres de large puisse tenir en otage l’économie mondiale. Mais c’est la réalité de notre dépendance aux hydrocarbures. Tant que nous n’aurons pas fondamentalement réduit cette dépendance — et nous en sommes très loin — le détroit d’Ormuz restera le talon d’Achille de la civilisation industrielle.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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