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ANALYSE : Un tiers du raffinage russe à l’arrêt — l’arithmétique du carburant qui s’effondre
Crédit: Adobe Stock

Une offensive d’une précision chirurgicale

En mai 2026, les Forces de défense ukrainiennes ont frappé les raffineries russes 16 fois, ciblant délibérément huit des dix plus grandes installations du pays. Ce n’est pas du hasard. C’est la manifestation d’une doctrine évolutive qui a appris de ses propres erreurs : les premières frappes de 2024 visaient les unités de distillation primaire, facilement réparables. Désormais, les drones ukrainiens ciblent les unités secondaires — celles qui transforment le pétrole brut en essence et en diesel — dont la réparation prend des mois et dépend d’équipements d’importation bloqués par les sanctions occidentales.

Sergey Vakulenko, ancien responsable de la stratégie chez Gazprom Neft jusqu’en février 2022, désormais chercheur à la Carnegie Endowment, l’a expliqué à Bloomberg avec une clarté redoutable : les unités secondaires « prennent des mois à réparer et dépendent de pièces importées que les sanctions étouffent ». C’est là que réside la vraie rupture stratégique de la campagne ukrainienne. Les Russes peuvent souder des tuyaux. Ils ne peuvent pas fabriquer des catalyseurs de craquage catalytique sous embargo international.

Kapotnya, Nizhnekamsk, Samara : la liste s’allonge

Le 16 juin 2026, des drones ukrainiens ont frappé la raffinerie de Moscou dans le district de Kapotnya, l’unité de distillation primaire ELOU-AVT-6. Le maire Sobyanin a prétendu que « tous les drones avaient été abattus » — avant d’être contraint d’admettre un impact direct sur la principale artère pétrolière de la capitale. Deux jours plus tard, le 18 juin, une deuxième frappe sur la même installation infligeait ce que les observateurs ont qualifié de « coup de grâce complémentaire ». La raffinerie de Kapotnya assure normalement environ la moitié des besoins en carburant de la région moscovite. Elle a été touchée au moins cinq fois depuis septembre 2024.

Dans le même temps, les nuits du 11 au 12 juin, les forces ukrainiennes frappaient deux raffineries en République du Tatarstan, dont la TANECO de Nizhnekamsk, la plus grande raffinerie exploitée par Tatneft. Le 10 juin, la raffinerie Kouïbychev de Rosneft à Samara suspendait son traitement après une frappe de drone. Plus de 70 grands réservoirs de stockage ont été endommagés ou détruits depuis le début du conflit intensifié, selon des données compilées par LB.ua. Les dommages directs sur les raffineries représentent désormais entre 7 et 8 milliards de dollars de pertes pour le budget russe.

Il y a quelque chose de profondément juste dans cette géographie de la destruction. Moscou a passé des années à frapper les infrastructures civiles ukrainiennes — hôpitaux, écoles, réseaux d’eau potable. L’Ukraine, elle, frappe du pétrole. Elle frappe l’argent. Elle frappe la machine de guerre à sa source. C’est une guerre de précision économique, et Kyiv est en train de la gagner à une table que Poutine pensait contrôler seul.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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