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ENQUÊTE : Le Bélarus, pompe à essence secrète de Poutine — 270 000 tonnes vers la Russie
Crédit: Adobe Stock

Mozyr et Novopolotsk : les usines à feu qui nourrissent la guerre

Le Bélarus dispose de deux raffineries, Mozyr et Novopolotsk, chacune d’une capacité annuelle de 12 millions de tonnes, soit environ 240 000 barils par jour. Ensemble, leur production tourne normalement autour de 9 millions de tonnes par an. Depuis la seconde moitié de 2025, ces deux installations ont commencé à traiter du pétrole russe en régime de tolling — c’est-à-dire que le brut appartient à Moscou, mais c’est Minsk qui le raffine, avant de livrer les produits finis au marché russe ou à l’export. Un montage qui ressemble à une sous-traitance industrielle, mais qui est en réalité un mécanisme de survie énergétique pour la Russie en temps de guerre.

Avant les sanctions occidentales de 2020, le Bélarus produisait environ 3,2 millions de tonnes d’essence par an, dont 1,3 million destiné au marché intérieur et 1,8 million à l’export. Ce potentiel exportable représente aujourd’hui une ressource stratégique que Moscou est en train de mobiliser en urgence. Selon les experts cités par Charter97, le vice-Premier ministre russe Alexander Novak aurait même envisagé de porter les livraisons depuis le Bélarus à 300 000 tonnes par mois — un chiffre qui confirme l’ampleur de l’ambition et de la dépendance.

Un accord de coopération qui sert la guerre depuis mars 2021

La relation entre les deux régimes n’est pas née de la crise de 2026. Depuis mars 2021, le Bélarus utilise les ports russes pour la transbordation de ses produits pétroliers raffinés, en vertu d’un accord de coopération signé entre Moscou et Minsk. Ce que cet accord avait de banal en temps de paix est devenu un outil de guerre dès lors que les drones ukrainiens ont commencé à réduire en cendres les capacités de raffinage russes. Reuters a documenté ce mécanisme dès l’automne 2025, citant des sources industrielles qui décrivaient déjà la montée en puissance des flux bélarusses.

En janvier-mai 2026, le total des exportations de transit de produits pétroliers bélarusses transitant via les ports russes a atteint environ 1,53 million de tonnes, soit 2,5 fois plus que sur la même période de l’année précédente. Une accélération brutale qui ne laisse aucun doute sur la nature systématique de cette coopération énergétique — et sur le fait qu’elle n’a rien d’accidentel ou d’improvisé.

Ce qui me frappe dans cette architecture, c’est sa prévisibilité. Quand on regarde le calendrier — accord de 2021, début du régime de tolling en 2025, explosion des volumes en 2026 — on réalise que tout cela a été planifié bien avant que les premières bombes ne tombent sur les raffineries russes. Poutine et Loukachenko ont construit ce couloir de secours à l’avance. Ce n’est pas une réaction de crise, c’est une stratégie de contournement que l’Occident aurait dû voir venir — et sanctionner — bien plus tôt.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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