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RÉCIT : La nuit des compresseurs — quatre stations de gaz criméennes dans le noir
Crédit: Adobe Stock

La première frappe : le stockage souterrain de Dozorne

Tout commence le soir du 19 juin. Les opérateurs du 413e régiment des Forces de systèmes sans pilote, connu sous le nom de code « Raid », lancent leurs drones contre le dépôt souterrain de gaz de Hlibivske, situé près du village de Dozorne sur la péninsule de Tarkhankut, à l’extrémité occidentale de la Crimée. Le régiment publie lui-même la vidéo de la frappe. Les images montrent des drones de frappe de moyenne portée FP-2, fabriqués par la société ukrainienne Fire Point, s’enfoncer dans les structures de surface du dépôt.

Le 413e Raid ne se contente pas de frapper une cible secondaire. Le dépôt de Hlibivske est le seul stockage souterrain de gaz de toute la Crimée. Sa fonction est critique : réguler les fluctuations saisonnières et quotidiennes de la consommation de gaz sur la péninsule, maintenir la pression dans le réseau de transport gazier. Les structures de surface — les installations de pompage — subissent selon l’unité des dommages critiques. Un incendie éclate. La confirmation vient du service de surveillance satellitaire FIRMS de la NASA, qui détecte une anomalie thermique à l’emplacement exact du dépôt.

La dimension systémique de la première frappe

Ce que les images ne montrent pas directement, mais que les analystes documentent, c’est la chaîne de dépendance que cette frappe menace. Toutes les grandes centrales thermiques et électriques de la Crimée occupée fonctionnent au gaz naturel. Si le dépôt de Hlibivske ne peut plus réguler la pression, les centrales sont vulnérables aux baisses de débit. Et si les centrales tombent, les installations militaires russes qui dépendent de leur alimentation électrique se retrouvent dans le noir. La logique est implacable : frapper le gaz, c’est frapper la guerre.

Des images satellites de Copernicus — comparant la situation du 17 juin avec celle du 19 juin — confirment des destructions significatives à l’emplacement de la station de pompage du dépôt. Ce n’est pas une frappe symbolique. C’est une frappe d’ingénieur, pensée pour dégrader une infrastructure sur la durée.

Il y a quelque chose de profondément ukrainien dans cette façon de faire la guerre. Pas d’annonce grandiloquente, pas de pose héroïque. Juste la vidéo, les coordonnées, les dégâts confirmés par satellite. Brovdi ne joue pas au général. Il travaille. Et ce soir-là, le « Raid » a travaillé avec une précision qui aurait impressionné n’importe quel stratège de l’OTAN.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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