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REPORTAGE : Zaporijjia sous les bombes planantes — 5 morts, 9 KAB en un après-midi
Crédit: Adobe Stock

Une bombe soviétique ressuscitée par la technologie GPS

La KAB n’est pas une arme sophistiquée au sens où on l’entendrait dans les arsenaux occidentaux. À l’origine, c’est une bombe aérienne soviétique non guidée — une vieille ferraille héritée des entrepôts de la Guerre froide. Ce qui la transforme en instrument de terreur moderne, c’est le module UMPK (Unifitsirovannyy Modulya Planirovaniya i Korrektsii), un kit de planage et de correction équipé d’un guidage GPS et d’ailes déployables. Avec ce module, une bombe de 500 kg ou plus peut être larguée depuis un Su-34 ou un Su-35 volant à 12-15 km d’altitude, à 60 à 70 kilomètres de sa cible. La masse en fer forgé approche à une vitesse vertigineuse, pratiquement impossible à intercepter par les systèmes de défense antiaérienne ukrainiens.

Selon Militarnyi, les images satellites prises le 8 juin 2026 près de Huliaipolé, dans la région de Zaporijjia, montrent des champs et des lisières forestières criblés avec une précision chirurgicale malgré les contre-mesures de guerre électronique ukrainiennes. L’explication est brutale : l’Ukraine manque d’équipements de brouillage adaptés aux systèmes de navigation des UMPK russes. En mai 2026, la Russie a utilisé 7 496 KAB en un seul mois, soit une moyenne de 241 bombes par jour, en hausse de 8 % par rapport au mois précédent. Ce n’est pas une arme de précision chirurgicale au sens stratégique — c’est une arme d’épuisement systématique.

Pourquoi la défense aérienne ukrainienne ne peut pas les arrêter

Le général Syrsky, commandant en chef des forces armées ukrainiennes, l’a reconnu en mars 2026 : la Russie utilisait alors entre 200 et 300 bombes guidées par jour, et aucune méthode d’interception efficace n’avait encore été trouvée. La raison est mécanique et physique : ces bombes sont constituées d’une lourde enveloppe de fer forgé, leur conférant une trajectoire balistique extrêmement rapide et une inertie considérable. Les missiles antiaériens ukrainiens disponibles — des systèmes NASAMS, Patriot, ou les vieux S-300 — sont calibrés pour des cibles aérodynamiques conventionnelles, pas pour des projectiles semi-balistiques tombant presque à la verticale dans leur phase terminale.

À cela s’ajoute une réalité géopolitique cruelle : les avions russes opèrent à l’intérieur du territoire russe ou des zones occupées, hors de portée des avions de chasse ukrainiens et hors de portée des missiles sol-air à longue portée que l’Ukraine ne s’est jamais vu livrer en quantité suffisante. L’Occident a fourni des systèmes précieux, mais toujours en quantités calculées pour ne pas « escalader » — pendant que Moscou bombarde une ville de 710 000 habitants avec neuf bombes planantes en un seul après-midi.

Je pense souvent à cette asymétrie absurde : des généraux russes larguent ces bombes depuis la relative sécurité du ciel russe, pendant que des civils ukrainiens meurent dans leurs salons. Et nous, en Occident, nous débattons de « lignes rouges » et de « risque d’escalade ». À un moment donné, l’escalade, c’est ce qui se passe à Zaporijjia chaque semaine. Pas ce que l’Ukraine pourrait faire pour se défendre.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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