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ANALYSE : L’art de l’essaim — comment l’Europe peut enfin dire non à Pékin
Crédit: Adobe Stock

De « partenaire » à « concurrent » à « rival systémique »

En mars 2019, lorsque la Commission européenne et la Haute Représentante pour la politique étrangère avaient publié leur stratégie commune désignant la Chine simultanément comme partenaire de coopération, concurrent économique et rival systémique, le terme « rival systémique » avait presque été noyé dans les euphémismes. Il fallait ménager Pékin, ménager Berlin, ménager Budapest. La formule tripartite était un chef-d’œuvre d’ambiguïté calculée. Elle permettait à chaque capitale d’y lire ce qu’elle souhaitait. Paris y voyait une confirmation de la méfiance. Berlin y voyait une invitation à continuer les affaires. Pékin y voyait une faiblesse exploitable.

Six ans plus tard, la réalité avait rattrapé la rhétorique. Comme le souligne l’analyse de Brookings datée de décembre 2025, le terme de « rivalité systémique » semblait à la fois dépassé et insuffisant. La coopération possible avec Pékin avait considérablement rétrécit. La compétition s’était étendue à tous les domaines : économique, technologique, sécuritaire, et désormais militaire à travers la relation sino-russe. La question n’était plus de savoir si la Chine représentait un défi systémique. Elle l’était, incontestablement. La question était de savoir si l’Europe était prête à agir à la hauteur de ce défi.

Le choc chinois de 2026 : plus qu’une onde de choc commerciale

En juin 2026, l’Institute of Geoeconomics de Tokyo publiait son rapport « European Industry and the Second China Shock », signé par Andrew Capistrano et Paul Nadeau. Le « premier choc chinois » des années 2000 avait concerné les biens de consommation bas de gamme. Le « second choc » était d’une tout autre nature : la Chine avait gravi la chaîne de valeur et devenait désormais le concurrent dominant dans les véhicules électriques, les batteries, les panneaux solaires, les équipements éoliens, les machines industrielles. Ces secteurs n’étaient pas des industries ordinaires. Ils constituaient l’épine dorsale de la transition énergétique européenne et de la résilience industrielle future du continent. La Chine ne grignotait plus les marges de l’Europe. Elle menaçait son cœur.


Il y a quelque chose de profondément troublant dans cette trajectoire : l’Europe a financé, parfois indirectement, la montée en puissance industrielle qui la menace aujourd’hui. Les investissements en Chine, les transferts technologiques, l’accès au marché unique accordé sans réciprocité — autant de décisions prises dans un esprit d’ouverture qui s’est transformé en vulnérabilité stratégique. Ce n’est pas une faute morale. C’est une erreur de calcul géopolitique dont nous payons maintenant le prix.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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