Skip to content
ANALYSE : Le tarif de 10% de Trump frappe l’Asie et offre la région à Pékin sur un plateau d’argent
Crédit: Adobe Stock

La mécanique des exemptions qui fausse tout

Pour comprendre pourquoi les taux pondérés pour l’Asie du Sud-Est, l’Océanie et l’Asie du Sud sont si élevés, il faut comprendre la mécanique des exemptions. Le tarif de 10 % ne s’applique pas uniformément à tous les produits. Certaines catégories stratégiques bénéficient d’exemptions — les produits pharmaceutiques, certains semiconducteurs, certains composants technologiques critiques. Or les exportations d’Amérique du Nord, d’Amérique latine et des Caraïbes vers les États-Unis sont structurellement concentrées dans des produits davantage couverts par ces exemptions, qu’il s’agisse de produits énergétiques, de matières premières ou de biens couverts par l’accord USMCA.

À l’inverse, les exportations d’Asie du Sud-Est sont massivement constituées de produits manufacturés — textiles, électronique, meubles, chaussures, composants industriels — qui tombent en plein dans les catégories taxées. La même logique s’applique à l’Océanie, dont les exportations agricoles et minières tombent également dans des tranches non exemptées. L’analyse de l’OMC ne porte pas un jugement moral. Elle constate simplement ce que les structures d’exportation produisent comme résultat : une pression tarifaire effective disproportionnée sur les économies asiatiques et océaniennes.

Le taux de 5,7 % pour l’Asie du Sud : le signal le plus alarmant

De toutes les données publiées dans le rapport, le taux pondéré de 5,7 % pour l’Asie du Sud est peut-être le plus révélateur. Des pays comme le Bangladesh, le Sri Lanka, l’Inde, le Pakistan — des économies dont les exportations reposent massivement sur le textile et l’habillement — absorbent un choc tarifaire qui, rapporté à leur dépendance aux marchés américains, peut représenter des milliards de dollars de pertes nettes en compétitivité. Ces économies n’ont pas les ressources fiscales de l’Europe, ni la taille de la Chine pour amortir le choc. Elles sont structurellement vulnérables.

L’UNCTAD, dans sa propre analyse publiée en septembre 2025, avait déjà documenté que pour les pays les moins avancés — dont plusieurs se trouvent en Asie et en Océanie — le taux pondéré moyen avait doublé ou triplé avec les nouvelles mesures américaines. Le Bangladesh, le Myanmar, le Cambodge : ce sont des nations dont des millions de travailleurs dépendent des exportations textiles vers les États-Unis. Les frapper durement, c’est alimenter le terreau de l’instabilité sociale — et, à terme, de la réceptivité aux offres alternatives venues de Pékin ou de Moscou.


Je ne dis pas que Trump a tort de vouloir corriger les déséquilibres commerciaux. Je dis que frapper le Bangladesh plus durement que l’Argentine n’a aucune cohérence stratégique. Ce n’est pas une politique commerciale. C’est une politique de pêche à la dynamite dans un étang déjà fragilisé.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu