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DÉCRYPTAGE : Sword 26 — l’OTAN ne déploie plus, elle s’entraîne à vaincre
Crédit: Adobe Stock

Le paradigme transatlantique de l’après-Crimée

Lancée en grande pompe en 2020, la série DEFENDER avait une logique cohérente avec son époque. L’annexion illégale de la Crimée en 2014 avait réveillé l’OTAN d’un long sommeil post-Guerre froide. La réponse initiale du Sommet du Pays de Galles en 2014 avait été la création d’une présence avancée renforcée (eFP) dans les pays baltes et en Pologne — des groupements tactiques multinationaux, des signaux visibles de solidarité collective. DEFENDER s’inscrivait dans cette logique : démontrer que si la Russie osait attaquer, les chars américains pourraient être sur le continent en quelques jours.

Cette approche avait une valeur politique réelle. Elle ancrait les Alliés européens dans la certitude du « Article 5 made in USA ». Mais elle reposait sur une hypothèse fragile : que l’adversaire laisserait le temps aux renforts de traverser l’Atlantique, de débarquer dans les ports, de s’intégrer aux structures alliées, et seulement ensuite d’entrer en action. L’Ukraine, après le 24 février 2022, a définitivement brisé cette hypothèse. La guerre moderne ne laisse pas ce luxe.

L’invasion de l’Ukraine comme révélateur doctrinal

L’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine en février 2022 a provoqué une série de décisions accélérées au sein de l’OTAN. Le Sommet de Madrid en juin 2022 a vu les Alliés approuver un nouveau modèle de force, étoffant considérablement les effectifs à haute disponibilité. Les groupements tactiques bataillon du flanc est ont été remontés au niveau brigade. De nouvelles positions permanentes ont été créées en Bulgarie, Hongrie, Roumanie et Slovaquie. En septembre 2025, des violations d’espace aérien par des drones et chasseurs russes au-dessus de l’Estonie, la Finlande, la Lituanie, la Pologne, la Norvège et la Roumanie ont conduit au lancement d’Eastern Sentry, une opération permanente sans date de fin sur l’ensemble du flanc est. L’OTAN construisait sa présence. Mais quelque chose manquait encore : la conviction que ces forces pouvaient gagner dès les premières heures d’un conflit.

C’est exactement ce vide doctrinal que Sword 26 est venu combler. En juin 2026, l’OTAN a également établi les Forward Land Forces Finland, le neuvième groupement tactique multinational de l’Alliance, conduit par la Suède. Le tableau est désormais complet, de la mer Baltique à la mer Noire. Mais une présence sans doctrine de victoire reste une présence fragile.


Voici ce qui me fascine et me trouble à la fois : pendant des années, l’OTAN a misé sur la dissuasion par la présence. « Nous sommes là, donc vous n’attaquerez pas. » Poutine a regardé ces bataillons symboliques en Ukraine dès 2014, et il a quand même conclu que le risque était calculable. La dissuasion par la présence a des limites que Sword 26 tente maintenant de repousser. La question reste entière : est-ce que la Russie de Poutine, décimée mais toujours dressée, en tirera les bonnes conclusions ?

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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