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ENQUÊTE : La Chine entraîne des soldats russes pour la guerre en Ukraine — l’UE a les preuves
Crédit: Adobe Stock

Un accord secret signé à Pékin

Tout commence par un document. Selon l’enquête de Reuters publiée en mai 2026 — citée et validée par Kallas elle-même — un accord militaire bilatéral russo-chinois a été signé à Pékin le 2 juillet 2025. Ce document, rédigé en russe et en chinois, détaillait les modalités d’un programme de formation croisée : des militaires russes seraient entraînés sur des bases de l’Armée populaire de libération (APL) en Chine, tandis qu’un contingent de soldats chinois recevraient une formation en Russie. Ce que les sources d’intelligence ont souligné comme particulièrement significatif : c’est la formation des Russes sur sol chinois qui constituait le véritable saut qualitatif dans la coopération entre les deux armées.

L’accord prévoyait l’accueil d’environ 200 militaires russes dans des installations militaires situées notamment à Pékin et dans la ville de Nanjing, à l’est de la Chine. Selon le journal allemand Die Welt, qui a également enquêté sur ce dossier en citant des sources indépendantes, la formation s’est en réalité étendue à six sites militaires différents à travers le territoire chinois. Les participants appartenaient à des grades variés, allant du sergent-chef au lieutenant-colonel — une gamme qui couvre à la fois les combattants de terrain et les cadres capables de transmettre ensuite ces connaissances dans la chaîne de commandement russe.

Des formations axées sur les armes décisives du conflit

Le contenu des formations est particulièrement révélateur des priorités militaires russes en Ukraine. Selon les documents examinés par Reuters et les sources des agences de renseignement européennes, les programmes couvraient notamment : l’utilisation des drones FPV et de plusieurs types de systèmes aériens sans pilote, la guerre électronique et les systèmes anti-drones, l’aviation militaire, les opérations d’infanterie blindée, ainsi que le déminage et la neutralisation d’engins explosifs improvisés. Une session de formation à l’université militaire d’ingénierie de l’APL a notamment porté sur les explosifs et les techniques de désamorçage. Une autre, au centre de formation en aviation militaire de l’APL, utilisait présentations multimédias et simulateurs de vol pour l’entraînement aux drones.

La présence de membres du bataillon Rubicon parmi les stagiaires est particulièrement significative. Rubicon est une unité d’élite russe spécialisée dans la guerre par drones, active sur le front ukrainien. Selon Die Welt, après avoir achevé leur formation en Chine, des dizaines de membres de cette unité et d’autres stagiaires ont pris part à des opérations de combat en Ukraine au début de l’année 2026, certains occupant des postes de commandement. Une agence de renseignement européenne citée par Reuters a précisé avoir identifié des militaires russes ayant suivi cette formation, et confirmé leur participation ultérieure à des opérations de combat par drones en Crimée occupée et dans la région de Zaporijjia.


On parle souvent de la guerre des drones comme d’une révolution technologique abstraite. Mais ces chiffres lui donnent un visage concret et troublant. Des soldats russes sont allés se former dans des bases militaires chinoises, ont appris à piloter des FPV, ont été initiés aux techniques de guerre électronique qui brouillent et détruisent les drones ukrainiens, puis sont retournés tuer des Ukrainiens en Crimée et à Zaporijjia. La Chine n’a pas seulement fourni des composants. Elle a formé des tueurs. La nuance est immense, et l’Occident ferait bien de l’intégrer dans sa stratégie globale face à Pékin.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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