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ENQUÊTE : La Chine normalise en silence les annexions russes en Ukraine occupée
Crédit: Adobe Stock

Un site abandonné, une opportunité de conquête économique

La carrière Karansky, située près du village de Myrne dans le district de Volnovakha en Donetsk, était à l’arrêt depuis 2008. Quatorze ans de silence industriel. Puis, au printemps 2022, quelques semaines après l’invasion russe à grande échelle, une délégation liée aux autorités d’occupation de la soi-disante « République populaire de Donetsk » (DPR) est arrivée sur place. L’objectif était clair : relancer l’extraction de pierre, produire les matériaux nécessaires à la construction de routes et d’infrastructures dans les territoires conquis, et ancrer économiquement l’annexion russe dans une réalité productive. En mai 2023, selon des données citées par le CEPA dans son rapport du 18 juin 2026, la carrière employait déjà 243 travailleurs et produisait environ 250 tonnes de pierre concassée commerciale par jour.

Ce n’est pas la Russie seule qui a accompli ce miracle industriel en territoire de guerre. Ce sont les ingénieurs et équipements de Amma Construction Machinery Co., Ltd. et de Zhongxin Heavy Industry Machinery Co., Ltd., deux entreprises de la province du Henan en Chine, qui ont fourni la technologie et les machines nécessaires. En novembre 2023, le prétendu « Premier ministre de la DPR », Yevgeny Solntsev, a lui-même annoncé publiquement sur Telegram que la carrière Karansky avait signé des accords de coopération avec ces deux entreprises chinoises — en publiant une photo de lui en compagnie de la délégation chinoise devant le drapeau de la République populaire de Chine.

Deux usines sorties de terre en un temps record

En 2024, selon l’enquête de Realna Gazeta relayée par le CEPA et United24 Media, deux nouvelles usines ont été construites sur le site de la carrière Karansky : une usine de production de béton et une installation de concassage et de triage. La rapidité de la construction est en elle-même un signal : il ne s’agit pas d’un projet improvisé, mais d’un investissement planifié, soutenu logistiquement et techniquement par des partenaires qui ont les moyens d’agir vite. Le béton et la pierre produits ne restent pas sur place. Selon des données compilées par United24 Media dans un article d’avril 2026, ils sont utilisés pour la construction de la route « Novorossiya » reliant Rostov à la Crimée — une artère stratégique pour la logistique militaire russe.

Des résidents locaux appellent désormais le site le « quartier chinois ». L’Eastern Human Rights Group, un think-tank ukrainien, a identifié au moins 17 entreprises chinoises actives dans les territoires occupés, dont les activités vont des premiers contacts commerciaux à la livraison d’équipements pour des projets miniers et d’infrastructure. Le groupe rapporte également que quelque 6 000 stations de base de téléphonie mobile utilisant des équipements chinois ont été déployées dans le sud et l’est de l’Ukraine occupée — créant un environnement numérique fermé intégré aux technologies de surveillance chinoises, selon le CEPA.


Cette vitesse de construction m’interpelle profondément. Dans une zone de guerre, alors que des civils ukrainiens fuient ou meurent, on construit des usines à béton chinoises pour rendre l’occupation permanente. C’est d’une cynisme architectural que peu de mots peuvent décrire. Les briques posées là ne sont pas neutres : elles sont les fondations d’une annexion.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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