Skip to content
REPORTAGE : Houliaipole, le front oublié — 24 assauts russes en une journée
Crédit: Adobe Stock

Une plaine ouverte, des bandes forestières comme seul abri

La région autour de Houliaipole n’offre pas les reliefs rocheux qui facilitent la défense. C’est la steppe ukrainienne méridionale : des champs agricoles à perte de vue, quelques bandes forestières artificielles plantées à l’époque soviétique pour briser le vent, et des villages épars comme autant de petits points sur une carte militaire. Ces bandes forestières sont aujourd’hui le seul couvert naturel des défenseurs ukrainiens. Les satellites du projet Militarnyi ont photographié, en juin 2026, les impacts de bombes planantes russes frappant chaque bande forestière directement devant la ligne défensive ukrainienne — avec une précision chirurgicale que la guerre électronique ukrainienne ne parvient pas à contrer complètement.

L’analyste français Clément Molin, cité par Militarnyi le 9 juin 2026, a été sans ambages : « Les capacités de guerre électronique ukrainiennes sont clairement insuffisantes dans ce secteur. Le manque d’équipement adéquat les empêche de brouiller efficacement les systèmes de navigation des modules UMPK équipant les bombes aériennes russes. » Des modules UMPK embarqués sur des Su-34 opérant à des dizaines de kilomètres de la ligne de contact. Des bombes qui planent, contournent, et frappent sans que les défenseurs puissent faire grand-chose.

Rybne, Novo Zaporijjia, Dobropillia : les villages en ligne de mire

Les villages cités dans les rapports quotidiens de l’État-major dessinent la carte du danger immédiat. Rybne est mentionné comme cible récurrente depuis décembre 2025. Novo Zaporijjia apparaît dans les bilans d’assaut de janvier 2026. Dobropillia — à ne pas confondre avec la ville du même nom dans le Donbass — est le point focal de la pression russe dans ce secteur : les Russes ont prétendu l’avoir prise en décembre 2025, mais le bataillon Azov International a confirmé que le village restait hors de portée russe, avec des positions adverses encore à 3 à 5 kilomètres.

D’autres localités ponctuent les comptes-rendus : Vozdvyjivka, Houliaipolske, Verkhn’a Tersa, Tsvitkove, Zaliznitchne, Rivnopillia, Varvarivka, Hirke, Myrne, Charivne. Des noms qui n’évoquent rien aux lecteurs européens, mais qui représentent chacun une position défensive, un groupe de soldats, un secteur de responsabilité tenu par des unités souvent sous-dotées face à une masse d’assaut russe qui augmente de semaine en semaine.


Ces noms de villages — Rybne, Dobropillia, Tsvitkove — je les répète parce qu’ils méritent d’exister dans l’espace public. Le jour où ils tombent, ce ne sera pas « un village inconnu du Zaporijjia ». Ce sera un maillon d’une chaîne défensive que personne n’aura voulu voir craquer.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu