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ANALYSE : Fin des exemptions — comment Trump monétise la naturalisation américaine
Crédit: Adobe Stock

Les montants en jeu

Concrètement, voici ce que la proposition implique. Pour le formulaire N-400, le frais de dépôt papier passe de 760 à 1 330 dollars (+75 %). En ligne, de 710 à 1 280 dollars (+80 %). Pour le formulaire N-336, qui permet de contester un refus de naturalisation, la hausse est encore plus forte : de 830 à 1 475 dollars sur papier (+78 %) et de 780 à 1 425 dollars en ligne (+83 %). Un candidat à la citoyenneté dont le dossier est refusé et qui veut exercer son droit au recours devra donc débourser au total près de 2 800 dollars rien que pour les frais administratifs.

À titre de comparaison, le Canada perçoit actuellement 630 dollars canadiens (environ 460 dollars américains) pour la naturalisation adulte. L’Australie demande 560 dollars australiens, soit moins de 370 dollars américains. L’Allemagne, l’une des grandes démocraties libérales, ne prélève que l’équivalent d’environ 255 euros. Même avec la hausse proposée, les États-Unis ne seraient pas les plus chers du monde — le Royaume-Uni facture près de 1 709 livres sterling, soit environ 2 200 dollars américains pour la naturalisation. Mais l’écart symbolique est immense : d’autres pays, comme l’Irlande pour les réfugiés ou le Luxembourg, ne facturent rien du tout.

La disparition des exemptions : l’essentiel de l’annonce

Ce qui rend cette proposition particulièrement sévère, ce n’est pas la hausse tarifaire en elle-même — c’est l’élimination totale des dérogations financières. Actuellement, les candidats à la naturalisation peuvent bénéficier d’une exemption totale sur la base de leurs revenus, de leur situation de bénéficiaire de prestations sociales ou de leur situation de détresse financière. Un tarif réduit de 380 dollars existait également pour les personnes dont le revenu ne dépasse pas 400 % du seuil fédéral de pauvreté. Ces deux voies disparaîtraient intégralement selon la proposition.

La seule exemption qui serait maintenue est celle des militaires en service actif et anciens combattants, protégée par la loi. Tout le reste : supprimé. Un résident permanent légal qui vit depuis cinq ans aux États-Unis, paie ses impôts, élève ses enfants ici, mais dont les revenus ne lui permettent pas de débourser 1 330 dollars d’un coup — sera simplement exclu de facto du processus de naturalisation. Pas refusé, pas expulsé. Juste bloqué par un mur financier.


Ce détail des exemptions militaires maintenues est révélateur d’une logique : l’État ne veut pas de citoyens au rabais, sauf s’ils ont versé leur sang pour lui. C’est cohérent dans une certaine vision de la citoyenneté-contrat, mais elle exclut délibérément les pauvres qui contribuent autrement — par leur travail, leurs impôts, leur présence quotidienne.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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