Des « indicateurs » qui décrivent des millions d’Américains
NSPM-7 identifie des « fils conducteurs communs » qui uniraient les activistes violents. Ces indicateurs incluent : l’anti-américanisme, l’anti-capitalisme, l’anti-christianisme ; le soutien au « renversement du gouvernement » ; l’extrémisme sur les questions de migration, de race et de genre ; et « l’hostilité envers ceux qui défendent les valeurs américaines traditionnelles sur la famille, la religion et la morale ». Selon l’ACLU et le Brennan Center, ces catégories décrivent potentiellement des dizaines de millions de citoyens américains — syndicalistes, socialistes, libertariens, pro-immigration, militants LGBTQ+, activistes environnementaux, chrétiens critiques de l’Église évangélique, opposants à la politique d’immigration.
Le mémorandum va encore plus loin dans son absurdité juridique : il classe l’intrusion criminelle — une simple violation de propriété, habituellement un délit mineur — parmi les « actes terroristes à motivation politique ». Le journaliste Ken Klippenstein, qui a largement documenté NSPM-7, a souligné que cette classification permet de transformer n’importe quelle arrestation banale lors d’une manifestation en dossier antiterroriste, avec toutes les conséquences pénales qui en découlent : peines alourdies, surveillance accrue, mise sur liste noire.
L’appareil d’État mobilisé dans son intégralité
Ce qui distingue NSPM-7 des précédentes directives antiterroristes, c’est l’ampleur de la mobilisation qu’il impose. Les Joint Terrorism Task Forces (JTTF) — ces partenariats entre le FBI et les forces de l’ordre locales — reçoivent mandat d’enquêter sur les individus et les organisations, mais aussi sur leurs financeurs, sur les dirigeants et employés d’ONG, sur les citoyens américains ayant des liens avec l’étranger susceptibles de violer la loi FARA sur les agents étrangers. Le Département du Trésor et l’IRS sont mobilisés pour tracer les flux financiers. Les banques sont encouragées à déposer des rapports d’activité suspecte. Une révision rétrospective sur cinq ans de tous les dossiers d’activisme a été ordonnée.
En avril 2026, le budget fédéral a révélé que le FBI avait créé le NSPM-7 Joint Mission Center, regroupant du personnel de dix agences fédérales, avec un budget de 12,5 milliards de dollars. Ce centre est chargé d’identifier et de poursuivre des cibles définies non par leurs actes violents, mais par leurs idées. Sa création représente une institutionnalisation sans précédent de la surveillance idéologique au sein de l’appareil sécuritaire américain.
Là, je dois faire une pause. Douze milliards et demi de dollars. Dix agences fédérales. Tout cela pour surveiller des gens qui postent sur Facebook contre les expulsions de sans-papiers ou qui manifestent devant des bâtiments gouvernementaux. Je suis pro-Occident, sincèrement. Je crois en la démocratie libérale. Mais ce que je lis là ressemble moins à la défense de la démocratie qu’à son démantèlement méthodique, agence par agence, budget par budget.
La dérive sémantique : comment on transforme un mot en arme
Le mot « terrorisme » et ses glissements historiques
Le mot terrorisme a une histoire. Il est né pour désigner des actes de violence organisée visant à créer la terreur dans la population civile à des fins politiques. Attentats à la bombe, assassinats ciblés, prises d’otages — voilà le terrorisme dans son acception originelle et la plus universellement reconnue. La loi PATRIOT Act de 2001, adoptée dans l’urgence post-11-Septembre, a élargi cette définition domestique pour inclure tout acte dangereux pour la vie humaine, violant des lois fédérales ou étatiques, et visant à intimider une population civile ou à influencer la politique gouvernementale par la coercition. Une définition déjà large — mais qui maintenait le critère essentiel du danger pour la vie humaine et de l’intention coercitive.
NSPM-7 franchit une étape supplémentaire en associant à ces critères légaux une liste d’idéologies et de croyances qui n’ont, en elles-mêmes, aucun caractère violent. Être anti-capitaliste n’est pas un crime. Être hostile aux « valeurs traditionnelles américaines » n’est pas un crime. Critiquer la politique d’immigration n’est pas un crime. Mais en les listant comme « indicateurs » du terrorisme domestique, l’administration Trump crée un continuum entre opinion et violence qui n’existe pas en droit, mais existe désormais dans la pratique des agences fédérales.
L’analogie avec le maccarthysme : une comparaison qui s’impose
L’ancien secrétaire au Travail Robert Reich a été parmi les premiers à alerter sur NSPM-7, en octobre 2025, soulignant que son langage accusatoire — « anti-américain », « anti-capitaliste » — est directement emprunté au vocabulaire maccarthyste. McCarthy utilisait ces mêmes termes pour détruire des carrières, poursuivre des innocents, faire régner la peur dans l’espace public américain. La différence ? McCarthy ne disposait pas du FBI, de l’IRS, du DOJ et du DHS agissant de concert dans un Joint Mission Center doté de douze milliards de dollars et chargé de compiler des listes d’organisations suspectes.
Le parallèle est d’autant plus frappant que Miles Taylor, ancien chef de cabinet du DHS, a qualifié NSPM-7 d’« orwellien au-delà du croyable ». Le journaliste Fred Kaplan a estimé que Trump « pose les fondations d’un État policier ». Ces avertissements ne viennent pas de militants d’extrême gauche, mais d’anciens responsables républicains et de commentateurs centristes. Quand le centre politique américain commence à employer le vocabulaire de l’autoritarisme pour décrire son propre gouvernement, c’est que quelque chose de fondamental est en train de se rompre.
Je connais le contre-argument : « Il y a eu de vraie violence. » Oui. L’assassinat de Charlie Kirk était un acte abominable. Les attaques contre des agents ICE sont inacceptables. Aucune société de droit ne peut les tolérer. Mais la réponse à la violence réelle ne peut pas être de redéfinir légalement la critique politique comme terrorisme. Ce raccourci est le premier pas sur une pente qui mène — et l’histoire le prouve — vers la répression systématique de toute opposition.
Les groupes ciblés : un spectre plus large qu'annoncé
Des syndicalistes aux professeurs de fac, en passant par les donateurs
Le Brennan Center for Justice a dressé une liste concrète des groupes potentiellement visés par NSPM-7 sur la base d’une lecture stricte du texte : les organisateurs syndicaux, les socialistes, de nombreux libertariens, ceux qui critiquent le christianisme institutionnel, les groupes pro-immigration, les militants anti-ICE, les activistes pour la justice raciale et les droits des personnes transgenres — et toute personne tenant des propos que l’administration juge « anti-américains ». Ce spectre est extraordinairement large. Il couvre une portion significative du spectre politique américain, bien au-delà de la frange extrémiste qui s’engagerait réellement dans la violence.
Les inculpations du 16 juin 2026 au Minnesota illustrent cette réalité de façon saisissante. Parmi les 15 defendants : Erik Davis, professeur de sciences religieuses à Macalester College. Ses « actes terroristes » ? Assister à des réunions. Publier sur les réseaux sociaux. Former des barrages humains pacifiques devant un bâtiment utilisé par ICE. David Bier, directeur des études d’immigration au libertarien Institut Cato — pas un bastion de la gauche radicale —, n’a trouvé dans les 94 pages de l’acte d’accusation qu’un seul acte de violence documenté contre un agent fédéral. Le reste ? « Une série d’incidents fondamentalement non criminels, avec quelques délits mineurs, pratiquement tous des actes de désobéissance civile non violente. »
Les ONG et les donateurs dans le viseur de l’IRS
NSPM-7 ne se limite pas aux militants dans la rue. Il cible aussi le tissu associatif américain dans son ensemble. L’IRS a reçu ordre d’enquêter sur les organisations à but non lucratif qui financeraient directement ou indirectement la violence politique ou le terrorisme domestique — des termes dont on mesure désormais la définition élastique. Les banques sont invitées à signaler les transactions suspectes. Les hauts fonctionnaires et employés d’ONG peuvent être personnellement visés. Les donateurs — particuliers ou fondations — font partie du champ d’investigation.
En octobre 2025, Reuters révélait que l’administration Trump avait ciblé une liste d’organisations incluant les Fondations Open Society de George Soros, Blue — le bras de financement du Parti démocrate, Indivisible, des organisations juives pro-palestiniennes comme IfNotNow et Jewish Voice for Peace, ainsi que des coalitions pro-immigration. Cette liste illustre parfaitement la nature politique, et non sécuritaire, de l’entreprise : on n’y trouve pas des réseaux de violence armée, mais des composantes ordinaires de la société civile américaine.
Quand j’ai vu que Blue — l’organe de financement du Parti démocrate — figurait sur la liste des organisations suspectées de financer le « terrorisme domestique », j’ai compris que nous n’étions plus dans le registre de la sécurité nationale. Nous étions dans le registre de la lutte politique par d’autres moyens. Et ces moyens-là ont un nom historique : la persécution de l’opposition.
La liberté d'expression sous pression : effets concrets et documentés
Des visites du FBI qui font taire avant même d’inculper
L’effet le plus redoutable de NSPM-7 n’est peut-être pas le nombre d’inculpations — encore relativement limité — mais l’effet dissuasif qu’il produit sur la participation civique ordinaire. En octobre 2025, des agents du FBI ont commencé à se rendre au domicile de personnes ayant participé à des manifestations pacifiques. Un exemple documenté par Raw Story : un citoyen a reçu la visite d’agents qui lui ont dit que son nom avait été mentionné en lien avec une manifestation de juin. Avant de partir, les agents ont précisé que ce n’était peut-être pas leur dernière rencontre. Résultat ? Ce citoyen a renoncé à participer aux manifestations suivantes.
Ken Klippenstein — le journaliste qui a le plus documenté NSPM-7 — a souligné que c’est exactement l’effet recherché : créer une peur diffuse qui amène les citoyens à s’autocensurer avant même qu’une inculpation ne soit nécessaire. La simple menace d’être inscrit sur une liste de surveillance du FBI, avec les conséquences sur l’emploi, le logement, le crédit bancaire et les voyages à l’étranger, suffit à décourager la participation démocratique. C’est un mécanisme de répression économique et sociale qui ne nécessite pas de cellules de prison — du moins dans un premier temps.
La presse et les journalistes dans la ligne de mire
Le contexte de NSPM-7 coïncide avec une pression accrue sur les médias et les journalistes. Le 18 janvier 2026, Don Lemon — ancien présentateur de CNN — a été arrêté après avoir couvert une manifestation contre les opérations ICE dans une église du Minnesota. Des mandats de perquisition ont été requis contre lui et une autre journaliste, Georgia Fort. Un juge fédéral a refusé ces mandats à deux reprises, réprimandant les procureurs pour n’avoir pas satisfait aux critères légaux de base. Le Guardian a documenté cet épisode en mai 2026 comme révélateur d’une stratégie d’intimidation des médias couvrant les manifestations anti-immigration.
Plus tôt, en janvier 2026, le Pentagone avait instauré une politique d’accès aux médias jugée inconstitutionnelle par un tribunal fédéral, qui l’a bloquée après une plainte du New York Times. Ces épisodes ne sont pas isolés. Ils s’inscrivent dans un pattern cohérent avec l’esprit de NSPM-7 : définir le journalisme critique comme une menace potentielle à la « sécurité nationale », et utiliser les outils disponibles pour le décourager. L’espace pour le journalisme indépendant, la dissidence pacifique et la désobéissance civile se rétrécit à mesure que les poursuites s’accumulent.
Je suis chroniqueur. Je commente l’actualité. Si demain un gouvernement francophone appliquait une logique similaire — classer l’anti-capitalisme ou la critique du christianisme institutionnel comme indicateurs de terrorisme —, est-ce que mes textes me rendraient suspect ? La question semble absurde. Mais pour des millions d’Américains, elle ne l’est plus.
L'absence de base légale : une architecture de papier aux dents d'acier
Pas de crime de terrorisme domestique autonome en droit américain
L’un des points les plus saisissants dans l’analyse de NSPM-7 est cette réalité juridique fondamentale : le terrorisme domestique n’est pas un crime autonome en droit américain. La loi PATRIOT Act définit le terrorisme domestique, mais cette définition sert de cadre d’enquête — pas de base pour des poursuites pénales. Il n’existe pas de chef d’inculpation intitulé « terrorisme domestique » dans le code pénal fédéral. Pour poursuivre, les procureurs doivent utiliser des infractions existantes — conspiration, agression d’un agent fédéral, destruction de biens, entrave à l’action des forces de l’ordre.
Ce que fait NSPM-7, dans ce cadre, est particulièrement retors : il utilise le label terroriste comme prétexte d’enquête pour identifier une population cible — définie par ses idées, pas ses actes — puis cherche, parmi cette population, des infractions existantes à poursuivre avec la plus grande sévérité possible. Comme l’a expliqué Ken Klippenstein dans une interview de juin 2026 : « NSPM-7 dit aux fédéraux qui surveiller. Ensuite, on cherche le crime. » C’est l’inversion du principe républicain fondamental selon lequel un crime doit précéder l’enquête, pas l’inverse.
L’Attorney General Bondi amplifie l’arsenal
Le 4 décembre 2025, la procureure générale Pam Bondi a publié un mémorandum opérationnel qui transforme NSPM-7 en doctrine d’action pour tout le DOJ. Ce texte — analysé en détail par le cabinet Arnold & Porter — va encore plus loin : il ordonne une revue rétrospective sur cinq ans de tous les dossiers d’activisme politique, ordonne au FBI de créer et de mettre à jour tous les 30 jours une liste d’organisations terroristes domestiques, crée un système de récompenses en espèces pour les informateurs, et impose à chaque bureau du procureur fédéral de désigner un « coordinateur de district » chargé des dossiers NSPM-7.
Bondi a également élargi la définition opérationnelle du terrorisme domestique pour y inclure le « doxing organisé des forces de l’ordre », les « émeutes de masse », les « efforts violents pour entraver l’application des lois d’immigration ». Chacun de ces termes est suffisamment vague pour englober des actes de désobéissance civile, des publications sur les réseaux sociaux dénonçant des agents ICE, ou des manifestations devant des centres de rétention. Le cabinet Patterson Belknap Webb & Tyler a noté que le mémorandum Bondi cible ceux qui « adhèrent à des opinions extrêmes sur l’immigration, l’idéologie de genre radicale et le sentiment anti-américain » — des positions politiques légitimes, pas des actes criminels.
Un système de récompenses pour dénoncer ses voisins militants. Une liste d’organisations terroristes mise à jour tous les 30 jours. Une revue sur cinq ans de tous les dossiers d’activisme. Je ne suis pas naïf au point de croire que cette infrastructure n’existait pas avant Trump — les abus du FBI contre MLK ou les groupes anti-guerre sont documentés. Mais leur institutionnalisation à cette échelle, avec ces moyens, dans ce contexte politique, représente un saut qualitatif que l’histoire jugera sévèrement.
Les premières inculpations : NSPM-7 en action judiciaire
De Prairieland à Minneapolis : le pattern se confirme
En mars 2026, huit protestataires du centre de détention ICE de Prairieland, au Texas, ont été condamnés pour soutien matériel au terrorisme — la première condamnation pour terrorisme liée à des membres présumés d’Antifa dans l’histoire américaine. Cette victoire judiciaire de l’administration Trump a été présentée comme une validation de l’approche NSPM-7. Puis, en juin 2026, les dossiers se sont multipliés : deux militants du mouvement Stop Cop City à Atlanta inculpés le 12 juin ; une quinzaine d’organisateurs anti-ICE du Minnesota inculpés le 16 juin ; huit activistes pro-Palestine de l’Université du Michigan également liés au cadre NSPM-7.
Ce qui frappe, à la lecture de ces actes d’accusation, c’est leur contenu. Pour les militants du Minnesota, parmi les « actes manifestes » de la conspiration terroriste présumée figurent : assister à des réunions, publier sur Facebook, distribuer des tracts, organiser des revues post-action. Cameron Kennedy est cité pour un post Facebook : « We need to become ungovernable. » Trois mots sur un réseau social. Isaac Auman Sant est poursuivi pour avoir causé « une détresse émotionnelle substantielle » à un agent fédéral. Ces chefs d’inculpation, dans un contexte antiterroriste, font face à des peines pouvant dépasser 20 ans de prison.
La réaction des institutions : des juges qui résistent
Tous les pouvoirs ne se plient pas. Le juge fédéral William Young de Boston — nommé par Ronald Reagan — a qualifié l’administration Trump d’« autoritaire » et a bloqué des mesures ciblant des académiciens étrangers pro-palestiniens, estimant que leurs droits constitutionnels avaient été violés. Le juge de district John Docherty a refusé à deux reprises des mandats de perquisition contre des journalistes, réprimandant les procureurs pour leur négligence à satisfaire les critères légaux de base. Un tribunal fédéral a bloqué la politique de presse du Pentagone. Une cour d’appel a exprimé de vives réserves sur les sanctions contre le sénateur Mark Kelly pour des déclarations publiques critiques de l’administration.
Ces résistances judiciaires sont encourageantes. Elles montrent que le système de freins et contrepoids américain — le checks and balances — n’est pas mort. Mais elles ont leurs limites : elles ne neutralisent pas l’effet dissuasif des enquêtes en cours, des listes de surveillance, des visites du FBI à domicile. Le mal est partiellement fait même quand les inculpations sont rejetées. L’intimidation préventive fonctionne indépendamment du verdict final.
Ces juges qui résistent méritent d’être nommés et salués. Dans une démocratie sous pression, l’indépendance du judiciaire est le dernier rempart. Le fait qu’un juge nommé par Reagan qualifie l’administration Trump d’autoritaire n’est pas anecdotique — c’est un signal politique majeur, venu du cœur du conservatisme américain traditionnel.
La stratégie de l'administration : redéfinir l'ennemi intérieur
Stephen Miller et la doctrine de la « violence en continuum »
Derrière NSPM-7 se trouve Stephen Miller, conseiller senior de la Maison-Blanche et architecte principal de la politique d’immigration et de sécurité intérieure. Selon Reuters, Miller joue un rôle « pratique » dans l’évaluation des enquêtes sur les ONG, reçoit des mises à jour régulières du Joint Terrorism Task Force, et coordonne les recommandations entre le DOJ, l’IRS et le Trésor. C’est Miller qui a articulé publiquement la doctrine selon laquelle les manifestations marquées par des incidents violents constituent un « continuum de violence » représentant une conspiration plus large — une construction rhétorique qui permet d’associer n’importe quel manifestant pacifique à des actes de violence commis par d’autres, potentiellement des années plus tôt ou à des miles de distance.
Cette doctrine du « continuum » est philosophiquement et légalement fragile, mais politiquement efficace. Elle permet de traiter une coalition disparate d’opposants — militants anti-ICE, défenseurs des droits civiques, syndicats, ONG progressistes — comme un réseau unifié et conspirateur, sans avoir à démontrer de liens directs entre ses membres. C’est le même raisonnement qui a permis, lors du maccarthysme, de présenter la gauche américaine comme une cinquième colonne soviétique : suffisamment vague pour être irréfutable, suffisamment précis pour paraître crédible.
La stratégie Gorka et la « contre-stratégie de terrorisme » de mai 2026
En mai 2026, la Maison-Blanche a publié une nouvelle stratégie nationale de contre-terrorisme qui liste les « extrémistes de gauche violents, incluant anarchistes et anti-fascistes » comme menace terroriste majeure, aux côtés des groupes islamistes et des cartels de la drogue. Cette stratégie, dont l’influence du conseiller Sebastian Gorka est évidente, évoque le spectre de l’alliance « Rouge-Verte » entre extrême gauche et islamistes, avertit contre « les assassinats politiques de chrétiens et de conservateurs » attribués à ces groupes, et cible explicitement les organisations pro-palestiniennes.
La construction idéologique est cohérente, même si les faits la contredisent : selon les données du DOJ — dont l’administration a discrètement retiré une étude contradictoire de son site web — les extrémistes de droite sont responsables d’une part bien plus importante de la violence politiquement motivée aux États-Unis que leurs homologues de gauche. Mais la suppression de ces données fait partie de l’entreprise : on ne peut pas mettre en doute la narration si les données qui la contredisent ont été effacées.
Cette suppression de données sur la violence d’extrême droite me trouble autant que le mémorandum lui-même. On peut débattre des politiques. On peut justifier des mesures de sécurité — même sévères. Mais quand un gouvernement supprime les données scientifiques qui contredisent sa narration sécuritaire pour construire une réalité alternative qui justifie ses actions, on a quitté le terrain de la politique pour entrer dans celui de la manipulation de masse.
La réaction de la société civile : l'alerte sonnée à gauche comme à droite
Plus de 3 000 ONG et 30 membres du Congrès
La réaction à NSPM-7 a été rapide et large. Dès le 30 septembre 2025, plus de 3 000 organisations non gouvernementales avaient signé une lettre ouverte s’opposant à la directive. En octobre 2025, plus de 30 membres du Congrès — démocrates et quelques républicains — ont adressé une lettre à Trump soulevant des préoccupations constitutionnelles et de libertés civiques. Le représentant Ro Khanna a qualifié NSPM-7 d’« une des saisies de pouvoir les plus dangereuses » de Trump, ajoutant : « L’objectif est de faire taire les gens et les groupes en menaçant des représailles. »
L’ACLU a publié une analyse juridique détaillée concluant que le mémorandum donne à l’administration la permission de poursuivre des individus et des organisations pour leurs opinions politiques. Human Rights Watch a condamné la directive, son directeur exécutif par intérim Federico Borello déclarant : « L’ordre du président Trump mobilisant les forces fédérales pour enquêter sur les opposants perçus de son administration renverse la réalité. » La National Coalition Against Censorship l’a qualifié de « plan directeur pour permettre aux forces de l’ordre de jeter un large filet au nom du terrorisme, mais il est indéniable qu’il cible des opposants politiques. »
La résistance des États et des gouverneurs
La contre-réaction institutionnelle ne se limite pas au niveau fédéral. L’Attorney General de l’Oregon a déposé une plainte contre Trump, Pete Hegseth et d’autres responsables fédéraux en réponse à la mobilisation de la Garde nationale à Portland sous le prétexte NSPM-7. Des organisations de défense des droits civiques ont élaboré des mesures de protection que gouverneurs et procureurs généraux d’États peuvent adopter pour protéger leurs citoyens, ONG et travailleurs électoraux des investigations NSPM-7. Robert Reich, dans un texte de juin 2026, a appelé les gouverneurs à adopter ces protections, et le Congrès à refuser de financer le NSPM-7 Joint Mission Center — dont le budget de 12,5 milliards de dollars est en cours d’examen.
Plus de 300 % d’augmentation des investigations pour terrorisme domestique, selon le témoignage du directeur du FBI Kash Patel au Congrès. Des milliers de citoyens américains et d’ONG désormais inscrits sur une liste de surveillance secrète liée au Joint Mission Center, selon l’ancienne procureure générale Pam Bondi. Ces chiffres dessinent le contour d’une infrastructure de surveillance de masse dont les contours précis restent partiellement classifiés — ce qui est, en soi, un problème démocratique majeur.
Je ne suis pas partisan. Je n’appartiens à aucun parti et ma loyauté va à l’Occident démocratique, pas à une couleur politique. Mais quand les libertariens du Cato Institute, les anciens républicains comme Miles Taylor, et les ONG de droite comme les coalitions religieuses non évangéliques élèvent la voix contre NSPM-7, cela dit quelque chose d’essentiel : cette dérive n’est pas une question de gauche contre droite. C’est une question de démocratie contre autoritarisme.
Trump comme « mal nécessaire » : les limites d'une défense conditionnelle
Ce que Trump a eu raison de faire
Il faut être intellectuellement honnête. L’administration Trump a raison sur un point fondamental : la violence politique réelle est inacceptable, quelle que soit la cause qui se réclame. L’assassinat de Charlie Kirk — acte abominable — et les attaques contre des agents fédéraux méritent une réponse ferme de l’État de droit. Le doxing organisé de policiers, les attaques au cocktail Molotov contre des véhicules, les agressions physiques d’opposants politiques : ces actes relèvent du domaine criminel et doivent être poursuivis. Une démocratie libérale qui ne se défend pas contre la violence politique se condamne elle-même. Dans cette mesure, la volonté affichée de l’administration de poursuivre énergiquement la violence organisée — de quelque bord qu’elle vienne — est légitime.
Trump a également eu raison de souligner que certaines manifestations ont été instrumentalisées par des éléments radicaux prêts à la violence, et que certains réseaux associatifs ont peut-être facilité, volontairement ou non, des activités illégales. Une démocratie a le droit d’enquêter sur ces réseaux. Elle a le droit d’utiliser ses outils fiscaux et judiciaires pour démanteler le financement d’activités criminelles. Ces principes sont sains. Le problème n’est pas dans l’objectif déclaré de NSPM-7, mais dans les moyens qu’il déploie et l’absence totale de garanties contre les abus.
Ce qui rend NSPM-7 fondamentalement inacceptable
Le problème est que NSPM-7 ne se limite pas à poursuivre la violence. Il étend le label terroriste à des opinions, des croyances et des activités pacifiques. Il cible des individus sur la base de leur idéologie, pas de leurs actes. Il mobilise l’appareil fiscal et sécuritaire de l’État contre des composantes ordinaires de la société civile — syndicats, ONG, partis d’opposition, fondations philanthropiques. Il supprime des données scientifiques qui contredisent sa narration. Il crée un système d’informateurs rémunérés. Il ordonne des revues rétrospectives sur cinq ans. Il le fait sans base légale explicite, sans supervision judiciaire adéquate, et sans mécanisme de contrôle démocratique.
C’est là que Trump cesse d’être un mal nécessaire et devient une menace directe pour les institutions qu’il prétend défendre. Une démocratie qui utilise les outils antiterroristes contre ses propres opposants politiques n’est plus vraiment une démocratie. Elle peut encore en avoir les formes — élections, tribunaux, presse libre — mais sa substance s’est évaporée. L’administration Trump est confrontée à des défis réels : des réseaux qui organisent la violence, des frontières déstabilisées, des adversaires étrangers. Ce sont des problèmes légitimes qui appellent des réponses légitimes. NSPM-7 n’en est pas une.
Je vais être direct : Trump m’exaspère précisément parce qu’il dilue sa crédibilité sur les vrais enjeux sécuritaires en les mêlant à des règlements de comptes idéologiques. Si demain la Chine renforce son influence dans les Amériques, si l’Iran franchit une ligne rouge nucléaire, si la Russie consolide son emprise sur l’Europe de l’Est — l’Occident aura besoin d’une démocratie américaine forte, crédible et unie. NSPM-7 la divise, la fragilise et la décrédibilise aux yeux du monde.
Le précédent pour les démocraties occidentales : un signal d'alarme global
Ce que l’Europe doit retenir de NSPM-7
NSPM-7 ne concerne pas seulement les Américains. Il envoie un signal à l’ensemble du monde démocratique. Si la première démocratie mondiale peut redéfinir légalement l’opposition politique comme terrorisme — même sans base juridique solide, même contre l’avis de ses propres institutions judiciaires — cette logique peut migrer. Elle peut séduire des gouvernements en Europe centrale et orientale qui regardent Washington pour valider leurs propres dérives autoritaires. Elle peut fournir un modèle rhétorique à des régimes semi-démocratiques qui cherchent à museler leur opposition sans la frapper frontalement.
L’Union européenne, qui bataille quotidiennement pour maintenir l’État de droit en Hongrie, en Pologne ou en Slovaquie, se retrouve dans une position plus fragile quand le modèle américain qu’elle est censée promouvoir adopte lui-même des pratiques autoritaires. La crédibilité normative de l’Occident — sa capacité à défendre la démocratie libérale comme modèle universel — est directement affectée par ce qui se passe à Washington. Ce n’est pas une crise américaine. C’est une crise occidentale.
Le risque d’escalade et la spirale répressive
L’histoire des États autoritaires montre que la redéfinition du terrorisme comme outil de contrôle politique ne s’arrête jamais d’elle-même. Une fois qu’une infrastructure est en place — listes de surveillance, informateurs rémunérés, revues rétrospectives de dossiers, joint mission centers interagences —, elle a une logique propre d’expansion. Les cibles s’élargissent. Les critères s’assouplissent. Les opposants d’aujourd’hui préfigurent les prisonniers politiques de demain. Ce n’est pas inévitable : les institutions américaines ont montré une remarquable résilience. Mais la fenêtre pour arrêter cette dérive se referme à chaque nouvelle inculpation, chaque nouveau mémorandum, chaque nouvel élargissement du cadre NSPM-7.
Robert Reich a averti en juin 2026 que le Congrès doit réaffirmer son autorité sur les pouvoirs d’urgence et le déploiement militaire sur le sol américain. Des gouverneurs doivent adopter des mesures de protection pour les citoyens et les ONG. Des avocats spécialisés en libertés civiques préparent des stratégies de défense. Ces contre-pouvoirs existent. Ils sont engagés. Mais ils ne peuvent pas fonctionner dans le silence. Le rôle de la presse libre, des chroniqueurs, des intellectuels, des universitaires — partout en Occident — est de nommer ce qui se passe et de refuser la normalisation de l’inacceptable.
Ce risque d’escalade me hante. Pas parce que je pense que les États-Unis vont devenir une dictature demain matin. Mais parce que la démocratie ne se perd pas en un seul coup. Elle se délite graduellement, confortablement, avec des justifications qui semblent raisonnables une par une. NSPM-7, c’est une étape. Si elle n’est pas contestée avec force et constance, la prochaine étape sera encore plus difficile à arrêter.
La question constitutionnelle : ce que disent les juristes
Un mémorandum sans ancrage légal
Sur le plan purement constitutionnel, NSPM-7 est juridiquement problématique de bout en bout. Le Brennan Center a relevé que le texte ne cite aucun statut ni disposition constitutionnelle pour justifier l’autorité du président d’agir ainsi. Il invoque la définition du terrorisme domestique de la loi PATRIOT Act comme si elle constituait une base légale, alors qu’elle n’autorise que des investigations, pas des désignations d’organisations comme terroristes. Il donne à l’Attorney General le pouvoir de recommander des désignations d’organisations terroristes — un pouvoir entièrement non fondé dans aucun texte de loi.
L’ACLU a souligné que toute tentative de légiférer sur la base d’idéologies — même violentes — se heurte à des obstacles constitutionnels majeurs sous le Premier Amendement. La Cour suprême a historiquement protégé la liberté d’association « pour faire avancer des croyances et des idées », et a imposé des contraintes strictes sur la capacité du gouvernement à punir même les discours préconisant des actions illégales. Le mémorandum amalgame délibérément actes de violence et positions idéologiques protégées — une technique juridiquement contestable mais politiquement efficace à court terme.
Le « material support » étendu au-delà des limites légales
L’une des extensions les plus dangereuses de NSPM-7 concerne le concept de « soutien matériel au terrorisme » — une infraction grave définie par le droit fédéral. Selon le droit existant, le soutien matériel doit être apporté à l’une des infractions fédérales spécifiquement listées dans le code terrorisme. Le mémorandum demande aux agences d’enquêter sur le soutien matériel à « toutes les opérations illégales » — une extension massive du critère légal, sans passage par le Congrès. Cela permettrait, en théorie, de poursuivre quelqu’un pour avoir fourni de l’eau à une manifestation légale si un participant a ensuite commis une infraction mineure. Ce n’est pas une extrapolation théorique : l’ACLU a explicitement cité cet exemple.
La notion de « radicalisation » est également problématique : le mémorandum la liste comme comportement cible, alors que le Brennan Center a souligné qu’elle n’est pas seulement non criminelle — elle n’est même pas illégale sous quelque forme que ce soit en droit américain. Enquêter sur la « radicalisation » revient à enquêter sur la pensée et le discours. C’est la définition même du contrôle politique que le Premier Amendement est censé interdire.
Je ne suis pas juriste. Mais je sais lire. Et quand je lis qu’un mémorandum présidentiel ne cite aucune base légale pour les pouvoirs qu’il s’arroge, qu’il cible la « radicalisation » alors que ce concept n’est pas défini par la loi, et qu’il étend le « soutien matériel au terrorisme » au-delà de ses limites légales, je n’y vois pas une erreur de rédaction. J’y vois une décision délibérée de construire une architecture répressive en espérant que personne ne la contestera avant qu’elle ne soit trop profondément ancrée.
L'arsenal de surveillance : liste noire, watchlist et banques de données
Les effets concrets d’une inscription sur liste de surveillance
Être placé sur une liste de surveillance fédérale dans le cadre de NSPM-7 n’est pas qu’une sanction symbolique. Les conséquences sont immédiates et pratiques. Selon le Brennan Center, les personnes ciblées font face à des interrogatoires et fouilles invasives à chaque voyage, à des arrêts préventifs par les forces de l’ordre, à des obstacles dans l’accès aux services bancaires et financiers, à la perte possible d’un emploi ou d’un logement si l’enquête devient publique. Et la liste du FBI sur le terrorisme domestique — qui comptait environ 5 000 citoyens américains en septembre 2025 — est en croissance active depuis le déploiement de NSPM-7.
En mars 2026, le FBI et l’IRS ont formé un groupe de travail commun pour enquêter sur les organisations à but non lucratif suspectées de liens avec le terrorisme domestique. En avril 2026, des emails du FBI obtenus par Zeteo montraient le Bureau en train de former les forces de l’ordre étatiques et locales aux dispositions de NSPM-7 — multipliant ainsi le nombre d’agents susceptibles d’ouvrir des enquêtes. Chaque strate de cette architecture — watchlists, formations, revues rétrospectives, informateurs rémunérés, bases de données partagées — renforce et élargit le dispositif initial.
Les réseaux sociaux comme vecteur de surveillance
Le budget 2027 de l’administration, obtenu et analysé par Ken Klippenstein en avril 2026, décrit les réseaux sociaux et les communications chiffrées comme des outils utilisés par les « terroristes domestiques » pour recruter et planifier. Cette description place dans le viseur de NSPM-7 non seulement les activités sur les réseaux sociaux, mais potentiellement les outils de messagerie privée utilisés par des millions d’Américains ordinaires. La référence explicite aux communications chiffrées comme vecteur terroriste constitue un signal préoccupant quant aux ambitions de surveillance de l’administration.
Combinée au système de récompenses pour informateurs — qui encourage les proches, les collègues et les voisins à signaler des activités suspectes — cette surveillance du numérique peut créer un environnement de méfiance généralisée au sein des communautés militantes et au-delà. Le représentant Ro Khanna a décrit NSPM-7 comme « l’une des saisies de pouvoir les plus dangereuses » de Trump précisément parce qu’elle ne se contente pas de punir des actes : elle vise à préempter la pensée dissonante avant qu’elle ne devienne action.
On peut survivre à un gouvernement autoritaire. L’histoire en regorge. Ce qu’on ne peut pas facilement reconstruire après coup, c’est la confiance sociale — entre voisins, entre collègues, entre militants — que détruit un système d’informateurs rémunérés. La confiance, une fois brisée par la peur de la dénonciation, prend des générations à se reconstituer. C’est pour cela que cette dimension de NSPM-7 me semble, à terme, la plus destructrice de toutes.
Conclusion : Nommer la dérive pour mieux la combattre
Ce que l’histoire retiendra de NSPM-7
L’histoire des démocraties confrontées à la tentation autoritaire connaît ce moment : celui où un gouvernement, fort d’une majorité électorale, d’une crise sécuritaire réelle ou construite, et d’un appétit pour le contrôle, franchit la ligne entre légitime défense et répression politique. NSPM-7 représente ce moment pour les États-Unis en 2025–2026. Ses effets sont déjà documentés : des militants, des professeurs, des syndicalistes, des journalistes inculpés ou intimidés non pour des actes de violence, mais pour leurs idées, leur présence à des manifestations, leurs publications en ligne. Des ONG sous surveillance fiscale. Des données scientifiques supprimées. Une infrastructure de surveillance interagences dotée de milliards de dollars.
Défendre l’Occident, c’est défendre ses valeurs fondamentales — la liberté d’expression, le droit d’opposition, la présomption d’innocence, l’indépendance judiciaire. Ce n’est pas défendre un gouvernement particulier, ni une administration particulière, ni un président particulier. Quand l’Occident cesse d’être fidèle à ses propres principes, il perd la légitimité morale qui fonde son rôle dans le monde. NSPM-7 n’est pas qu’une menace pour les Américains. C’est une menace pour le modèle occidental lui-même.
Ce que nous pouvons et devons faire
La résistance est possible et elle est en cours. Les tribunaux américains ont bloqué plusieurs mesures de l’administration. Des juges nommés par des présidents républicains ont qualifié ses actions d’inconstitutionnelles. Des organisations de libertés civiques — ACLU, Brennan Center, Human Rights Watch — documentent, plaident, et gagnent des batailles juridiques. Des gouverneurs et des procureurs généraux d’États préparent des boucliers légaux. Le Congrès peut refuser de financer le NSPM-7 Joint Mission Center. Tout cela compte.
Mais la résistance institutionnelle ne suffit pas sans la résistance civique : refuser la normalisation, nommer l’inacceptable, maintenir vivante la mémoire de ce que la démocratie libérale exige de ses institutions. Les chroniqueurs, les journalistes, les intellectuels, les citoyens ordinaires ont un rôle irremplaçable dans ce processus. Pas en excusant la violence politique — jamais. Mais en refusant que la lutte contre la violence serve de prétexte à la destruction des libertés fondamentales. C’est cette ligne que NSPM-7 a franchie. Et c’est cette ligne qu’il faut défendre.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Sources
Sources primaires
Trump’s war on the left: Inside the plan to investigate liberal groups — Reuters, 9 octobre 2025
Sources secondaires
NSPM-7 — Wikipedia, analyse encyclopédique et chronologie complète, mise à jour 2026
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