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FACTCHECK : Tarifs annulés — 65 milliards de remboursements encore dus aux importateurs
Crédit: Adobe Stock

L’IEEPA n’est pas une arme tarifaire — la Cour l’a dit clairement

La décision du 20 février 2026 dans Learning Resources, Inc. et al. v. Trump (consolidée avec Trump v. V.O.S. Selections, Inc.) a posé un principe fondamental : l’IEEPA permet au président de réglementer les importations en cas d’urgence nationale, mais elle ne lui confère pas le pouvoir de fixer des tarifs. Le Juge en chef John Roberts, auteur de l’opinion majoritaire, a formulé l’idée avec une économie de mots digne des grandes décisions constitutionnelles. L’argument de la Maison-Blanche — selon lequel imposer des tarifs relevait d’une urgence nationale justifiée — a été balayé.

Le juge Brett Kavanaugh, dans sa dissidence, a pourtant averti que la décision laissait une « pagaille » considérable quant au mécanisme de remboursement. Il n’avait pas tort. L’arrêt a invalidé tous les programmes tarifaires basés sur l’IEEPA : les droits réciproques appliqués à presque tous les pays, les tarifs spécifiques par nation, les droits anti-fentanyl imposés à la Chine, au Canada et au Mexique. Les Section 232, Section 301, et les droits antidumping restent, eux, en vigueur — mais l’essentiel de la politique commerciale agressive de l’ère Trump 2.0 s’est effondré en un jour.

Ce que l’arrêt invalide — et ce qu’il ne touche pas

La précision s’impose : la Cour suprême n’a pas invalidé toutes les politiques commerciales de Trump. Elle a limité son verdict à la seule loi IEEPA comme fondement de tarifs. Les droits fondés sur la Section 232 de la loi sur l’expansion du commerce de 1962 — qui couvrent les importations d’acier, d’aluminium et de cuivre pour des raisons de sécurité nationale — restent intacts. De même pour les droits Section 301 ciblant les pratiques commerciales déloyales de la Chine. Ces distinctions sont cruciales pour les importateurs : seule la couche IEEPA est remboursable, pas les autres droits qui se superposaient parfois aux mêmes entrées.

En pratique, cela signifie que la base de calcul des remboursements est plus complexe qu’il n’y paraît. Un importateur qui payait des droits IEEPA en plus de droits Section 301 sur des marchandises chinoises ne sera remboursé que pour la composante IEEPA. C’est une nuance que beaucoup d’entreprises découvrent au moment de déposer leurs dossiers dans le système CAPE — et qui réduit, parfois significativement, le montant effectivement récupérable par chaque importateur individuel.


Ce que Kavanaugh a pressenti — et que nous vivons maintenant — c’est que les grandes victoires juridiques ne se transforment pas automatiquement en argent dans les poches. L’arrêt était clair. La « pagaille » de l’application, elle, est intentionnelle. Il y a une différence entre un tribunal qui dit la loi et un exécutif qui décide de l’appliquer à son rythme. Je ne suis pas naïf : aucun gouvernement — quel qu’il soit — ne rend facilement 166 milliards de dollars. Mais il y a une limite éthique entre la complexité administrative et le sabotage délibéré.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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