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REPORTAGE : La base de données SAVE bloquée — quand un juge fédéral dit non au fichage des électeurs
Crédit: Adobe Stock

Un ordre présidentiel au périmètre très élargi

Tout remonte au décret exécutif du 25 mars 2025, signé par le président Donald Trump. Ce texte ordonnait au Département de la Sécurité intérieure (DHS) de revoir entièrement le système SAVE afin de permettre aux responsables étatiques et locaux de vérifier le statut de citoyenneté ou d’immigration des électeurs inscrits. L’objectif affiché : garantir que seuls des citoyens américains figurent sur les listes électorales. L’objectif réel, selon les organisations plaignantes et finalement selon le tribunal, était tout autre : construire un mécanisme fédéral de purge massive des listes électorales.

Un second décret, daté du 31 mars, allait encore plus loin, ordonnant au DHS d’utiliser SAVE et d’autres données fédérales pour compiler une liste des électeurs-citoyens américains, État par État. Ce second décret a immédiatement rencontré des obstacles judiciaires, plusieurs juges fédéraux ayant déjà suspendu certaines de ses dispositions. Le 22 juin 2026, c’est le cœur du dispositif — la version remaniée de SAVE — qui s’est vu condamné par la juge Sooknanan dans sa totalité.

Le DHS et la SSA : complices d’une fusion illégale de données

Pour mettre en œuvre le décret, le DHS et la Social Security Administration (SSA) ont fusionné leurs bases de données sans respecter les procédures légales obligatoires. La loi sur la protection de la vie privée de 1974 (Privacy Act) impose que toute modification substantielle d’un système d’enregistrement public fasse l’objet d’un avis officiel. Ces avis n’ont pas été publiés dans les délais requis, ou ont été publiés de façon superficielle. La juge Sooknanan a conclu que les agences fédérales « se sont précipitées pour se conformer à un décret exécutif conçu pour remodeler les élections fédérales », en incorporant négligemment des données de citoyenneté qu’elles reconnaissaient elles-mêmes comme peu fiables.

Les mémorandums internes du DHS, qui ont émergé lors de la procédure, avertissaient explicitement que les citoyens naturalisés seraient particulièrement exposés à des erreurs de classification — ces personnes étant plus susceptibles d’apparaître dans les bases de données d’immigration sans que leur citoyenneté subséquente soit correctement reflétée. L’administration avait donc connaissance des risques. Elle a choisi de passer outre. La juge n’a pas manqué de le souligner.


Il y a quelque chose de profondément cynique dans le fait de construire un système que vos propres experts internes signalent comme défectueux, puis de le déployer quand même sur 67 millions d’électeurs. Ce n’est pas de l’incompétence — c’est un calcul politique. Et ce calcul mérite d’être nommé pour ce qu’il est.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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