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ANALYSE : La Chine, bouée de Poutine — comment Moscou a vendu son âme à Pékin pour survivre aux sanctions
Crédit: Adobe Stock

La sanction qui a tout changé

Avant le 24 février 2022, la Russie entretenait une relation économique équilibrée avec l’Occident. L’Europe achetait son gaz, ses hydrocarbures représentaient une manne en devises fortes — dollar, euro —, et Moscou disposait d’une réserve de change de plus de 640 milliards de dollars, dont la majeure partie était libellée dans ces mêmes monnaies occidentales. En une nuit, les sanctions ont figé plus de 340 milliards de dollars de réserves. L’accès au dollar et à l’euro s’est évaporé. Le système SWIFT a fermé ses portes à la quasi-totalité du système bancaire russe. Moscou s’est retrouvée avec une monnaie que personne ne voulait et des ressources naturelles que tout le monde voulait, mais que personne ne pouvait acheter normalement.

Dans ce vide, la Chine est entrée. Pas comme sauveur altruiste, mais comme opportuniste calculateur. Pékin a offert à Moscou l’unique issue viable : les yuan. Le système de paiement interbancaire transfrontalier chinois — le CIPS — est devenu le substitut de SWIFT pour la Russie. Les échanges en roubles et yuans ont explosé : selon les données de la Commission de révision économique et de sécurité États-Unis-Chine (USCC), le volume du ruble-yuan a été multiplié par quatre-vingts entre février et octobre 2022. La révolution monétaire était enclenchée, non par volonté politique mûrement réfléchie, mais par nécessité absolue.

La reconversion forcée d’une économie entière

Le basculement vers le yuan ne s’est pas limité au commerce bilatéral. Il a restructuré l’ensemble de l’économie russe. La part des devises dites « inamicales » — dollar, euro, yen, livre sterling — dans les exportations russes est tombée de 86,9 % en janvier 2022 à seulement 18,4 % en décembre 2024. Parallèlement, la part du yuan dans les transactions boursières de la Bourse de Moscou (MOEX) est passée de 0,4 % à 57,3 % sur la même période. Après les sanctions américaines contre la MOEX en juin 2024, le yuan a frôlé 99 % des transactions sur cette bourse. Ces chiffres sont vertigineux — et ils racontent une vérité que Moscou préfère habiller en récit triomphant de « dédollarisation souveraine ».

La réalité, documentée notamment par le témoignage de l’économiste Elina Ribakova devant l’USCC en février 2025, est plus prosaïque : la Russie n’a pas choisi le yuan parce qu’il était meilleur. Elle l’a choisi parce qu’il était le seul disponible. Le rouble et les autres devises de pays « amis » restent peu liquides et peu convertibles. Le yuan, émis par un pays non sanctionnant, relativement stable et cherchant à s’internationaliser, était la seule option à l’échelle du commerce russo-chinois.


Ce que Poutine appelle « construction d’un système alternatif » est en réalité une capitulation monétaire déguisée en fierté nationale. Il a bradé la souveraineté financière de la Russie pour financer une guerre qu’il ne peut pas gagner. Et maintenant, c’est Pékin qui tient les clés du coffre.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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