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CHRONIQUE : 228-193 — la nuit où le Capitole a basculé presque sans un républicain
Crédit: Adobe Stock

L’affaire ukrainienne au cœur de l’accusation

Pour comprendre ce vote, il faut revenir aux faits qui l’ont rendu possible. À l’été 2019, le président Trump retenait une aide militaire cruciale à l’Ukraine, une démocratie en guerre contre l’agression russe, tout en demandant à son homologue Volodymyr Zelensky d’annoncer publiquement une enquête sur l’adversaire politique démocrate Joe Biden et son fils Hunter. L’aide — quelque 391 millions de dollars approuvés par le Congrès — était instrumentalisée à des fins personnelles et électorales. C’était là le premier article d’impeachment : abus de pouvoir.

Le second article — obstruction au Congrès — découlait du refus systématique de la Maison Blanche de coopérer avec l’enquête parlementaire : documents refusés, témoins interdits de comparaître, directives exécutives invoquées pour bloquer la moindre transparence. C’est dans ce cadre que les sept managers de la mise en accusation nommés par Pelosi — dont le chef de file, le représentant californien Adam Schiff, président de la commission du renseignement — allaient devoir construire leur démonstration devant le Sénat contrôlé par les républicains.

La signification de l’aide à l’Ukraine dans ce vote

Il y a une ironie cruelle dans cette histoire. Trump avait retenu de l’aide militaire à Kyiv pour servir ses intérêts politiques. C’est pour cela qu’il était jugé. Et c’est cette même Ukraine, quatre ans plus tard, qui allait encore occuper le centre du débat américain, dans une guerre à grande échelle déclenchée par la Russie en 2022. Le fil qui relie l’affaire ukrainienne de 2019 à l’invasion russe de 2022 est direct. Trump affaiblissait les défenses de Kyiv pour un coup de téléphone politique. Poutine en prit bonne note.

En ce 15 janvier 2020, pendant que la Chambre votait, Trump signait un accord commercial préliminaire avec la Chine, phase one de la guerre commerciale sino-américaine. Il accueillait des législateurs républicains à la Maison-Blanche, leur demandant expressément de partir tôt pour aller voter contre les articles d’impeachment. «Je préfère que vous votiez plutôt que de rester ici à m’écouter,» dit-il selon les reportages de l’époque. L’absurdité de la scène avait quelque chose de presque comique, si la situation n’avait pas été si grave.


L’Ukraine en arrière-plan de tout ça — j’y reviens souvent. Zelensky était un président tout juste élu, à peine rodé, que Trump appelait à trahir sa propre intégrité démocratique. Il a refusé de plier. Et des années plus tard, c’est lui qui tient tête à Poutine. Il y a quelque chose de profondément juste dans cette trajectoire.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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