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COMMENTAIRE : Gorsuch et la doctrine des questions majeures — la droite qui freine Trump
Crédit: Adobe Stock

Des racines anciennes, une formulation récente

La doctrine des questions majeures n’est pas une invention récente, mais sa formalisation comme doctrine autonome et robuste est relativement jeune. Pendant des décennies, les tribunaux américains avaient appliqué le principe de manière implicite : si le Congrès n’a pas explicitement autorisé une action d’envergure, on présume qu’il ne l’a pas voulu. La Cour suprême a commencé à la systématiser dans les années 2000, notamment dans des arrêts impliquant des agences fédérales, mais c’est dans la décision West Virginia v. EPA de juin 2022 qu’elle a reçu sa formulation la plus claire. La Cour, sous la plume de Roberts, a alors annulé le plan de l’Agence de protection de l’environnement visant à restructurer le réseau électrique américain pour réduire les émissions de carbone, faute d’autorisation congressionnelle suffisamment explicite.

Le raisonnement de Roberts était limpide dans son principe : le Congrès ne peut pas déléguer de manière implicite un pouvoir de transformation massive de l’économie à une agence exécutive. Cette décision a été célébrée par la droite comme un triomphe de la séparation des pouvoirs contre ce qu’elle appelait la bureaucratie non élue. Elle était, selon ses partisans, une réaffirmation de la souveraineté du législateur face à l’hypertrophie de l’État administratif. Mais dès l’origine, des voix critiques ont fait valoir que la doctrine était moins un principe neutre qu’un outil politique — appliqué de manière sélective pour bloquer les initiatives progressistes tout en épargnant les mesures conservatrices.

Une arme contre Biden, systématiquement

La critique a trouvé sa substance dans les années qui ont suivi. Entre 2021 et 2023, la Cour conservatrice a utilisé la doctrine des questions majeures pour bloquer, l’une après l’autre, les grandes initiatives réglementaires de l’administration Biden. En janvier 2022, la Cour a suspendu le mandat vaccinal de l’OSHA pour les entreprises de plus de 100 employés, estimant que l’agence n’avait pas le pouvoir de décider d’une mesure affectant 84 millions d’Américains sans autorisation claire du Congrès. Les justices Thomas, Alito et Kavanaugh ont voté avec la majorité. En juin 2023, dans Biden v. Nebraska, la Cour a annulé le plan Biden d’annulation des prêts étudiants fédéraux — un programme estimé à 430 milliards de dollars —, jugeant que la loi HEROES Act ne contenait pas d’autorisation « suffisamment claire » pour une telle mesure. Là encore, Roberts rédigeait la majorité, et Thomas, Alito et Kavanaugh votaient avec lui.

Amy Coney Barrett, dans une opinion concurrente, avait pris soin de défendre la doctrine contre l’accusation de partialité idéologique, la présentant non comme un canon de fond mais comme un outil ordinaire d’interprétation textuelle — une manière de déchiffrer le sens le plus naturel d’une loi dans son contexte constitutionnel. Sa plaidoirie était sophistiquée. Mais le résultat pratique était clair : dans chaque cas impliquant Biden, la doctrine avait été appliquée. À chaque fois, les grandes politiques du président démocrate avaient été invalidées. La droite jubilait. Elle n’imaginait pas que la même doctrine allait bientôt se retourner contre elle.


Il y a quelque chose d’intellectuellement honnête, même douloureux, dans ce que Gorsuch et Roberts ont fait en 2026. Ils auraient pu trouver une exception commode. Ils ne l’ont pas fait. Et pour ça, aussi paradoxal que ce soit, ils méritent une forme de respect que je ne leur accordais pas facilement avant ce jour.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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