Skip to content
COMMENTAIRE : Trump menace la France de 100 % de droits sur ses vins — une absurdité atlantique
Crédit: Adobe Stock

Le marché américain : colonne vertébrale des exportations françaises

Comprenons d’abord l’ampleur des dégâts potentiels. Les États-Unis sont, de très loin, le premier marché d’exportation pour les vins et spiritueux français. Selon la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux (FEVS), le marché américain représentait 21 % du volume global des exportations françaises l’an dernier. En valeur, la France a exporté vers les États-Unis pour 2,9 milliards d’euros de vins et spiritueux entre mai 2025 et avril 2026, selon les données des douanes françaises. C’est 18 % du total des exportations — ce qui en fait le premier marché mondial, devant le Royaume-Uni à 11 % et l’Allemagne à 6 %.

Le champagne et le cognac représentent à eux seuls 40 % de la valeur exportée, soit environ 600 millions d’euros chacun. Les rouges de Bordeaux suivent avec 220 millions d’euros, puis les blancs de Bourgogne à 170 millions d’euros. Ces chiffres ne sont pas des abstractions comptables — ils représentent des dizaines de milliers d’emplois dans les vignobles de Champagne, du Bordelais, du Val de Loire et du Beaujolais.

Des régions entières à la merci d’un tweet présidentiel

Certaines régions viticoles françaises dépendent du marché américain de façon structurelle. Les producteurs de blancs du Val de Loire expédient 45 % de leurs exportations vers les États-Unis. Le Beaujolais envoie 30 % de sa production outre-Atlantique. Pour ces vignerons, une taxe à 100 % ne serait pas un désagrément comptable — ce serait une catastrophe existentielle. Un tarif doublant instantanément le prix d’une bouteille sur le marché américain n’est pas simplement pénalisant : c’est éliminatoire.

Gabriel Picard, président de la FEVS, a exprimé son alarme avec une retenue tout à fait française : « Cette nouvelle menace est une mauvaise nouvelle pour notre secteur hautement exportateur. » Il a appelé à préserver « une relation commerciale équilibrée et constructive entre la France et les États-Unis, dans l’intérêt des deux économies. » Des mots mesurés qui dissimulent mal une angoisse réelle. Et Gérard Bertrand, le vigneron-rugbyman, n’est pas plus rassurant : il estime que « cette crise ne fait que commencer » et qu’elle durera trois à cinq ans.


Ce qui me révolte dans cette histoire, c’est l’injustice structurelle du dispositif. Les vignerons du Beaujolais ou du Val de Loire n’ont strictement rien à voir avec la taxe numérique française. Ils ne dirigent pas Google, ne décident pas de la politique fiscale de Paris, et n’ont aucune prise sur les négociations OCDE relatives à la fiscalité internationale. Pourtant, ce sont eux qui écopent. Trump ne peut pas atteindre le Code général des impôts français — alors il vise les caves à vin. C’est le principe même de la prise d’otage commerciale, et il est moralement insupportable.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu