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DÉCRYPTAGE : La Section 122 expire le 24 juillet — la falaise tarifaire qui menace Trump
Crédit: Adobe Stock

Le château de cartes IEEPA

Pour saisir l’ampleur de la crise du 24 juillet, il faut comprendre l’échafaudage tarifaire qui l’a précédée. Pendant tout l’année 2025 et le début de 2026, Donald Trump avait construit son empire douanier sur l’IEEPA, une loi sur les pouvoirs d’urgence économique conçue pour les crises nationales graves, pas pour les guerres commerciales globales. Des tarifs allant jusqu’à 145% sur les biens chinois, des droits de douane « réciproques » sur des dizaines de pays, une logique de représailles permanentes — tout reposait sur ce texte. La Cour suprême a renversé cette construction le 20 février 2026, statuant que l’IEEPA ne conférait pas au président le pouvoir d’imposer des tarifs sur les importations en termes généraux. Résultat : des dizaines de milliards de dollars de recettes douanières se retrouvaient subitement sur la sellette.

La décision de la Cour suprême, rendue à six voix contre trois, n’était pas seulement une gifle juridique. Elle représentait un désaveu fondamental de la théorie exécutiviste que Trump et ses conseillers avaient embrassée : l’idée que le président peut, en invoquant une « urgence économique », réécrire à lui seul les règles du commerce international. Les marchés, qui avaient brièvement célébré la décision, ont vite déchanté lorsque Trump a dégainé la Section 122 en quelques heures — transformant une victoire judiciaire en simple pause avant la prochaine confrontation.

La Section 122 : un outil de la Guerre froide recycled en urgence

La Section 122 a été adoptée en 1974, dans un contexte très différent de celui de 2026. Elle visait à donner au président un outil de réponse rapide aux crises de balance des paiements — ces déséquilibres macroéconomiques graves où un pays importe massivement plus qu’il n’exporte, fragilisant sa monnaie et son économie. L’utilisation que Trump en fait est d’une tout autre nature : il s’agit de maintenir à flot un régime tarifaire global et non discriminatoire, sur la quasi-totalité des importations américaines, au nom d’un déficit commercial structurel que les économistes mainstream ne qualifient pas de « crise de balance des paiements » au sens traditionnel du terme. Plusieurs juristes et économistes estiment que cet usage détourné est lui-même contestable devant les tribunaux.

C’est d’ailleurs ce qu’a tranché le Tribunal du Commerce International (CIT) le 7 mai 2026, dans une décision divisée à deux voix contre une : la surtaxe Section 122 telle qu’elle est appliquée excède l’autorité statutaire du président. La portée de cette décision est cependant limitée — elle ne s’applique qu’aux trois plaignants qui avaient qualité pour agir (l’État de Washington, Burlap and Barrel Inc. et Basic Fun Inc.). Pour tous les autres importateurs, la surtaxe continue d’être collectée. Le gouvernement a fait appel, et la Cour d’appel du Circuit fédéral (CAFC) a accordé un sursis administratif le 12 mai 2026, puis un sursis formel le 11 juin 2026, estimant que le gouvernement était « susceptible de l’emporter sur le fond ».


Ce qui me frappe dans cette séquence, c’est le cynisme de la méthode : chaque fois qu’un tribunal bloque un outil tarifaire, l’administration Trump en ressort un autre, plus vieux, plus poussiéreux, moins testé — et repart à l’attaque. C’est une stratégie de l’usure juridique permanente, et les marchés, les entreprises, les alliés occidentaux en payent le prix quotidiennement. Ce n’est pas de la politique commerciale — c’est de la gestion par le chaos.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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