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DÉCRYPTAGE : Les 70 milliards de l’ICE — la machine d’expulsion de Trump financée jusqu’en 2029
Crédit: Adobe Stock

La répartition exacte du Secure America Act

Le Secure America Act n’est pas un document complexe — c’est, comme l’ont rapporté plusieurs correspondants à Washington, une loi d’une douzaine de pages à peine, sans les garde-fous et directives habituellement exigés dans les législations fédérales. La répartition est la suivante : 38 milliards de dollars pour l’ICE, 26 milliards pour la CBP (garde-frontières), et un fonds discrétionnaire de 5 milliards contrôlé directement par le secrétaire du DHS, Markwayne Mullin. Ces fonds sont disponibles jusqu’au 30 septembre 2029 sans restriction stricte sur la vitesse d’utilisation — contrairement aux budgets annuels ordinaires, il n’y a pas de règle imposant de dépenser les crédits dans un seul exercice fiscal.

Au sein des 38 milliards destinés à l’ICE, plus de 31 milliards sont affectés aux opérations intérieures : personnel d’application des lois sur l’immigration, coopération avec les forces de l’ordre locales via les très controversés accords 287(g), avocats gouvernementaux pour plaider les dossiers d’expulsion, coûts de transport pour les rapatriements, améliorations technologiques, maintenance des installations et des véhicules. Le reste finance ce que le texte appelle pudiquement les «dépenses nécessaires à la mission» dans les juridictions qui ne coopèrent pas activement avec l’ICE — une enveloppe d’au moins 350 millions de dollars spécifiquement ciblée contre les villes sanctuaires.

L’ampleur historique du financement cumulé

Pour mesurer l’ampleur du bouleversement, il faut rappeler les chiffres historiques. Le budget de l’ICE pour l’exercice fiscal 2024 était de 9,9 milliards de dollars. En un an et demi de second mandat Trump, ce budget a été multiplié par presque trois sur une base annualisée — voire davantage si l’on tient compte de la possibilité de dépenser les crédits pluriannuels rapidement. Selon la Brennan Center for Justice, l’enveloppe annuelle effective dont dispose désormais l’ICE dépasse 28 milliards de dollars, ce qui en fait l’agence fédérale d’application des lois la mieux financée des États-Unis — dépassant le FBI, la DEA, le Secret Service et l’ensemble des autres agences fédérales de sécurité réunies. Le Congrès a également alloué 22 milliards de dollars supplémentaires à la CBP via le Secure America Act, portant l’enveloppe totale de la garde-frontières à des niveaux inédits.


Ce qui me frappe dans ces chiffres, c’est moins leur taille que leur logique. On ne dépense pas 240 milliards de dollars en quatre ans pour «sécuriser» une frontière. On le fait pour bâtir une infrastructure permanente d’État répressif — des bâtiments, des avions, des contrats à long terme, des bases de données biométriques — qui survivra à Trump lui-même. C’est ça, la vraie nature de cet investissement.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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