Comment Trump a renvoyé une commissaire de la FTC par simple email
En mars 2025, peu après son retour au pouvoir, Donald Trump a adressé un email à Rebecca Kelly Slaughter, commissaire démocrate de la Federal Trade Commission — une femme qu’il avait lui-même nommée lors de son premier mandat. Le message était laconique : sa présence au sein de la commission était « incompatible » avec les priorités de l’administration. Aucun motif de faute. Aucune allégation de négligence. Une simple déclaration d’incompatibilité idéologique. C’est tout. C’est suffisant, plaide l’administration Trump.
Or, la loi fédérale encadrant la FTC depuis sa création en 1914 est explicite : un commissaire ne peut être révoqué par le président qu’en cas « d’inefficacité, de négligence dans ses fonctions ou de malversation ». Trump n’a invoqué aucune de ces conditions. Les tribunaux inférieurs ont donné raison à Slaughter en s’appuyant sur le précédent Humphrey’s Executor v. United States de 1935. Mais la Cour suprême, via son « shadow docket » — ses ordonnances d’urgence rendues sans audience contradictoire complète — a immédiatement suspendu ces décisions favorables à Slaughter, lui interdisant de facto de reprendre son poste le temps que la procédure aille à son terme.
Humphrey’s Executor, un pilier constitutionnel de 91 ans
La décision Humphrey’s Executor v. United States est, selon l’expression du professeur Michael Dreeben sur LawFare Media, « la pierre angulaire des agences indépendantes et de l’État administratif ». Elle fut rendue en 1935, lorsque Franklin D. Roosevelt avait tenté de renvoyer William E. Humphrey, un commissaire de la FTC nommé par son prédécesseur républicain, uniquement pour des raisons politiques. La Cour suprême avait été unanime : le Congrès avait le droit constitutionnel de protéger certains fonctionnaires exerçant des fonctions « quasi-législatives et quasi-judiciaires » contre les caprices politiques de la Maison-Blanche. Pendant neuf décennies, cette décision a constitué le fondement juridique de la régulation indépendante aux États-Unis.
Aujourd’hui, selon de multiples analystes juridiques, la majorité conservatrice de la Cour suprême semble déterminée à défaire cet édifice. Lors des plaidoiries en décembre 2025, le juge en chef John Roberts a déclaré que Humphrey’s Executor n’était plus qu' »une carcasse desséchée » de ce qu’il représentait autrefois. Cette formule n’était pas un commentaire anodin : elle présageait un arrêt potentiellement dévastateur pour l’indépendance réglementaire américaine. Selon Octagon AI, les marchés de prédiction accordaient une probabilité de 91 % à une victoire de Trump dans cette affaire.
Roberts qui qualifie Humphrey’s Executor de « carcasse desséchée » — voilà une formule qui dit tout sur l’état d’esprit d’une majorité judiciaire décidée à aller dans un sens précis. Je ne juge pas Roberts sur sa compétence juridique, qui est indiscutable. Je questionne le choix politique d’éroder un garde-fou institutionnel vieux de neuf décennies à l’instant précis où un président imprévisible et autoritaire occupe le Bureau ovale. Le calendrier est, au minimum, troublant.
La théorie de l'exécutif unitaire : quand une idée des années Reagan devient arme présidentielle
Des jeunes juristes reaganiens aux bancs de la Cour suprême
La théorie de l’exécutif unitaire n’est pas née avec Trump. Elle a été forgée dans les couloirs du Département de justice de Reagan dans les années 1980, par une génération de jeunes juristes ambitieux — parmi eux, un certain John Roberts alors dans sa vingtaine — qui cherchaient des outils pour contrer des décennies de domination démocrate au Congrès et dans les agences fédérales. L’idée centrale est aussi simple que radicale : puisque la Constitution « investit le pouvoir exécutif » dans le président via l’Article II, il détient le contrôle absolu sur l’ensemble de l’exécutif, y compris le droit de révoquer tout fonctionnaire à sa discrétion.
Le juge Antonin Scalia, dans son célèbre plaidoyer minoritaire dans l’affaire Morrison v. Olson en 1988, avait posé les bases de cet argument : la Constitution accorde au président « l’intégralité du pouvoir exécutif », pas « une partie du pouvoir exécutif ». Selon Reason Magazine, ce plaidoyer solitaire de 1988 « n’a fait que grandir en stature et en influence dans la droite juridique » au fil des années, et le mémoire de l’administration Trump dans l’affaire Slaughter le cite abondamment. Ce qui était hier une dissidence marginale est aujourd’hui la position officielle d’une présidence et d’une majorité judiciaire.
De Reagan à Trump : la montée en puissance d’une doctrine contestée
La progression de la théorie de l’exécutif unitaire au sein de la jurisprudence a été constante mais progressive. Dans Seila Law v. Consumer Financial Protection Bureau en 2020, le juge en chef Roberts a écrit qu’une agence dirigée par un unique directeur « insulated from Presidential control » manquait de fondation dans la pratique historique. Dans cette décision, la Cour a jugé que Trump pouvait licencier le directeur du CFPB à sa guise. C’était un tournant, mais un tournant limité : l’agence elle-même a survécu, et la décision ne concernait qu’un directeur unique, pas un collège de commissaires.
L’affaire Trump v. Slaughter franchit un pas supplémentaire, potentiellement décisif. Elle demande à la Cour de soumettre à la discrétion présidentielle non seulement les directeurs uniques, mais l’ensemble des commissions à membres multiples — FTC, NLRB, FERC, SEC — soit l’architecture entière de la régulation américaine indépendante. Selon Misha Tseytlin, avocat chez Troutman Pepper Locke cité par Law.com, un tel arrêt serait « un séisme majeur pour les agences précédemment indépendantes ».
Ce qui me frappe dans cette trajectoire, c’est sa logique inexorable. Chaque décision ouvre la voie à la suivante, chaque victoire appelle une revendication plus large. Trump n’invente pas cette dynamique : il en est simplement le bénéficiaire le plus agressif à ce jour. La question n’est pas de savoir si cette évolution constitutionnelle est souhaitable en théorie. La question est de savoir si elle est souhaitable maintenant, avec cet homme, à ce moment précis de l’histoire américaine.
L'affaire Cook : viser la Réserve fédérale, toucher le coeur de l'économie mondiale
Un licenciement via post sur les réseaux sociaux
À l’été 2025, Donald Trump a tenté de renvoyer Lisa Cook, gouverneure du Conseil de la Réserve fédérale et première femme noire à occuper ce poste, via une lettre publiée sur les réseaux sociaux. Le motif invoqué : des allégations de fraude hypothécaire concernant des documents liés à un emprunt contracté avant sa nomination à la Fed, allégations portées par Bill Pulte, directeur de la Federal Housing Finance Agency. Cook a fermement nié tout acte répréhensible. Des éléments obtenus par NBC News sembleraient contredire ces allégations.
La loi sur la Réserve fédérale stipule que les gouverneurs du conseil ne peuvent être révoqués que « pour cause » — c’est-à-dire sur la base de preuves tangibles d’irrégularités. Cook a contesté son licenciement devant les tribunaux, lesquels ont bloqué sa révocation dans l’attente du jugement définitif. Elle continue d’exercer ses fonctions. Mais la bataille lui a coûté plus d’un million deux cent mille dollars en frais juridiques et de sécurité, selon une déclaration éthique rendue publique en juin 2026 et rapportée par Reuters — des frais couverts en grande partie par des organisations à but non lucratif de défense de la démocratie.
Pourquoi même les conservateurs hésitent à toucher la Fed
L’affaire Cook révèle une fracture intéressante au sein même de la majorité conservatrice de la Cour suprême. Selon le Los Angeles Times, une majorité de six juges sur neuf semblait prête, lors des plaidoiries de janvier 2026, à bloquer le licenciement de Cook — non pas par attachement à un principe démocratique, mais parce que permettre au président de contrôler la politique monétaire de la banque centrale américaine reviendrait à « faire sauter l’économie », pour reprendre la formulation imagée du Brennan Center. La Réserve fédérale est une institution « unique, quasi-privée », avec une tradition historique remontant aux premières banques de la nation.
Cette dichotomie est révélatrice : la majorité judiciaire conservatrice soutient l’expansion du pouvoir exécutif lorsqu’elle sert la déréglementation des marchés, mais recule devant une prise de contrôle présidentielle susceptible d’ébranler la confiance des investisseurs dans la stabilité monétaire américaine. C’est moins une question de principe que de pragmatisme économique. Cette ligne de démarcation — protéger la Fed mais laisser tomber la FTC, le NLRB ou le CFPB — est arbitraire sur le plan constitutionnel. Elle révèle que même ses partisans ne croient pas pleinement à la cohérence de la théorie qu’ils s’apprêtent à imposer.
Lisa Cook a dépensé plus d’un million de dollars pour défendre son droit à un emploi qu’elle avait légalement obtenu et que personne n’a pu lui reprocher d’exercer avec négligence. Ce chiffre me révolte. Il ne s’agit pas d’une anecdote juridique : c’est le prix réel que coûte la résistance institutionnelle face à un pouvoir exécutif sans scrupules. Peu de fonctionnaires ont les ressources ou les réseaux nécessaires pour se battre aussi longtemps. C’est précisément ce que compte sur Trump : l’épuisement des résistances.
Le "shadow docket" comme arme politique : gagner avant même le jugement
Des ordonnances d’urgence qui font basculer le rapport de force
L’un des aspects les plus inquiétants de cette saga juridique est la manière dont la Cour suprême a utilisé son « shadow docket » — ces ordonnances d’urgence rendues sans procédure contradictoire complète — pour permettre à Trump de licencier des fonctionnaires protégés pendant que les litiges se poursuivaient. La Cour a ainsi autorisé de facto le renvoi de membres du National Labor Relations Board, du Merit Systems Protection Board et de la commissaire Slaughter de la FTC, longtemps avant toute décision sur le fond.
La juge Elena Kagan, dans ses opinions dissidentes, a dénoncé cette pratique avec véhémence : « Le dossier d’urgence ne devrait jamais être utilisé, comme il l’a été cette année, pour permettre ce que notre propre précédent interdit… ni transférer l’autorité gouvernementale du Congrès au président, et ainsi remodeler la séparation des pouvoirs de la nation. » Autrement dit, la Cour a déjà accordé à Trump une grande partie de ce qu’il réclame formellement, avant même de statuer officiellement. Le jugement à venir sur Trump v. Slaughter ne fera que légitimer rétrospectivement ce qui s’est déjà produit dans les faits.
La démocratie par procuration : quand les procédures d’urgence remplacent le débat
Le shadow docket est devenu sous Trump et avec la complicité de la majorité conservatrice un outil de transformation constitutionnelle silencieuse. Des décisions qui auraient normalement nécessité des mois de délibération, des auditions complètes et des opinions approfondies sont prises en quelques jours, souvent sans motivation écrite détaillée, rendant toute critique substantielle extrêmement difficile. Selon LawFare Media, la Cour a utilisé ce mécanisme pour laisser s’instaurer une réalité politique — une administration qui contrôle entièrement ses agences — que son arrêt formel ne fera que consacrer.
C’est une forme d’ingénierie constitutionnelle par étapes. D’abord, l’action unilatérale du président crée le fait accompli. Ensuite, les tribunaux inférieurs tentent de résister. Puis la Cour suprême, via le shadow docket, neutralise ces résistances. Enfin, un arrêt sur le fond valide l’ensemble du processus. Le résultat final est identique à une révolution constitutionnelle, mais il s’est produit sans que personne ne puisse jamais clairement pointer un moment précis de rupture. C’est le génie pervers du système : modifier l’ordre institutionnel sans jamais avoir à en assumer ouvertement la responsabilité.
Je dois admettre que la mécanique du shadow docket me fascine autant qu’elle m’effraie. Fascinante parce qu’elle révèle comment le droit peut être utilisé non pour trancher des litiges, mais pour façonner la réalité avant même que le litige ne soit tranché. Effrayante parce qu’elle échappe à presque tout contrôle démocratique direct. Les citoyens américains ne votent pas pour les membres de la Cour suprême, et ne peuvent guère s’opposer à ses ordonnances d’urgence. C’est un pouvoir exercé dans l’ombre, par des acteurs nommés à vie.
Le précédent Myers et la longue querelle constitutionnelle sur la révocation
Un débat qui remonte aux origines de la République américaine
La querelle sur le pouvoir présidentiel de révocation n’est pas une invention trumpiste : elle est aussi ancienne que la Constitution elle-même. John Adams, l’un des pères fondateurs, considérait que licencier un fonctionnaire pour un simple motif partisan serait « rude et odieux », révélateur d’un « tempérament irritable, précipité et vindicatif ». Pourtant, la Constitution elle-même est muette sur ce point précis. Selon des professeurs de droit cités par le Brennan Center, cette lacune a été « remplie depuis les premières années de la nation par une cacophonie de désaccords et de positions concurrentes ».
La décision Myers v. United States de 1926 avait reconnu un large pouvoir présidentiel de révocation pour les fonctionnaires exerçant des fonctions exécutives. Mais Humphrey’s Executor en 1935 avait nuancé ce précédent en distinguant les fonctions purement exécutives des fonctions « quasi-législatives et quasi-judiciaires » exercées par les commissions indépendantes. Cette distinction permettait de préserver l’expertise technique et la continuité réglementaire au-delà des cycles électoraux. C’est précisément cette distinction que l’administration Trump entend abolir.
La théorie constitutionnelle contre la réalité pratique de la gouvernance
L’argument le plus puissant contre la théorie de l’exécutif unitaire n’est pas juridique mais pratique : un État fédéral moderne de la complexité des États-Unis ne peut pas fonctionner si chaque changement d’administration entraîne la révocation potentielle de l’ensemble des régulateurs indépendants. L’expertise accumulée au fil des années à la SEC, la FTC, au NLRB ou à la FERC représente des décennies de connaissance technique irremplaçable en matière de marchés financiers, de protection des consommateurs, de droit du travail ou d’énergie. Permettre à un président de purger ces institutions selon ses préférences politiques revient à renoncer à la capacité de l’État à réguler efficacement.
Le professeur Caleb Nelson, cité par le Brennan Center, a formulé la critique la plus percutante : « La clause Take Care n’implique pas que le Président doit pouvoir renvoyer tous les fonctionnaires exécutifs à volonté, pas plus qu’elle ne garantit au Président la capacité d’emprisonner les fonctionnaires qui ne font pas ce qu’il dit. » Il ajoute qu’une version forte de la théorie unitaire conférerait au président « plus de pouvoir, je crois, que toute personne sensée ne devrait vouloir en confier à quiconque ».
Cette querelle constitutionnelle sur la révocation me rappelle un principe que j’ai appris à force de couvrir la politique internationale : les institutions ne valent que si elles sont respectées même — et surtout — par ceux qui ont le pouvoir de les contourner. La Constitution américaine est un texte brillant, mais c’est aussi un document incomplet, rempli de lacunes que les générations successives ont comblées par la pratique, la jurisprudence et la bonne foi institutionnelle. Trump est l’homme qui teste, systématiquement, chacune de ces zones grises.
L'impact institutionnel : cinquante agences indépendantes dans le viseur
Au-delà de la FTC et de la Fed : l’ensemble de l’État régulateur menacé
Une victoire de Trump dans l’affaire Trump v. Slaughter ne concernerait pas uniquement la FTC. Elle menacerait potentiellement l’indépendance d’une cinquantaine d’agences fédérales régulières : la Securities and Exchange Commission, le National Labor Relations Board, la Federal Communications Commission, la Federal Energy Regulatory Commission, la Consumer Product Safety Commission, et bien d’autres encore. Selon Octagon AI, un arrêt pro-Trump « pourrait avoir des répercussions sur environ 50 agences indépendantes avant 2027 ».
Ces agences ne sont pas des abstractions bureaucratiques. Elles enquêtent sur des crashs d’avion, surveillent les rappels de produits dangereux, arbitrent les conflits du travail, régulent les marchés financiers, définissent les standards de sécurité alimentaire. Leur indépendance n’est pas un privilège corporatiste : c’est la condition nécessaire à ce qu’elles puissent exercer leur mission sans être soumises aux humeurs électorales d’un président qui, demain, pourrait vouloir ne pas rappeler des produits commercialisés par ses donateurs.
Une transformation silencieuse de l’ordre institutionnel américain
Ce qui est frappant dans la stratégie Trump, c’est son caractère systématique et son horizon temporel long. Il ne s’agit pas simplement de renvoyer une commissaire gênante ou un gouverneur fédéral encombrant. Il s’agit d’établir un précédent juridique qui permettra à tout futur président — de droite ou de gauche — d’exercer un contrôle politique direct sur la totalité de l’administration fédérale. Cette dynamique de concentration du pouvoir exécutif dépasse Trump lui-même. En termes d’héritage institutionnel, c’est là peut-être le risque le plus durable.
Selon LawDork, si la Cour démolit Humphrey’s Executor, ce sera une « décision de rupture de barrage, qui détruirait le fondement même qui a permis à l’expertise gouvernementale de se développer à mesure que le gouvernement fédéral s’est élargi et complexifié — dans les domaines de l’économie, mais aussi de la science, de la santé, de la sécurité et plus encore ». Ce n’est pas une réforme incrémentale. C’est une refonte structurelle de l’État américain, opérée non par voie législative mais par voie judiciaire, sur injonction d’une administration dont la durée au pouvoir est par définition limitée.
Cinquante agences. Le chiffre m’est resté en tête depuis que je l’ai lu. Cinquante organismes qui jouent un rôle dans la vie quotidienne des Américains — la sécurité de leur alimentation, la qualité de leur eau, la fairness de leur marché du travail — potentiellement soumis au bon vouloir d’un seul homme. Je ne sais pas ce qui me trouble davantage : l’étendue de ce pouvoir potentiel, ou le fait que cette perspective ne semble pas provoquer davantage d’indignation dans le débat public américain.
Le Congrès dépossédé : une séparation des pouvoirs renversée
Le pouvoir législatif réduit à l’impuissance face à la revendication exécutive
La séparation des pouvoirs est le principe fondateur de la démocratie américaine. Les constituants de Philadelphie en 1787 l’ont conçue précisément pour éviter la concentration d’un pouvoir excessif dans les mains d’une seule institution. Le Congrès légifère, l’exécutif applique, le judiciaire arbitre. Les agences indépendantes ont été créées par le Congrès précisément parce qu’il souhaitait déléguer certaines fonctions réglementaires à des experts insulated de la pression électorale de court terme, tout en maintenant une supervision législative sur leurs missions et leurs budgets.
La théorie de l’exécutif unitaire, dans sa version la plus agressive, renverse cette logique. Elle affirme que le Congrès ne peut pas créer d’agences véritablement indépendantes parce que cela empiéterait sur le pouvoir exécutif du président. Mais ce faisant, elle prive le Congrès d’un outil de gouvernance qu’il a utilisé pendant plus d’un siècle avec la bénédiction des tribunaux. Selon la sénatrice Sheldon Whitehouse et d’autres parlementaires démocrates qui ont interpellé l’administration en juin 2026, le gouvernement Trump « vide les agences indépendantes de leur substance, bloque les nominations démocratiques et confie des postes de surveillance bipartisans à de purs loyalistes trumpistes ».
Les agences indépendantes comme expression de la volonté législative
Il est crucial de rappeler que la Federal Trade Commission a été créée par le Congrès en 1914 pour protéger les consommateurs et prévenir les pratiques anticoncurrentielles. La loi fondatrice de cette agence stipulait explicitement que ses commissaires ne pouvaient être révoqués que pour cause sérieuse, précisément pour les protéger de l’influence des grandes entreprises qui avaient tendance à contrôler les administrations successives. La structure même de la FTC était une réponse institutionnelle à l’histoire de la corruption politique américaine du début du XXe siècle.
En affirmant que cette protection statutaire est inconstitutionnelle, l’administration Trump ne défend pas les droits originels du président : elle conteste le droit du Congrès à structurer ses créations législatives comme il l’entend. C’est une réécriture profonde de l’équilibre constitutionnel américain. Et comme le note le Brennan Center, cette réinterprétation n’est pas ancrée dans la tradition historique : « La Constitution dit que le pouvoir exécutif appartient au président. Elle ne dit pas que le président peut emprisonner les fonctionnaires qui refusent de lui obéir. »
Il y a quelque chose de profondément ironique dans le fait que les partisans d’un exécutif fort se réclament d’une « interprétation originale » de la Constitution, quand les fondateurs eux-mêmes étaient en désaccord profond sur ce point, comme l’attestent les archives des débats du premier Congrès. L’originalisme, ici, n’est pas de la rigueur historique — c’est de la sélection stratégique au service d’une conclusion politique prédéterminée. C’est une méthode intellectuelle qui mérite d’être nommée pour ce qu’elle est.
L'ombre de Jerome Powell : la Maison-Blanche contre la politique monétaire
Trump vs la Fed : une confrontation qui dure depuis des années
La tentative de licenciement de Lisa Cook ne peut pas être dissociée d’un contexte plus large : la guerre larvée que Donald Trump mène contre la Réserve fédérale depuis son premier mandat. Trump a répété, publiquement et à de nombreuses reprises, qu’il souhaitait que la Fed abaisse ses taux d’intérêt, et qu’il considérait son président, Jerome Powell, comme incompétent. Lors de son premier mandat, il avait envisagé de le renvoyer avant d’y renoncer face aux avertissements des marchés. Dans son second mandat, il a opté pour une stratégie différente : attaquer les membres du conseil de la Fed.
Renvoyer Lisa Cook — la première femme noire au conseil de la Fed — sous des prétextes de fraude hypothécaire que la presse a largement jugés peu crédibles revient à envoyer un signal à l’ensemble du conseil : tolérer l’indépendance de la banque centrale a un coût personnel. Si la Cour suprême valide cette approche dans l’affaire Cook, même partiellement, le signal envoyé aux marchés financiers mondiaux serait dévastateur pour la crédibilité de la politique monétaire américaine. C’est ce qu’ont compris même les juges conservateurs les plus favorables à l’expansion du pouvoir exécutif.
L’indépendance de la banque centrale comme rempart contre l’instabilité financière
L’indépendance de la banque centrale n’est pas une lubie technocratique. Elle est le produit de décennies d’expériences douloureuses, dans des pays où les gouvernements ont utilisé la planche à billets pour financer leurs déficits politiques avec des résultats catastrophiques pour l’économie réelle. La crédibilité de la Fed dans sa mission anti-inflationniste repose sur la conviction des acteurs de marché que ses décisions ne sont pas dictées par les besoins électoraux du locataire de la Maison-Blanche.
Si Trump avait réussi à renvoyer Cook, puis Powell — comme il l’a envisagé, selon des sources évoquées par CNN — et à nommer à leur place des loyalistes prêts à baisser les taux pour doper l’économie à court terme avant les élections de mi-mandat, les conséquences pour la crédibilité du dollar et pour le financement de la dette américaine auraient pu être sévères. C’est pourquoi, selon le Los Angeles Times, même la majorité conservatrice de la Cour « voulait préserver l’indépendance de la Réserve fédérale » — non par amour de la démocratie, mais par pragmatisme financier.
Je me rappelle avoir couvert des crises dans des pays où les présidents ont mis la main sur leur banque centrale. Ça ne finit jamais bien. Pas pour les marchés, pas pour l’inflation, pas pour la population. Les États-Unis sont le coeur du système financier mondial. Si la Fed devient un instrument politique, ce n’est pas seulement l’Amérique qui trinque — c’est le reste du monde aussi. L’Europe, les marchés émergents, les épargnants de partout sur la planète. Voilà le vrai prix de ce « firing power » présidentiel.
L'Occident face au miroir : quand les démocraties sèment leur propre déstructuration
Le modèle américain sous pression, de l’intérieur
L’Occident a longtemps présenté le modèle américain des contre-pouvoirs institutionnels comme un exemple universel à suivre. La séparation des pouvoirs, l’indépendance de la justice, la régulation indépendante, la liberté de la presse — ces éléments constituaient l’ossature d’un système que l’on exportait activement, parfois par la force. Aujourd’hui, ce modèle se fissure de l’intérieur, sous les coups d’une administration qui revendique explicitement le droit de concentrer le pouvoir dans les mains d’un seul.
Ce recul de l’exemplarité américaine a des conséquences géopolitiques directes. Chaque fois que Vladimir Poutine, Xi Jinping ou les mollahs iraniens montrent du doigt les manquements institutionnels américains pour justifier leurs propres pratiques autoritaires, ils trouvent désormais de la matière abondante dans les propres controverses juridiques des États-Unis. L’Occident ne peut pas exporter la démocratie libérale si sa puissance tutélaire est elle-même en train de la démanteler pièce par pièce. C’est un problème de crédibilité, mais c’est aussi un problème stratégique fondamental.
La responsabilité particulière des États-Unis envers l’ordre libéral mondial
Les États-Unis ne sont pas une démocratie ordinaire. Ils sont le garant de facto de l’ordre libéral international né après 1945, l’architecture de sécurité, économique et normative qui a permis à l’Europe de se reconstruire, à l’Asie de se développer et aux démocraties émergentes d’avoir un modèle de référence. Ce rôle impose des responsabilités particulières en termes de cohérence institutionnelle. Quand Washington affaiblit ses propres garde-fous, il affaiblit l’ensemble du système qu’il est censé incarner.
Trump peut être un « mal nécessaire » pour l’Occident sur certains fronts — sa fermeté envers la Chine, son soutien au réarmement européen, ses pressions sur l’OTAN pour que les alliés assument leur part du fardeau sécuritaire. Mais sa politique de concentration du pouvoir exécutif constitue une menace directe pour les valeurs que l’Occident prétend défendre. On ne peut pas combattre l’autoritarisme de Pékin ou de Moscou tout en laissant s’installer à Washington une forme de présidentialisme débridé qui en emprunte les mécanismes.
C’est la contradiction fondamentale de l’ère Trump que je n’arrive toujours pas à résoudre complètement : comment soutenir les politiques americaines justes — la fermeté face à la Chine, le soutien à l’Ukraine, le rééquilibrage des alliances — tout en dénonçant la dérive autoritaire des institutions domestiques ? La réponse honnête est qu’il faut faire les deux simultanément, même si c’est inconfortable. Séparer ce qui mérite soutien de ce qui mérite critique, sans que l’un n’annule l’autre. C’est la seule posture intellectuellement défendable.
La Cour suprême complice ? La question du rôle judiciaire dans la dérive exécutive
Un tribunal conservateur qui pousse dans le même sens que l’exécutif
La Cour suprême des États-Unis est censée être le garde-fou ultime contre les abus du pouvoir exécutif. Dans le cas présent, elle apparaît au contraire comme un acteur qui facilite activement l’expansion de ce pouvoir. La majorité des six juges conservateurs — dont trois ont été nommés par Trump lors de son premier mandat — a utilisé le shadow docket pour permettre les licenciements litigieux avant même de statuer sur leur légalité, a accordé au président une immunité présidentielle quasi-totale pour ses actes officiels dans une décision de 2024, et semble prête à abolir neuf décennies de jurisprudence protégeant l’indépendance réglementaire.
Le juriste Noah Feldman, interrogé par NPR en juin 2026, a été direct : « Le pouvoir de la présidence a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie en raison des décisions de la Cour suprême. Il semble que renforcer la présidence soit une priorité pour la cour actuelle. » Ce n’est plus un tribunal qui arbitre les conflits de pouvoirs — c’est une institution qui choisit délibérément un camp. La confiance dans l’impartialité institutionnelle de la Cour est l’une des premières victimes de cette dynamique.
Quand le contre-pouvoir judiciaire devient levier de pouvoir
Le paradoxe suprême de la situation actuelle est le suivant : le mécanisme institutionnel censé limiter le pouvoir exécutif devient lui-même le vecteur de son expansion. En permettant à Trump de licencier des fonctionnaires protégés avant même toute décision sur le fond, en accordant une immunité présidentielle sans précédent dans l’histoire américaine, en préparant l’abolition d’Humphrey’s Executor, la Cour suprême ne joue pas son rôle de contre-pouvoir — elle fonctionne comme un multiplicateur de pouvoir pour l’exécutif.
Jesse Wegman du Brennan Center rappelle que l’ironie est brutale : « La Cour forge son projet d’aggrandissement exécutif au moment même où la Maison-Blanche est contrôlée par le président le plus illégal, erratique et corrompu de l’histoire de la nation. » On peut être en désaccord avec cette formulation partisane, mais le problème de calendrier qu’elle pointe est réel : élargir le pouvoir présidentiel dans l’abstrait constitutionnelle est une chose ; le faire pendant que ce pouvoir est exercé par un acteur qui conteste la légitimité de ses rivaux, s’attaque à la presse indépendante et normalise le non-respect des décisions judiciaires, c’est une tout autre chose.
Je trouve difficile de ne pas conclure que quelque chose a fondamentalement changé dans la relation entre la Cour suprême et l’équilibre des pouvoirs américain. Cette institution était censée être imperméable aux préférences politiques du moment — c’est pour ça que ses membres sont nommés à vie. Mais à force d’avoir été peuplée par des présidents qui sélectionnaient leurs nominés précisément sur la base de leurs orientations idéologiques, elle est devenue ce qu’elle était censée prévenir : un instrument politique au service d’une vision du pouvoir.
Leçons comparées : ce que l'Europe et les institutions internationales observent
L’Europe regarde avec inquiétude mais aussi avec une certaine hypocrisie
Les partenaires européens des États-Unis observent cette dérive institutionnelle avec une inquiétude croissante, mais pas toujours sans une part de mauvaise conscience. Car certaines des dynamiques qui s’expriment aujourd’hui à Washington se sont déjà manifestées, sous des formes différentes, en Hongrie, en Pologne, en Italie et ailleurs en Europe. La concentration du pouvoir exécutif, la prise en main des médias publics, la remise en cause de l’indépendance judiciaire — ces processus ne sont pas une exclusivité américaine. Ce qui rend la situation américaine particulièrement grave, c’est l’étendue planétaire des conséquences possibles.
Les institutions internationales, de leur côté, observent en silence mais enregistrent. La Banque des règlements internationaux, les partenaires de l’OCDE, les alliés de l’OTAN — tous intègrent désormais dans leurs analyses l’hypothèse d’une administration américaine moins prévisible, moins contrainte par ses propres structures institutionnelles. La prime de risque sur cette incertitude est déjà visible dans certains comportements de diversification de réserves monétaires mondiales hors du dollar. Ce ne sont pas des signaux catastrophistes — ce sont des ajustements raisonnables face à une réalité politique nouvelle.
La démocratie se mesure à ses institutions, pas seulement à ses élections
La distinction fondamentale entre une démocratie libérale et une démocratie illibérale ne tient pas uniquement au fait de tenir des élections. Elle tient au fait de respecter les institutions, les contre-pouvoirs et les droits qui existent entre les élections. Trump a été élu. Cela lui confère une légitimité démocratique indiscutable. Mais cette légitimité électorale ne lui confère pas le droit de déstructurer les institutions que le Congrès a construites pendant un siècle pour exercer des fonctions d’intérêt public de manière experte, continue et impartiale.
Les élections ne sont que le sommet visible d’un iceberg institutionnel considérable : la liberté de la presse, l’indépendance judiciaire, la régulation indépendante, la protection des fonctionnaires contre les pressions politiques, le droit d’accès à l’information. Si ces fondements s’effritent, les élections elles-mêmes perdent de leur signification — car elles se déroulent dans un environnement institutionnel de plus en plus façonné par ceux qui détiennent déjà le pouvoir. C’est le chemin que plusieurs démocraties ont emprunté avant de cesser progressivement d’en être.
Quand j’entends des partisans de Trump répondre aux critiques institutionnelles par « mais il a été élu démocratiquement », je ressens toujours la même frustration. Oui, il a été élu. Et Orbán aussi. Et Erdogan. L’élection est une condition nécessaire, pas suffisante, de la démocratie. Ce qui fait la différence, ce sont les institutions qui limitent et encadrent le pouvoir entre les élections. C’est précisément ce que Trump attaque. Et c’est précisément ce que ses soutiens semblent soit ne pas voir, soit refuser de voir.
Ce qui peut encore résister : les contre-pouvoirs qui tiennent
Les États, le Congrès et la société civile comme lignes de défense
Il serait excessivement pessimiste de conclure que tout est perdu pour l’équilibre institutionnel américain. Des contre-pouvoirs résistent, même sous pression. Les États ont montré leur capacité à contester les politiques fédérales devant les tribunaux et à maintenir des régulations indépendantes au niveau local. Le Congrès, malgré la pression partisane, a parfois résisté — sur les dépenses publiques, sur certaines nominations. La société civile américaine, remarquablement active, a financé les batailles juridiques de fonctionnaires comme Lisa Cook et Rebecca Slaughter, démontrant que la résistance institutionnelle peut trouver des ressources en dehors de l’État.
Les médias indépendants continuent de documenter, d’investiguer et de révéler. Le barreau américain, dans sa grande majorité, maintient des standards professionnels qui limitent les déformations les plus flagrantes du droit. Des juges fédéraux nommés pour la vie ont rendu des décisions défavorables à l’administration sur plusieurs fronts. Ces résistances sont fragmentées et insuffisantes face à la cohérence stratégique de l’exécutif trumpiste, mais elles existent. La démocratie américaine n’est pas morte — elle est sous tension intense.
La prochaine étape : ce que le jugement final de la Cour suprême peut encore limiter
Même dans l’hypothèse où la Cour suprême abolit Humphrey’s Executor dans l’affaire Slaughter, le résultat final dépendra des conditions et des exceptions que les juges pourraient prévoir. Certains analystes estiment que la Cour pourrait opter pour une approche limitée, permettant au président de renvoyer les commissaires de la FTC tout en préservant des protections pour la Fed et d’autres institutions jugées particulièrement sensibles sur le plan économique ou de la sécurité nationale. Une telle décision « chirurgicale » serait moins dévastatrice qu’un renversement complet.
Par ailleurs, une future administration démocrate pourrait utiliser les mêmes pouvoirs élargis pour restructurer des agences dans un sens opposé, si les tribunaux confirment que le président peut en effet en nommer et en révoquer les membres à volonté. C’est l’ironie ultime de la théorie de l’exécutif unitaire : en donnant au président ce pouvoir absolu, on le donne à tous les futurs présidents, y compris à ceux que Trump redouterait. Le précédent est une arme à double tranchant. C’est peut-être le seul argument qui pourrait encore tempérer certains des partisans les plus enthousiastes de cette théorie.
Je terminerai sur cette pensée que je ne peux pas écarter : la question n’est pas tant de savoir si Trump a raison sur le plan constitutionnel, même s’il a probablement tort. La question est de savoir quel type de société les Américains veulent construire. Une société où le gouvernement fédéral est efficacement supervisé par des experts indépendants qui résistent aux pressions politiques ? Ou une société où chaque administration peut reconfigurer l’ensemble de l’État à sa convenance, en bien ou en mal selon qui gouverne ? Cette deuxième option n’est pas la liberté — c’est le chaos institutionnalisé. Et le chaos, historiquement, profite toujours aux plus forts.
Conclusion : le rêve d'un exécutif total, le cauchemar d'une démocratie
Un moment charnière pour les institutions américaines
Nous sommes en juin 2026, à quelques jours ou quelques semaines de décisions judiciaires qui pourraient redessiner l’architecture du pouvoir américain pour des générations. Trump v. Slaughter et Trump v. Cook ne sont pas de simples litiges administratifs : ce sont des combats pour l’âme des institutions américaines. Si la Cour suprême abolit Humphrey’s Executor et valide un droit présidentiel de révocation sans cause sur l’ensemble des agences indépendantes, elle aura permis à un seul homme d’exercer un contrôle sans précédent sur la machinerie régulatrice de l’État le plus puissant du monde. C’est une transformation que les fondateurs auraient, selon leur propre correspondance, qualifiée d’alarmante.
Ce n’est pas que Trump soit fondamentalement différent de ses prédécesseurs dans son désir de contrôler l’exécutif fédéral — tout président préférerait avoir plus de pouvoir que moins. Ce qui est différent, c’est la combinaison de sa volonté, de sa stratégie juridique coordonnée sur plusieurs années, et d’une Cour suprême idéologiquement alignée sur ses objectifs. Cette convergence est historiquement rare et institutionnellement dangereuse.
Préserver l’Occident signifie aussi préserver ses garde-fous internes
L’Occident doit gagner la compétition systémique qui l’oppose à la Chine, à la Russie et aux régimes autoritaires de toutes sortes. Mais il ne peut pas la gagner en devenant progressivement ce contre quoi il prétend se battre. La concentration du pouvoir exécutif, la subordination des experts aux loyalistes politiques, la mise au pas des institutions régulatrices — ce sont des symptômes précis de la dynamique autoritaire que l’Occident combat à l’extérieur. Les soigner chez soi n’est pas une faiblesse : c’est la condition de la crédibilité.
Trump est et restera une figure controversée de l’histoire américaine et occidentale. Son bilan sur la fermeté face aux puissances révisionnistes mérite d’être reconnu. Mais sa tendance à concentrer le pouvoir au mépris des contre-pouvoirs institutionnels représente une menace réelle pour le modèle démocratique que l’Occident cherche à défendre. Critiquer l’un n’invalide pas l’autre. C’est précisément ce que signifie penser en adulte dans la complexité du moment présent.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Sources
Sources primaires
Brennan Center for Justice — « It Ends in a Monarchy », Jesse Wegman — 26 mai 2026
Sources secondaires
Fox News / KOTA Radio — « Trump’s firing power faces twin Supreme Court tests » — 18 juin 2026
Reason Magazine — « Trump, Scalia, and the unitary executive », Damon Root — 16 juin 2026
Newsmax — « Trump, Supreme Court Justices Prepare for Key Rulings » — 22 juin 2026
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