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ESSAI : La paix par la force ou par la faiblesse — la doctrine occidentale en crise face à Poutine
Crédit: Adobe Stock

De Reagan à Rutte : une tradition stratégique

La paix par la force — en anglais «peace through strength» — est une doctrine aussi ancienne que la diplomatie elle-même. Elle postule que l’acteur qui négocie depuis une position de puissance obtient de meilleures conditions que celui qui négocie depuis la peur. Ronald Reagan l’avait inscrite au cœur de sa politique envers l’URSS : augmenter massivement les dépenses militaires américaines pour forcer Moscou à la table des négociations. Cette stratégie a contribué à l’effondrement soviétique. La leçon devrait être gravée dans le marbre des chancelleries occidentales.

Aujourd’hui, c’est le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, qui en porte le flambeau. Le 18 juin 2026, à Bruxelles, il a été on ne peut plus explicite : « L’argent est crucial, mais on ne peut pas arrêter un missile ou un char avec un dollar ou un euro. Nous avons besoin de transformer cet argent en capacités prêtes au combat, et vite. » Ces mots ne sont pas que de la rhétorique. Ils reflètent une analyse froide : face à Poutine, la mollesse est une invitation à l’agression.

Les cinq conditions de Londres : force ou illusion ?

Le 7 juin 2026, les chefs d’État d’Ukraine, du Royaume-Uni, de France et d’Allemagne ont publié à Londres une déclaration commune fixant cinq conditions pour une paix juste et durable. Un cessez-le-feu immédiat et complet. La ligne de contact actuelle comme point de départ des négociations. Des garanties de sécurité robustes et juridiquement contraignantes pour l’Ukraine. Le maintien du gel des avoirs russes jusqu’à réparation des dommages. Et la protection des intérêts des membres de l’OTAN et de l’UE dans tout accord final.

Ces conditions sont, sur le papier, une expression de la doctrine de la force. Elles refusent à Moscou ce qu’il réclame : une capitulation territoriale préalable de l’Ukraine. Elles affirment que l’Ukraine souveraine ne peut être sacrifiée sur l’autel d’une paix de façade. Pourtant, la mise en œuvre reste la grande question. Car une doctrine n’a de valeur que si elle est adossée à une volonté politique réelle de tenir la ligne.


Les cinq conditions de Londres m’ont rappelé quelque chose d’essentiel : la paix par la force n’est pas la guerre pour la guerre. C’est le refus de négocier sa propre humiliation. Zelensky l’a compris dès le premier jour. Ce qui me trouble, c’est que certains de ses alliés semblent encore devoir l’apprendre.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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