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REPORTAGE : 22 milliards rendus à la hâte — le casse-tête historique des remboursements tarifaires
Crédit: Adobe Stock

Un chiffre astronomique, une bureaucratie sous pression

Au moment où la Cour suprême a rendu son verdict, la CBP avait encaissé 166 milliards de dollars de droits de douane IEEPA depuis le début du programme en février 2025. Cent soixante-six milliards. Pour donner une perspective : c’est plus que le budget annuel de la NASA multiplié par dix, plus que le PIB de pays comme la Hongrie ou la Nouvelle-Zélande. Et il fallait rembourser tout ça — à 330 000 entreprises importatrices, avec des dossiers de complexité variable, des entrées douanières dans des états très différents de liquidation, et un système informatique douanier (ACE — Automated Commercial Environment) qui n’avait jamais été conçu pour gérer un tel retournement de situation. Le juge Richard Eaton du CIT a lui-même noté que, « avec 166 milliards de dollars en jeu », le témoignage du commissaire des douanes était nécessaire pour déterminer si le gouvernement entendait rembourser aussi bien les grandes que les petites entreprises.

Le défi technique est colossal. Chaque entrée douanière doit être retraitée individuellement, vérifiée, et sa liquidation annulée ou modifiée. La CBP a dû développer en quelques semaines un système entièrement nouveau — le CAPE — pour absorber ces millions de dossiers en parallèle. Un travail que des auditeurs chevronnés auraient normalement planifié sur des années. Ici, les délais judiciaires imposaient une mise en ligne en quelques semaines.

CAPE Phase I : un démarrage sur les chapeaux de roues

Dès le 20 avril 2026, la Phase I du CAPE a été mise en ligne. Elle couvre en priorité les entrées non liquidées et celles liquidées dans les 80 jours précédant l’acceptation de la déclaration CAPE. Le résultat au 1er juin 2026 est impressionnant : plus de 16 millions d’entrées traitées, 89,57 milliards de dollars de remboursements potentiels acceptés pour traitement. Sur ce montant, 22,80 milliards, incluant le principal et les intérêts, avaient été certifiés et transmis au Trésor pour décaissement. Ces chiffres, publiés dans la déclaration du Trésor du 10 juin 2026, confirment l’ampleur inédite de l’opération.

Mais même ce démarrage en fanfare masque des complications. Le taux de validation des déclarations CAPE n’atteignait que 69 % fin mai, selon les données de l’industrie. Autrement dit, trois dossiers sur dix étaient rejetés à la validation — souvent à cause d’erreurs dans les déclarations électroniques, elles-mêmes générées par le chaos du déploiement tarifaire initial. Des entreprises spécialisées en courtage douanier signalent que les problèmes de concordance entre les entrées initiales et les données dans le système ACE représentent un obstacle majeur pour de nombreux importateurs de taille moyenne.


Il y a quelque chose de profondément ironique dans le fait que les mêmes erreurs administratives qui avaient compliqué la perception des tarifs illégaux compliquent maintenant leur remboursement. Le chaos engendré par une politique conduite à la hussarde se paie deux fois : d’abord sur le dos des entreprises qui ont absorbé les coûts, ensuite sur le budget fédéral qui doit gérer le remboursement dans l’urgence.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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