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REPORTAGE : Vingt décisions en deux semaines — la Cour suprême sous pression de fin de session
Crédit: Adobe Stock

Un décret contre 160 ans de jurisprudence

L’affaire Trump v. Barbara est peut-être la plus symboliquement chargée de ce terme. Dès le premier jour de son second mandat, Donald Trump a signé un décret exécutif interdisant la délivrance de documents d’identité américains aux enfants nés sur le sol des États-Unis si leurs parents se trouvent en situation irrégulière ou avec un visa temporaire. Ce faisant, il a contesté frontalement le 14e amendement à la Constitution, adopté en 1868 après la guerre civile, qui stipule que toute personne née sur le territoire américain est citoyenne américaine. Cent soixante ans de jurisprudence constante. L’interprétation majoritaire, partagée par les constitutionnalistes des deux partis jusqu’à l’ère Trump, est que l’amendement s’applique à tous, sans distinction d’origine des parents.

Les juges des instances inférieures qui ont examiné le décret l’ont unanimement déclaré inconstitutionnel. Selon NPR, la totalité des tribunaux qui se sont penchés sur cette question ont conclu à une violation manifeste du 14e amendement. Or, lors des plaidoiries du 1er avril 2026, les signaux envoyés par la majorité de la Cour suprême elle-même ont été défavorables à Trump : des juges aussi bien conservateurs que libéraux ont exprimé des doutes profonds sur la légalité du décret. Le site SCOTUSblog a d’ailleurs titré, dès le lendemain des audiences : « La Cour suprême semble susceptible de se ranger contre Trump sur la citoyenneté par le sol. »

Ce que cette décision implique concrètement

Si la Cour invalide le décret, c’est une défaite majeure pour Trump, même si elle était anticipée. Si elle le valide, en revanche, ce sont plus de 250 000 bébés par an qui seraient nés aux États-Unis sans citoyenneté automatique, selon les chiffres avancés par la Boston Globe. La portée démographique, sociale et humaine serait colossale. Des familles d’immigrants légaux, entrés avec des visas temporaires, verraient leurs enfants nés sur le sol américain privés d’un droit qu’ils tiennent pour acquis depuis plus d’un siècle. Ce serait une révolution juridique à nulle autre pareille dans l’histoire contemporaine des États-Unis.

L’enjeu va bien au-delà de Trump lui-même. Cette décision constituerait un précédent constitutionnel d’une portée extraordinaire. Le professeur de droit dont les analyses ont été relayées par NPR le 2 avril 2026 a noté que lors des audiences, aussi bien les juges que le Solicitor General Sauer ont semblé vouloir éviter une décision étroite — ce qui laisse présager une décision large, couvrant directement la question de constitutionnalité du décret, plutôt qu’une parade technique. Cette décision large, si elle arrive, sera analysée comme l’une des plus importantes depuis des décennies.


Ce qui me fascine dans cette affaire, c’est que même des juges nommés par des républicains ont eu du mal à avaler le décret. La citoyenneté par le sol, c’est l’un des fondements juridiques de l’identité américaine — une promesse faite aux immigrants de bonne foi depuis 1868. Y toucher, c’est ouvrir une boîte de Pandore dont on ne sait pas si on pourra jamais refermer le couvercle.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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