Skip to content
ANALYSE : Inflation à 3,2 % en zone euro — la guerre en Iran s’est invitée dans votre facture de chauffage
Crédit: Adobe Stock

Ormuz, l’étrangleur du marché mondial

Le Détroit d’Ormuz est le point de passage le plus stratégique de la planète pour les hydrocarbures. En temps normal, environ 20 à 21 millions de barils par jour y transitent — soit un cinquième de la consommation pétrolière mondiale. Depuis le déclenchement du conflit en février 2026, les assureurs maritimes ont multiplié leurs primes par trois à cinq, poussant de nombreux opérateurs à contourner le détroit via des routes alternatives deux fois plus longues et coûteuses.

La fermeture partielle d’Ormuz n’est pas totale — mais elle n’a pas besoin de l’être pour provoquer une crise. Une perturbation de 30 à 40 % du trafic normal suffit à tendre les marchés au-delà du raisonnable. Les contrats à terme sur le Brent ont flirté avec les 105 à 115 dollars le baril en mars-avril 2026 avant de se stabiliser dans une fourchette haute. Pour l’Europe, qui importe massivement son gaz naturel liquéfié depuis le Golfe Persique, l’impact est amplifié par la dépendance structurelle construite précisément pour sortir de l’emprise du gaz russe.

L’énergie tire l’inflation, le reste suit

La composante énergétique de l’indice des prix à la consommation harmonisé en zone euro affiche +10,9 % en mai 2026 — le chiffre qui explique à lui seul l’essentiel de la progression de l’inflation totale. Mais l’énergie ne reste jamais seule : elle contamine les coûts de production industriels, les prix du transport, les intrants agricoles. C’est ce qu’on appelle les effets de second tour — et la BCE les redoute plus que le choc initial lui-même.

Les données de Eurostat montrent que les prix alimentaires ont déjà commencé à intégrer la hausse des coûts logistiques et énergétiques. Les secteurs de la chimie, de la céramique et du verre — très énergivores — signalent des marges en compression sévère. Plusieurs grandes entreprises manufacturières allemandes et néerlandaises ont annoncé des réductions de capacité ou des fermetures temporaires d’usines. La désindustrialisation rampante de l’Europe, accélérée par le choc russe de 2022, reprend de la vitesse sous une forme différente mais tout aussi dévastatrice.


L’Europe a mis des années à sevrer son industrie du gaz russe. Elle s’est retrouvée dépendante du GNL du Golfe. Et voilà que le Golfe brûle. Ce n’est pas de la malchance — c’est de la vulnérabilité systémique que personne n’a voulu nommer quand il le fallait. On a remplacé une addiction par une autre, avec le sentiment du devoir accompli.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu