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CHRONIQUE : L’art et la guerre — quand Eurosatory 2026 ressemble à un vernissage du futur dystopique
Crédit: Adobe Stock

L’autonomie comme paradigme nouveau

Si un seul concept dominait les allées d’Eurosatory 2026, c’était celui de l’autonomie. Non plus des systèmes téléguidés par un opérateur humain — mais des systèmes capables de percevoir leur environnement, de prendre des décisions, d’exécuter des missions avec une intervention humaine réduite ou nulle. Des robots de reconnaissance terrestres qui patrouillent de façon autonome. Des essaims de drones coordonnés par intelligence artificielle. Des véhicules logistiques sans pilote qui suivent les colonnes militaires. Des systèmes de défense antiaérienne qui identifient et neutralisent les menaces en quelques millisecondes — bien plus vite qu’un opérateur humain ne pourrait le faire.

Le Sea Trident de la société ukrainienne Global Mark, présenté à Eurosatory, illustre parfaitement cette tendance. Un drone sous-marin de 10 000 kg, avec une portée de 2 000 miles nautiques, capable de naviguer à une profondeur de 60 mètres avec une «pleine autonomie et navigation adaptative». Ses missions : frappes stratégiques, livraisons logistiques, interception d’autres drones sous-marins. Ses dimensions : 10 x 2 x 1,5 mètres. Sa vitesse de pointe : 10 nœuds. Sa charge utile maximale : 1 000 kg. Je l’ai regardé longtemps, ce sous-marin autonome de la taille d’un camion, et j’ai pensé aux milliers de kilomètres de côtes ukrainiennes, russes, mondiales, qu’il pourrait parcourir sans qu’aucun humain ne s’en aperçoive.

Les limites éthiques de l’autonomie meurtrière

L’autonomie des systèmes d’armes soulève des questions éthiques et juridiques que les catalogues d’Eurosatory ne traitent pas — et c’est précisément ce qui rend le salon troublant pour un observateur non militaire. Qui est responsable quand un robot autonome tue un civil ? Comment déterminer la proportionnalité d’une attaque décidée par un algorithme ? Le droit international humanitaire, développé pour des conflits entre humains, s’applique-t-il sans modification aux systèmes qui prennent des décisions létales sans intervention humaine directe ?

Ces questions ne sont pas rhétoriques — elles sont en train d’être débattues dans des forums comme le Comité de l’ONU sur les systèmes d’armes létaux autonomes (LAWS), sans qu’un consensus réglementaire contraignant émerge à ce jour. Pendant ce temps, les technologies progressent et se déploient. Le gap entre la réalité technologique et la régulation éthique s’élargit chaque année. Eurosatory 2026 en était la démonstration vivante : la technologie est prête, exposée, commercialisée — pendant que les juristes internationaux cherchent encore comment la réguler.


Je ne suis pas pacifiste absolu. Je crois que la défense de l’Ukraine contre l’agression russe est juste et nécessaire, et que les systèmes présentés à Eurosatory ont une utilité réelle dans ce contexte. Mais la question de la régulation des armes autonomes me préoccupe profondément. Nous construisons des machines à tuer de plus en plus sophistiquées plus vite que nous construisons les règles pour leur utilisation. C’est une course dont l’issue n’est pas garantie d’être positive pour l’humanité.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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