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DÉCRYPTAGE : Les crédits verts dans le Big Beautiful Bill — comment Trump démantèle l’IRA de Biden
Crédit: Adobe Stock

Le Byrd Rule et ses implications constitutionnelles

Le parlementaire du Sénat américain a rendu une décision décisive : les provisions du Big Beautiful Bill concernant l’énergie verte nécessitent 60 voix pour être adoptées, plutôt que la simple majorité de 51 voix que le processus de réconciliation budgétaire permettrait pour certaines mesures fiscales. Cette décision s’appuie sur la règle Byrd, qui interdit d’inclure dans la réconciliation budgétaire des provisions dont l’effet fiscal est simplement « accessoire » à d’autres objectifs politiques.

En termes concrets, cela signifie que la suppression totale des crédits d’énergie verte — telle que l’exige Trump — nécessiterait l’approbation de 60 sénateurs, dont au minimum 9 démocrates. Dans un Sénat polarisé à l’extrême, obtenir ce seuil pour une mesure aussi politiquement clivante est pratiquement impossible. Les républicains modérés qui représentent des États bénéficiant massivement des investissements de l’IRA n’ont aucun intérêt à voter pour leur suppression.

John Thune et la fracture républicaine

Le leader de la majorité au Sénat, John Thune, a reconnu publiquement qu’il ne dispose pas encore des votes nécessaires pour avancer sur les provisions controversées du Big Beautiful Bill. Le projet de loi a été renvoyé pour modifications, signe d’une impasse législative que même les techniques d’intimidation habituelles de Trump n’ont pas réussi à débloquer. Certains sénateurs républicains — notamment ceux représentant la Géorgie, le Texas ou la Caroline du Nord, où des milliards d’investissements en énergie propre ont créé des dizaines de milliers d’emplois — sont dans une position inconfortable face aux injonctions de la Maison-Blanche.

La liste des entreprises qui ont investi massivement grâce aux crédits de l’IRA et qui lobbient activement contre leur suppression inclut des géants industriels comme Ford, General Motors, Samsung SDI, LG Energy Solutions, Panasonic et des dizaines de développeurs d’énergies renouvelables. Ces entreprises ont des bureaux, des usines et des emplois dans des États clés. Leur pression sur les sénateurs républicains locaux est considérable.


L’ironie profonde de cette saga est que les crédits de l’IRA ont principalement profité aux États républicains. Les « élites vertes » que Trump attaque ont construit des usines dans des comtés ruraux trumpistes. Et voilà que l’administration Trump veut détruire exactement le type d’investissement industriel qu’elle prétend vouloir encourager. Le paradoxe est saisissant.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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