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ANALYSE : Russie : +5 trillions de roubles pour la guerre, le pari d’une économie à bout
Crédit: Adobe Stock

46% du budget en un trimestre

Le premier trimestre de 2026 a révélé l’ampleur réelle des dépenses militaires russes. Selon l’économiste allemand Janis Kluge du German Institute for International and Security Affairs, les dépenses militaires russes au premier trimestre 2026 ont atteint 5,9 trillions de roubles — soit environ 81,4 milliards de dollars. Cela représente 46% de la totalité des dépenses budgétaires fédérales pour ce trimestre, et dépasse de 30% les dépenses militaires du premier trimestre 2025. Autrement dit : presque chaque deuxième rouble dépensé par le gouvernement russe va à l’armée.

Plus inquiétant encore pour la durabilité de ce modèle : les dépenses militaires du seul premier trimestre ont représenté 2,5% du PIB annuel prévu pour l’ensemble de l’année 2026. Si le rythme du premier trimestre se maintient — ce qui n’est pas garanti mais est possible compte tenu des hausses annoncées — les dépenses militaires pourraient atteindre 9 à 10% du PIB en 2026. C’est un niveau qui n’a pas été observé depuis les années les plus intenses de la Guerre froide soviétique. Et même alors, l’URSS l’avait maintenu au prix de son effondrement final.

Le budget initial et ses illusions

Le budget initialement adopté pour 2026 prévoyait des dépenses de « défense nationale » de 12,9 trillions de roubles — légèrement moins que les 13,5 trillions de 2025. C’était censé représenter une discipline budgétaire, un signe que le Kremlin était conscient des limites et cherchait à les respecter. Cette intention a vite rencontré la réalité de la guerre. Ukrainska Pravda rapportait le 18 juin 2026 que les dépenses de guerre pourraient dépasser de 4 à 5 trillions les plans initiaux — portant le total à près de 18 trillions de roubles.

Cette tendance au dépassement du budget militaire n’est pas nouvelle. En 2025, le déficit budgétaire réel avait systématiquement dépassé les projections officielles. En 2026, pour les quatre premiers mois seuls, le déficit atteignait déjà 5,88 trillions de roubles — environ 78,9 milliards de dollars — soit une fois et demie le déficit annuel prévu. Le modèle est clair : la Russie planifie de manière optimiste, exécute avec un enthousiasme dépensier illimité pour la guerre, et comble les écarts par la dette et les ajustements fiscaux.


Le budget russe est comme une maison dont le propriétaire a promis de tenir ses finances mais qui, une fois à l’intérieur, ne peut résister à rénover chaque pièce en même temps. Le déficit creuse, la dette monte, et les fondations commencent à craquer. Sauf que cette maison s’appelle une économie nationale — et quand elle tombe, ce sont des millions de personnes qui en payent le prix.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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