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ÉDITORIAL : 40 % du budget russe pour la guerre : le pays sacrifié sur l’autel de Poutine
Crédit: Adobe Stock

Des proportions historiques

Le terme « record depuis l’ère soviétique » n’est pas une hyperbole journalistique — c’est la terminologie utilisée par Euromaidan Press dans son analyse de décembre 2025 du budget fédéral russe. En 2021, avant l’invasion à grande échelle, la défense représentait environ 19 % du budget fédéral et 3,6 % du PIB, selon le SIPRI. En 2026, les estimations sérieuses placent les dépenses militaires réelles entre 6,3 % et 10 % du PIB, dépendamment de la méthodologie. Le Bundesnachrichtendienst allemand (BND) utilise la définition OTAN élargie et arrive à 10 % du PIB et près de la moitié du budget fédéral, en tenant compte des dépenses classifiées et des programmes connexes de défense. C’est un niveau de mobilisation économique qu’on n’avait pas vu en Europe depuis 1945.

Pour saisir l’ampleur du tournant, revenez à la trajectoire : en 2021, les dépenses combinées défense-sécurité représentaient 24 % du budget. En 2025, elles avaient atteint 41 %. En 2026, le premier trimestre seul suggère qu’on dépasse ce plafond officiel. En l’espace de cinq ans, la Russie a multiplié par 1,6 la part de son budget consacrée à la destruction. United24 Media documente que les dépenses militaires entre janvier et septembre 2025 ont atteint 142,25 milliards de dollars — une hausse de 30 % par rapport à la même période en 2024. À ce rythme, la Russie dépense environ 13,2 milliards de dollars par mois pour la guerre. Soit 43,4 milliards de roubles par jour.

La guerre coûte 209 millions de dollars par heure

Ces chiffres donnent le vertige. 209 millions de dollars par heure : c’est l’estimation de United24 Media pour le coût horaire de la guerre pour la Russie. Chaque heure. Toutes les heures. Nuit et jour. Pendant que des enfants russes voient leur école sous-financée, pendant que des retraités voient leur pouvoir d’achat s’évaporer sous l’inflation galopante, pendant que des entreprises PME luttent contre des taux d’intérêt qui ont explosé pour contenir précisément cette dépense de guerre. La Banque centrale russe maintient ses taux directeurs à des niveaux historiquement élevés pour tenter de juguler l’inflation générée par les injections massives de spending militaire dans une économie dont le marché du travail manque de 2,5 millions de travailleurs, partis au front ou dans les usines d’armement.

Le paradoxe est brutal : les dépenses militaires alimentent l’inflation, la Banque centrale monte les taux pour combattre cette inflation, les taux élevés étranglent les entreprises civiles et les ménages endettés, ce qui réduit l’investissement et ralentit la croissance. Le résultat : les intérêts sur les dettes d’entreprises consomment maintenant 38 % des bénéfices des firmes russes, un maximum historique selon Euromaidan Press. La Russie s’est piégée elle-même dans une spirale qu’elle ne peut pas arrêter sans admettre l’échec de la guerre.


Ce que Poutine appelle une « économie de guerre résiliente » ressemble de plus en plus à ce qu’un médecin appellerait un patient sous perfusion. Il est encore debout. Mais c’est la machine qui le maintient vertical — pas sa propre force.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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