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ANALYSE : L’accord Iran-USA et le détroit d’Ormuz — victoire ou pari à soixante jours ?
Crédit: Adobe Stock

Pourquoi Ormuz commande tout

Le détroit d’Ormuz, ce corridor maritime de 54 kilomètres de largeur au point le plus étroit, est le goulot d’étranglement le plus stratégique de l’économie mondiale de l’énergie. Environ 20 % du pétrole mondial et 25 % du gaz naturel liquéfié transitent par ce passage. Quand l’Iran a fermé le détroit en février 2026, le prix du Brent a bondi de plus de 40 % en quelques jours, provoquant une onde de choc sur les économies mondiales déjà sous tension.

La réouverture d’Ormuz est donc la concession iranienne la plus immédiatement précieuse pour les États-Unis et leurs alliés — bien plus que les engagements nucléaires, dont les conséquences économiques directes sont moins immédiates. C’est pourquoi Trump a déclaré triomphalement que le détroit était « totalement ouvert ». Pour lui, c’est la victoire visible, tangible, communicable à son électorat. Pour les marchés, c’est la principale raison pour laquelle l’accord a été accueilli positivement.

La nuance que personne ne veut entendre : une ouverture conditionnelle

Mais la réouverture n’est pas aussi simple qu’il y paraît. L’Iran a créé au printemps 2026 la Persian Gulf Strait Authority (PGSA) — un organisme de réglementation du trafic dans le détroit géré par les Gardiens de la Révolution (IRGC) qui exige des navires souhaitant passer l’information sur leur propriétaire, leur assurance, leur équipage et leur cargaison, assortie d’une autorisation formelle. Le MOU prévoit une réouverture sans péage — mais ne dissout pas la PGSA.

En d’autres termes, Téhéran conserve un mécanisme d’autorisation qui lui permet, en théorie, de rouvrir les vannes d’Ormuz pendant les soixante jours de l’accord tout en maintenant l’infrastructure juridique et organisationnelle nécessaire pour les refermer à volonté une fois l’accord expiré. Marco Rubio, secrétaire d’État américain, a rejeté toute idée de péage ou de frais iraniens sur Ormuz — mais le MOU lui-même ne règle pas la question de la PGSA. C’est l’une des ambiguïtés qui alimentent les craintes des analystes sur la durabilité de l’ouverture.


L’Iran n’a pas fermé Ormuz par caprice. Il l’a fermé pour démontrer qu’il le pouvait. Et maintenant, même en l’ayant rouvert, il conserve les institutions et les mécanismes qui lui permettent de le refermer. C’est une démonstration de puissance coercitive déguisée en concession diplomatique. On aurait tort de ne voir que l’ouverture et pas le cadre institutionnel dans lequel elle s’inscrit.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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