Une déclaration sur Substack, pas un affidavit
Dans son texte de janvier 2026 publié sur Substack, Cohen écrit : « Dès le moment où j’ai commencé à rencontrer des avocats du Bureau du procureur de Manhattan et du Bureau de la procureure générale de New York… je me suis senti contraint et coercé à ne fournir que des informations et des témoignages qui satisferaient le désir du gouvernement de bâtir les affaires contre le président Trump. » Ces mots sont précis. Ils décrivent une pression. Ils n’affirment pas que ses témoignages étaient faux. Il dit aussi explicitement qu’il n’écrit pas pour défendre Trump ni pour « revisiter sa conduite ».
Trump, lui, dans son post à 1h du matin, présente cela comme une rétractation totale, une « déclaration qui efface tout ». Cette interprétation est inexacte. Cohen a témoigné deux fois sous serment dans deux procès distincts. Une déclaration sur un blog personnel, aussi importante soit-elle comme témoignage d’état d’esprit, ne constitue pas juridiquement une rétractation des témoignages donnés sous serment. Les tribunaux ont des règles très strictes sur ce qui constitue une rétractation valable.
La différence entre pression et fabrication
Il existe une distinction fondamentale dans le droit américain entre un procureur qui guide fortement un témoin vers une narration spécifique et un procureur qui invente des faits. Cohen n’affirme pas que les faits — le paiement à Daniels, les états financiers gonflés — sont inventés. Il décrit une dynamique de pression dans les entretiens avec les procureurs. Cette distinction est cruciale. Si Trump voulait vraiment utiliser les déclarations de Cohen pour obtenir le rejet des affaires, il faudrait que ses avocats démontrent à un tribunal que ces pressions ont produit de faux témoignages factuels qui ont matériellement influencé les verdicts.
Or, Cohen lui-même a reconnu publiquement dans le même texte qu’il était «un témoin central subpoenaé » et que les procureurs ont fait de lui «le témoin-clé». Il n’a jamais affirmé que ce qu’il a dit sous serment était faux. Un tribunal qui examinerait une requête en rejet basée sur ses déclarations de Substack trouverait très difficilement les éléments nécessaires pour annuler les verdicts.
La différence entre « j’ai ressenti une pression » et « j’ai menti sous serment » est la différence entre une critique du système judiciaire et une base légale pour annuler un verdict. Trump brouille délibérément ces deux catégories. Et c’est là que réside la manipulation rhétorique la plus dangereuse de son post nocturne.
L'affaire au pénal : 34 chefs d'accusation et la voie fédérale
Un jury qui a conclu après des semaines de délibérations
En 2024, un jury new-yorkais a délibéré pendant plusieurs semaines avant de reconnaître Donald Trump coupable de 34 chefs d’accusation de falsification de registres commerciaux. Ce verdict reposait sur un faisceau de preuves : des chèques signés par Trump lui-même depuis le Bureau Ovale, des enregistrements audio, des témoignages, des documents financiers. Cohen était le témoin central, mais pas le seul. Le juge Juan Merchan a condamné Trump à une décharge inconditionnelle en janvier 2025, épargnant à Trump toute peine de prison ou amende.
Depuis, la bataille juridique continue. Un panel de trois juges du 2e Circuit a renvoyé l’affaire au juge fédéral Alvin Hellerstein, lui demandant de réexaminer si la condamnation de Trump violait la décision de la Cour suprême sur l’immunité présidentielle du 1er juillet 2024. Hellerstein a indiqué qu’il allait rendre une opinion. Trump demande que l’affaire soit transférée en cours fédérale, où il espère obtenir un rejet sur la base de l’immunité présidentielle. Cette voie judiciaire est distincte et sérieuse — mais elle ne repose pas sur les déclarations de Cohen à Substack.
La stratégie de communication vs la stratégie juridique
Le post de Trump à 1h du matin n’est pas une stratégie juridique. C’est une stratégie de communication. En transformant les déclarations de Cohen en « rétractation totale », Trump consolide un récit — celui de la « persécution politique » — dans l’esprit de ses partisans. Ce récit précède chaque nouvelle procédure judiciaire, chaque décision de tribunal, chaque appel. Il crée une atmosphère dans laquelle toute décision adverse peut être présentée comme une continuation de la « chasse aux sorcières ». C’est une technique politique rodée, et elle fonctionne auprès de sa base.
Mais juridiquement, les tribunaux n’opèrent pas sur la base des posts Truth Social d’un président. Ils opèrent sur la base de mémoires, d’arguments juridiques, de preuves. Et jusqu’ici, aucun tribunal n’a rejeté les affaires new-yorkaises sur la base des déclarations de Cohen. Le procureur Alvin Bragg et la procureure générale Letitia James n’ont pas répondu publiquement au post de Trump dans l’immédiat.
Je comprends la frustration d’un homme qui se croit persécuté. Et je ne nie pas que les systèmes de justice peuvent être utilisés comme armes politiques — c’est arrivé dans l’histoire. Mais l’antidote à un système judiciaire perçu comme partial n’est pas de demander sa suppression par décret présidentiel. C’est de le réformer, de l’améliorer, de le soumettre à plus de contrôle public. Trump ne demande pas de réforme. Il demande son propre acquittement. Ce sont deux choses très différentes.
L'affaire civile : 500 millions et la chute des états financiers
La condamnation de l’Organisation Trump
L’affaire civile intentée par la procureure générale Letitia James en 2023 portait sur une fraude systématique : l’Organisation Trump aurait gonflé sa valeur nette pour obtenir de meilleures conditions de prêts bancaires et d’assurances, puis sous-évalué ses actifs pour payer moins d’impôts. Un juge a conclu que Trump et ses associés avaient effectivement manipulé ces états financiers. L’amende initiale était de 500 millions de dollars. Cohen avait témoigné qu’il avait « rétro-ingénié » les évaluations financières selon ce que l’on lui disait qu’elles devaient être.
Un tribunal d’appel a ultérieurement annulé une partie de la condamnation, mais le jugement de fond demeure. Trump n’a pas été reconnu innocent. Il a bénéficié d’une réduction partielle en appel. Les déclarations de Cohen sur Substack n’ont pas été présentées dans le cadre de cet appel comme motif de rejet — et pour cause : les procureurs de James, comme ceux de Bragg, n’ont pas répondu à ces déclarations, suggérant qu’ils ne les considèrent pas comme des rétractations juridiquement opérantes.
Trump contre l’État de New York : une guerre d’usure
Trump a passé une décennie à combattre le système judiciaire new-yorkais. Il a accusé les juges d’être des « partisans ». Il a attaqué les procureurs nommément. Il a tenté de faire changer de venue ses procès. Il a invoqué l’immunité présidentielle. Maintenant il invoque Cohen. Cette accumulation de stratégies révèle moins une défense juridique cohérente qu’une guerre d’usure médiatique et politique. Trump espère peut-être que la pression populaire, la composition future des tribunaux, ou les changements politiques à New York finiront par rendre ces affaires sans objet.
Ce que Trump ne peut pas faire, et ce que son post ne dit pas clairement, c’est que les affaires ne disparaissent pas simplement parce qu’il le demande sur les réseaux sociaux. Les procédures judiciaires américaines ont une inertie propre. Les verdicts ont une légitimité juridique indépendante des déclarations subséquentes des témoins, surtout quand ces déclarations ne constituent pas des rétractations formelles sous serment.
Il y a quelque chose de vertigineux dans le fait que le président des États-Unis utilise son compte Truth Social pour demander à des tribunaux étatiques d’annuler ses condamnations. Ce n’est pas comme ça que fonctionne le droit. Et dans un pays de droit, ce ne devrait pas être comme ça que fonctionne la politique non plus. La séparation des pouvoirs existe précisément pour éviter que la personne la plus puissante du pays puisse utiliser cette puissance pour effacer ses propres responsabilités judiciaires.
La doctrine de l'immunité présidentielle et ses limites
La décision SCOTUS de juillet 2024
La Cour suprême a rendu le 1er juillet 2024 une décision accordant à Trump une immunité présidentielle large pour les actes officiels de sa présidence. Cette décision a eu des effets concrets sur les affaires new-yorkaises : le 2e Circuit a ordonné au juge Hellerstein de réexaminer si certaines preuves utilisées au procès constituaient des actes officiels protégés par cette immunité. C’est une procédure juridique légitime et sérieuse.
Mais cette voie de l’immunité présidentielle porte sur des actes spécifiques de la présidence de Trump : est-ce que signer certains documents depuis le Bureau Ovale constituait un acte officiel ? C’est distinct de la question des paiements à Daniels eux-mêmes, qui sont antérieurs à sa présidence et ont été qualifiés par les tribunaux de conduite personnelle privée. La décision de la Cour suprême sur l’immunité n’efface pas les 34 chefs d’accusation sur la base des déclarations de Cohen.
Les limites constitutionnelles de la demande de Trump
Trump exige aussi que les procureurs Bragg et James soient poursuivis criminellement pour leurs actions. Cette demande, si elle était suivie d’effet, représenterait une attaque sans précédent contre l’indépendance du système judiciaire étatique américain. Les procureurs généraux des États sont élus par leurs populations respectives. Ils exercent leur juridiction dans le cadre des lois de leurs États. Un président fédéral n’a pas le pouvoir de poursuivre des procureurs étatiques pour avoir exercé leurs fonctions légales dans le cadre de leur juridiction.
Cette demande révèle une conception du pouvoir exécutif que Trump cultive systématiquement : l’idée que la présidence devrait pouvoir contrôler toutes les branches du gouvernement, y compris les procureurs étatiques élus. C’est une conception qui dépasse les limites constitutionnelles du fédéralisme américain.
L’exigence de poursuivre Bragg et James n’est pas une demande juridique. C’est une déclaration d’intention politique : je veux que mes ennemis aient peur. C’est la logique de l’autoritarisme — utiliser le pouvoir de l’État pour menacer ceux qui vous ont tenu responsable. Je ne dis pas que Trump est un dictateur. Je dis que cette demande spécifique sort des limites de ce qu’un président démocratique devrait pouvoir exiger publiquement.
Cohen lui-même : la trajectoire d'un homme fracturé
Du fixeur à l’ennemi, de l’ennemi au témoin ambigu
Michael Cohen est une figure tragique dans cette histoire. Il a passé des années à être l’homme de confiance absolu de Trump — le « fixeur », celui qui réglait les problèmes, qui payait les silences, qui menaçait les journalistes. Puis il a été lâché par Trump quand les ennuis judiciaires ont commencé. Il a purgé une peine de prison. Il a écrit des livres explosifs sur son ancien patron. Il est devenu une figure de la résistance anti-Trump.
Et maintenant, avec ses déclarations sur Substack et dans les podcasts, il occupe un espace ambigu : il critique ses anciens procureurs tout en refusant de réhabiliter Trump. Son texte de janvier 2026 dit explicitement qu’il n’écrit pas pour défendre Trump ni pour « revisiter sa conduite ». Il dit que le système judiciaire peut être utilisé comme arme politique — une affirmation qui mérite débat — sans pour autant dire que Trump est innocent. Cette nuance, Trump l’efface entièrement dans son post de 1h du matin.
La crédibilité d’un témoin complexe
Cohen est un homme qui a plaidé coupable à plusieurs infractions, dont le parjure. Ses avocats de défense l’avaient décrit comme un « menteur convaincu » lors du procès Trump. Les avocats de Trump eux-mêmes ont utilisé son passé de mensonge pour tenter de le discréditer pendant le procès — et maintenant, paradoxalement, Trump lui-même invoque ses paroles comme une vérité absolue qui justifie le rejet de ses condamnations. Cette incohérence révèle que pour Trump, Cohen est fiable quand il l’arrange et invérifiable quand il ne l’arrange pas.
Un tribunal qui examinerait sérieusement les déclarations de Cohen les évaluerait dans leur intégralité — y compris son affirmation explicite qu’il n’exonère pas Trump. Ce n’est pas le Cohen dont Trump parle dans son post nocturne.
Cohen est un homme que Trump a utilisé, brisé, et essaie maintenant de récupérer pour ses propres fins. Il y a une ironie profonde là-dedans. L’homme qu’il a le plus maltraité devient, le temps d’un post nocturne, son « sauveur ». Sauf que Cohen n’a pas signé pour ça. Il a dit quelque chose de nuancé dans un podcast, et Trump en a fait une absolution complète. C’est du Trump pur : récupérer même les résidus de vérité pour les plier à son récit.
L'impact politique : base mobilisée, institutions fragilisées
Le récit de la persécution comme carburant politique
Pour la base de Trump, ces posts nocturnes ne sont pas des erreurs politiques. Ce sont du carburant. Chaque affaire judiciaire est présentée comme la preuve supplémentaire d’un complot de la gauche radicale pour détruire leur héros. Cohen qui dit avoir subi une pression devient, dans ce récit, la preuve définitive que tout était monté. La vérité facturée de mouvements nuancés devient invisible derrière le gros titre simplifié : le témoin-vedette a recânté, Trump est innocent.
Ce récit de la persécution a un effet pervers sur les institutions : il mine la confiance dans le système judiciaire. Quand des millions d’Américains croient que les juges, les procureurs, et les jurys de New York font partie d’un complot coordonné, les verdicts judiciaires perdent leur légitimité aux yeux d’une partie de la population. C’est dangereux pour la démocratie — non pas parce que Trump pourrait en sortir vainqueur juridiquement, mais parce que l’affaiblissement de la confiance dans la justice profite à tous ceux qui veulent se soustraire à la responsabilité judiciaire.
Les institutions new-yorkaises résistent
Ni le bureau de Bragg ni celui de James n’ont répondu immédiatement au post de Trump. Ce silence n’est pas de l’inertie. C’est une stratégie : ne pas alimenter le cycle médiatique en répondant à un post Truth Social. Les deux bureaux continuent leurs procédures judiciaires en cours. Le juge Hellerstein doit rendre son opinion sur la question de la compétence fédérale. Ces procédures suivent leur cours — lentement, techniquement, loin des spots des caméras nocturnes.
L’État de New York a une tradition d’indépendance judiciaire solide. Ses institutions ne se sont pas effondrées face à des années de pression politique de Trump. Ce n’est pas parce que ces institutions sont parfaites — elles ne le sont pas. C’est parce qu’elles ont des mécanismes d’appel, des standards de preuve, et des cultures professionnelles qui résistent aux pressions extérieures. Cette résistance est une forme de santé démocratique.
La vraie histoire ici n’est pas Cohen qui recânte. La vraie histoire, c’est un président en exercice qui pense qu’un post sur les réseaux sociaux à 1h du matin peut faire plier le système judiciaire d’un État souverain. Le fait que ce post soit pris au sérieux par des millions de personnes dit quelque chose d’inquiétant sur l’état de notre rapport collectif à la vérité factuelle et aux institutions.
Conclusion : Le droit ne s'efface pas à l'heure des réseaux sociaux
Ce que cette affaire révèle sur Trump et les institutions
Le post de Trump du 2 juin 2026 révèle quelque chose de fondamental sur sa relation avec le droit et les institutions : il les considère comme des outils au service du pouvoir, pas comme des limites au pouvoir. Quand les institutions lui donnent raison, il les célèbre. Quand elles lui donnent tort, il les accuse d’être corrompues et politisées. Cette logique binaire, appliquée systématiquement, finit par vider les institutions de leur autorité symbolique — même si elles résistent matériellement.
Cohen n’a pas rétracté ses témoignages. Il a exprimé une critique nuancée de la manière dont les procureurs ont conduit les entretiens. Trump a transformé cette nuance en absolution totale. C’est une technique rhétorique classique, mais ses effets sur la confiance dans le droit sont réels et durables. La question qui reste ouverte : est-ce que les tribunaux américains ont les ressources institutionnelles pour absorber cette pression sans se plier ?
La résistance des faits dans un monde de récits
Les 34 chefs d’accusation prouvés par un jury. Les 500 millions de dollars d’amende dans l’affaire civile. Le témoignage de Cohen, qui n’a jamais été rétracté formellement. Ces faits existent indépendamment des posts nocturnes. Ils existent indépendamment de la politique. Et dans un état de droit fonctionnel, ils continueront d’exister jusqu’à ce qu’un tribunal compétent les révise selon des procédures établies. Pas parce qu’un président le demande à 1h du matin. C’est la différence entre le droit et le pouvoir brut. Et c’est cette différence qui mérite d’être protégée.
Je terminerai avec une pensée inconfortable : si demain c’était un autre président — un président que je soutiens davantage — qui était jugé dans un système que je percevrais comme partial, est-ce que je dirais la même chose ? Oui. Parce que la défense des institutions n’a de valeur que si elle est universelle. Défendre le système judiciaire même quand il juge quelqu’un qu’on déteste est la définition même du respect de l’État de droit.
Conclusion : Entre pression, nuance et vérité du droit
Ce que demandent réellement les faits
Trump demande le rejet de ses condamnations. Cohen n’a pas fourni la base légale pour ce rejet. Les procureurs continuent leurs procédures. Les tribunaux suivent leur cours. Cela ne signifie pas que le système judiciaire est parfait. Cela ne signifie pas que Cohen n’avait aucune raison valable de se plaindre de la conduite des procureurs. Cela signifie que les verdicts judiciaires ont un poids que les posts Truth Social nocturnes ne peuvent pas effacer.
La prochaine étape : Hellerstein et l’immunité
La vraie batille juridique se déroule devant le juge fédéral Hellerstein, qui doit décider si les preuves utilisées au procès impliquaient des actes officiels protégés par l’immunité présidentielle. Cette procédure est sérieuse, légitime, et pourrait effectivement mener à un réexamen partiel des condamnations. Mais elle repose sur des arguments juridiques rigoureux — pas sur des posts nocturnes et des déclarations de podcast. Le droit, à son meilleur, est une discipline de la précision. Et la précision, cette nuit-là, était absente de Truth Social.
Je ne sais pas où finira cette histoire. Je ne sais pas si Hellerstein accordera à Trump le transfert en cour fédérale. Je ne sais pas si un tribunal fédéral révisera un jour ces verdicts sur la base de l’immunité présidentielle. Ce que je sais, c’est que la façon dont Trump se bat — par intimidation, par récit, par pression nocturne — affaiblit le système qu’il dit vouloir restaurer. Et cette contradiction mérite d’être nommée.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Sources
Sources primaires
Washington Times — Trump demands New York civil, criminal cases be dismissed — 2 juin 2026
Newsmax — Cohen : Felt ‘Pressured and Coerced’ to Help Build Trump Cases — 17 janvier 2026
Sources secondaires
MEXC News — Trump begs for his criminal case to be thrown out in 1AM tantrum — 2 juin 2026
PBS NewsHour — Federal judge rejects Trump’s bid to move hush-money criminal case — 2023
NPR — Michael Cohen testimony in Trump hush money trial — historique
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