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RÉCIT : Adriana Zapata, déportée en RDC sans insuline — la kafkaïenne justice de Trump
Crédit: Adobe Stock

Le 14 avril : le Congo dit non

Deux jours avant la déportation d’Adriana Zapata, le ministère de l’Intérieur du Congo a envoyé une correspondance au gouvernement américain pour signifier que le pays ne pouvait pas accueillir Mme Zapata en raison de ses besoins médicaux. Cette lettre est la pièce centrale de l’affaire judiciaire. Si le gouvernement américain en avait eu connaissance avant la déportation, il aurait dû la retenir. Si les fonctionnaires de l’immigration n’en avaient pas eu connaissance, la déportation pourrait être considérée comme une erreur administrative plutôt qu’une violation délibérée.

C’est précisément cette question que le juge Richard J. Leon, du tribunal fédéral de district, a tenté de résoudre. Sa conclusion, après plusieurs semaines de procédures : la lettre du Congo a été transmise aux autorités américaines via ce qu’il a qualifié d’« irrégulière chaîne de garde » — passant par le représentant du Congrès Robert J. Menendez, démocrate du New Jersey, et par l’avocat de Mme Zapata. Les hauts fonctionnaires de l’immigration et les diplomates américains n’étaient, selon le juge, pas au courant de la lettre avant la déportation.

La chaîne de transmission qui a tout compliqué

Si la lettre avait été envoyée directement au Département d’État ou à l’ambassade américaine à Kinshasa, personne ne pourrait prétendre ne pas l’avoir vue. Mais la lettre a emprunté un chemin non conventionnel : le ministère congolais l’a envoyée à un représentant du Congrès américain, qui l’a transmise à l’avocat de Mme Zapata, qui l’a ensuite portée à l’attention des autorités d’immigration. Cette chaîne — cependant légitime dans ses intentions — a créé une ambiguïté sur le moment exact où les responsables ICE compétents ont été informés.

Le gouvernement américain a argué qu’il avait partagé un manifeste de vol avec les autorités congolaises avant le départ, et que celles-ci n’avaient pas refusé l’entrée à Mme Zapata à son arrivée. Cet argument est troublant : le gouvernement américain dit essentiellement qu’il ne savait pas, et que puisque le Congo n’a pas bloqué l’atterrissage, tout allait bien. Le juge Leon a retenu cette version — à contrecœur, selon les observateurs.


Il y a quelque chose de profondément perturbant dans un système où une femme peut être déportée vers un pays qui avait dit ne pas pouvoir l’accueillir, parce que la lettre de refus est arrivée par le mauvais canal. Les procédures bureaucratiques ont leur logique propre. Mais quand la logique procédurale aboutit à envoyer quelqu’un « mourir par petits bouts » selon les mots de son avocat, il faut questionner si ces procédures servent encore des êtres humains.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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