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CHRONIQUE : Le DOJ abandonne ses subpoenas contre WaPo et WSJ — un recul qui cache une avancée dangereuse
Crédit: Adobe Stock

La mécanique légale de l’assignation aux journalistes

Un grand jury subpoena oblige un citoyen — y compris un journaliste — à comparaître devant un grand jury fédéral et à témoigner sur ce qu’il sait d’une affaire criminelle. Si un journaliste refuse de témoigner, il peut être poursuivi pour outrage au tribunal et emprisonné. Le principe de confidentialité des sources — pierre angulaire du journalisme d’investigation — n’est pas protégé au niveau fédéral par une loi de type shield law à valeur générale.

Dans ce cas précis, les journalistes du WaPo et du WSJ auraient été contraints de témoigner sur des articles basés sur des documents classifiés que leur avaient transmis des fonctionnaires ou militaires. Témoigner, c’est potentiellement identifier ces sources — et condamner des lanceurs d’alerte qui avaient fait confiance à la discrétion professionnelle de ces journalistes. C’est la mécanique de la neutralisation des contre-pouvoirs institutionnels.

Un combat juridique mené dans le secret le plus complet

Ce qui est particulièrement troublant dans cette affaire, c’est que le combat juridique entre les médias concernés et le DOJ s’est déroulé en grande partie sous scellés, dans l’opacité des procédures de grand jury. Ni le Washington Post ni le Wall Street Journal ne pouvaient informer publiquement leurs lecteurs qu’ils étaient engagés dans une bataille juridique pour protéger leurs sources. C’est une forme de censure préventive par procédure.

Cette opacité est elle-même un outil de pression : un média incapable d’alerter l’opinion publique sur les pressions qu’il subit ne peut pas mobiliser le soutien populaire ou politique nécessaire pour résister. La transparence est la première victime des procédures secrètes — avant même les sources et les journalistes.


Des années de journalisme m’ont appris une vérité inconfortable : les gouvernements qui attaquent la presse préfèrent le faire dans l’ombre. Les subpoenas de grand jury sont parfaits pour ça — légaux, discrètes, puissants. On ne peut même pas se défendre publiquement. C’est de la censure en blanc, sur papier timbré.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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